Archive pour la catégorie 'REVES'

Nos rêves ont bien changé

 

Avant de comprendre les rêves, il faut pouvoir s’en souvenir. Il faut commencer par retrouver un bon sommeil, puis apprendre à s’endormir à volonté, vaincre ses insomnies et se rendormir rapidement. Il n’y a pas de vie heureuse sans un bon sommeil. Pour retrouver le souvenir de ses rêves, de nombreuses règles peuvent être données. Je dirais qu’il faut « les aimer ». Tout est là. La règle générale est que pour retrouver le souvenir de ses rêves, il faut leur attacher la plus grande importance. S’y intéresser, s’en occuper, les écrire, les dessiner, les raconter, s’en inspirer ! Nous devons être plus préoccupés par nos rêves que par nos soucis de la journée. 

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Le rêve est une autre vie qui accompagne toute notre vie. Il ne nous quitte pas de la naissance à la mort. Les découvertes scientifiques récentes font donc du rêve un objet d’étude scientifique nettement déterminable dans les laboratoires de rêve de chaque grande université. Et elles nous montrent que le rêve est plus important que le sommeil. Rêver est vital pour l’homme. Les expériences de privation de rêve n’ont jamais pu être prolongées bien longtemps. 

Pour comprendre quelque chose aux rêves, il faut commencer par admettre qu’il en existe plusieurs catégories : les cauchemars, les rêves ordinaires et les songes. Les cauchemars sont les mauvais rêves. Le critère du vrai cauchemar est qu’il nous réveille puis nous angoisse. Les rêves ordinaires, quant à eux, sont ceux que nous avons toutes les nuits et qui ne parlent que de ce que nous faisons tous les jours. Nous ferions volontiers une catégorie intermédiaire entre les rêves ordinaires et les songes avec les rêves psychanalytiques. Lors d’une psychanalyse, ou de certaines psychothérapies analytiques, les rêves vont changer et devenir de plus en plus profonds et révélateurs. Le patient rêve ainsi pour son analyste, grâce au transfert. Peu à peu, les rêves vont apparaître profonds, bien construits et symboliques. Ils vont jalonner la cure, en marquant ainsi ses principales étapes. Et enfin, les bons rêves qui, en français correct, doivent se nommer des songes. Ce n’est pas pour rien qu’en français nous avons deux mots, les rêves et les Songes. 

Nous pouvons ensuite essayer de comprendre nos rêves seul, avec un journal de rêves. Au bout d’une centaine de rêves sur le nocturnal, nous pouvons commencer à faire des analyses de contenus et des pourcentages. C’est une première manière de les comprendre, accessible à tous, sans psychanalyste. Le sens unique du rêve est dans l’inconscient du rêveur. Nous pouvons également avoir besoin d’un psychanalyste, car si le rêveur possède seul le secret du sens de son rêve, il peut parfois ne pas l’admettre. Il va donc le dire, au milieu d’un tas d’autres choses, au psychanalyste qui va doucement et prudemment le souligner en le lui retournant plusieurs fois, jusqu’à ce que des recoupements successifs forcent le rêveur à bien admettre sa vérité. D’ailleurs si les deux n’ont pas trouvé aussitôt le sens de ce rêve, l’inconscient va s’en charger et provoquer par la suite un autre rêve qui sera le sens du précédent. Les amplifications des rêves représentent une autre piste. Nous pouvons interpréter le rêve, mais aussi le jouer et le développer en le considérant comme un point de départ. L’idée selon laquelle chaque élément du rêve représente une partie du rêveur autorise une autre façon de comprendre le rêve en l’amplifiant. Cette méthode a été très efficacement développée par Fridriech Perls dans sa technique de Gestalt-thérapie. Puisque le rêve émane du rêveur, il est tous les personnages et les objets de son rêve et ne doit pas être abusivement réduit au personnage qu’il a choisi d’incarner dans son rêve. 

Les psychanalystes ont assez interprétés les rêves, il est temps maintenant de les changer, pour faire en sorte que nos nuits soient plus belles que nos jours. Il est possible de transformer ses rêves afin d’obtenir des songes ou vision de vérité : songe de beauté, de puissance, sortie hors du corps, rêve prémonitoire, thérapeutique, curatif, créatif… L’intérêt pour les rêves et leur transformation est partagé dans de nombreuses traditions ou cultures, et on en retrouve des traces à chaque époque. La transformation des rêves est essentiellement une question d’état de conscience. Pour avoir des rêves lucides, il faut introduire la conscience dans ses rêves et pour y arriver le secret est d’installer la conscience de rêve dans la vie de tous les jours. Différents exercices gradués peuvent nous aider à y parvenir. 

La découverte de ce genre de rêves lucides va être de la plus grande importance pour la psychologie comme pour la philosophie. Elle va permettre d’autres découvertes et peut-être de grands changements dans la science et dans notre vie. Pour cela il faut commencer à s’interroger sérieusement sur les raisons du rêve : pourquoi rêvons-nous toutes les nuits ? Pour les philosophes, il faut pousser l’interrogation plus profondément et se demander : pourquoi l’homme est-il programmé pour rêver ? Ainsi le rêve lucide, après nous avoir fait échapper à l’illusion des enfers de notre inconscient, peut nous délivrer de l’illusion sensorielle pour nous faire découvrir de nouvelles réalités.

Les rêves constituent la moitié de notre vie, et les comprendre, les diriger voir les expérimenter peut changer toute notre vie.

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Publié dans:PENSEE, REVES |on 20 novembre, 2016 |Pas de commentaires »

Institut du Rêve et de la conscience I.R.C

Interview de Thierry Pierre Liot, fondateur de l’IRC, Auteur du livre
Voyage initiatique avec Carlos Castaneda
Le pouvoir du Rêve

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Thierry Pierre Liot a fait des choix de vie forts et déterminants pour rencontrer Carlos Castaneda aux États-Unis et suivre ses enseignements. Il nous parle de sa rencontre avec le chantre emblématique du chamanisme sud-amérindien, mais surtout de sa vision de l’enseignement à travers des outils chamaniques très puissants, qui n’ont pas besoin d’être parés de folklore ethnique pour venir toucher les zones profondes de notre personne en quête de mieux-être et de changement profond. Le processus du rêve lucide, l’Art de Rêver, est utilisé comme une porte d’entrée permettant de contacter directement notre potentiel cérébral et d’ouvrir les portes vers notre identité profonde, qui est connectée à la Source.

Quelle a été votre relation avec Carlos Castaneda ?

J’ai été doublement chanceux dans ma relation avec Carlos Castaneda; la première chance m’a permis de rencontrer Castaneda et de devenir l’un de ses disciples. Peu de personnes ont eu cette chance de le suivre sur plusieurs années, bons nombre d’entre eux étaient écartés dès qu’ils ne remplissaient pas les critères d’engagement dans les exercices et techniques qu’il enseignait. Je suis d’ailleurs en train de rédiger mon prochain livre à paraître en 2014 sur mon histoire avec Carlos. A son contact pendant plusieurs années, j’ai pu recevoir des enseignements profonds et particulièrement puissants, qui ont orienté ma vie de façon déterminante et m’ont permis d’accéder à des niveaux de conscience très particuliers, qu’on appelle « états de conscience non ordinaires ».

La deuxième chance tient au fait que je n’étais pas assez intime pour être plus proche de lui, ce qui m’a permis de ne pas me faire happer par son charisme et son magnétisme personnel. Tout en recevant ses enseignements, je m’efforçais de garder l’état d’observateur et j’essayais de rester le plus possible objectif dans nos interactions. Cette position d’observateur m’a sans aucun doute permis de conserver mon autonomie d’action et mon indépendance de croissance personnelle.

Après plusieurs années de récapitulation (processus, enseigné par Castaneda, consistant à récupérer son énergie propre et à restituer celle qu’on a donné à l’autre tout au long de notre vie), j’ai réussi à séparer le bon grain de l’ivraie pour ne garder que le matériel qui me semblait nécessaire et utile pour le travail de la découverte de soi: le processus du rêve lucide et des exercices énergétiques appropriés, permettant de mobiliser son énergie en vue du travail de transformation.

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Comment en êtes-vous arrivé à vouloir fonder votre propre école, l’école du rêve de l’éveil intérieur (IRC) ?

Beaucoup de personnes cherchent mais ne savent pas quoi. En fait, elles se cherchent elles-mêmes, mais malheureusement le conditionnement de la société veut que l’on recherche toujours à l’extérieur. Le penseur cherche dans la mauvaise direction; pourtant la réponse est là, à l’intérieur de chaque individu.

L’école du rêve propose d’orienter les personnes désireuses de sortir de leur endormissement dans cette direction. J’ai découvert qu’avec des techniques spécifiques comme le rêve lucide, le rêve éveillé, le travail sur l’énergie, et des techniques chamaniques, nous pouvions travailler en profondeur pour nous connecter à nos ressources intérieures et commencer à changer durablement nos schémas névrotiques, source de souffrance et de chaos.

Le monde dort, les gens dorment et le monde va de plus en plus mal. Il est temps que certains individus commencent à se réveiller et reprennent leur destinée en main. Telle est mon intention fondamentale à travers le développement de l’IFRC: favoriser l’éveil intérieur avec des outils de transformation très efficaces que j’ai reçu de mes maîtres et que j’ai adapté pour les rendre accessibles à tout un chacun.

En quoi le rêve est-il un levier de croissance?

Rappelons tout d’abord que rêver est un élément vital de l’équilibre de l’homme comme boire, manger, ou respirer. Le cerveau ne s’arrête jamais et est continuellement au travail. Si on ne se rappelle pas de ses rêves, cela ne veut pas dire que l’on n’en a pas fait. Parfois on arrête de se rappeler de ses rêves suite à un traumatisme psychologique, ou simplement parce que l’on n’y prête pas suffisamment d’attention, en raison du stress ou de notre rythme de vie au quotidien. Avec quelques exercices pratiques et une volonté de développer cette attention, chacun pourra de nouveau avoir le plaisir de découvrir ce monde incroyable qui est au-delà de l’imagination et pourtant réel, celui du Rêve.

Le penseur que nous sommes mobilise une énergie phénoménale en créant un dialogue intérieur que j’ai appelé le mental du ping-pong, l’activité déployée dans la dimension de la dualité. Ce mental fonctionne comme un programme qui tourne en toile de fond et qui reste bridé dans des schémas névrotiques. L’accès à notre créativité, à notre potentiel cérébral est ainsi limité, et nous manquons d’énergie pour entrer en contact avec notre Source. Le travail de Rêver consiste à faire cesser le dialogue intérieur et à percer la couche de l’inconscient pour accéder à ce que Carlos Castaneda désignait sous le terme de Nagual. Par le rêve lucide, la conscience du rêveur entre dans une zone de pure conscience et peut recevoir des enseignements en provenance de son potentiel de conscience, laquelle est en contact avec la Source, l’âme, ou peu importe comment on l’appelle.

Le rêveur lucide va voyager dans un monde qui lui est propre à travers les symboles de sa propre histoire et découvrir des chemins que son mental limité ne pouvaient même pas imaginer ou même entrevoir. Petit à petit, il va trouver des guides qui vont le guérir, le renforcer, lui indiquer des chemins nouveaux et le doter de pouvoirs ou de potentiels nouveaux qui vont transformer sa vie.

Parlant de chamanisme, certaines personnes s’attendent peut-être à ce que vous entouriez votre enseignement de mystère, de rituels ou de formule magique. Qu’en est-il ?

L’école du rêve de l’éveil intérieur porte bien son nom : c’est un travail sur soi pour un éveil intérieur. Les rituels, quels qu’ils soient et sous n’importe quelle forme (kinesthésique, auditive, visuelle, ou olfactif) n’ont qu’un seul but en soi : conditionner les gens pour les amener à une forme de transe et cela est très efficace; le contrecoup de cela est que, sans s’en apercevoir, les individus remettre leur pouvoir à un symbole ou une croyance extérieure sans être conscient qu’ils ont été manipulés par une forme d’hypnose que l’on appelle aussi « cérémonie ». Au lieu d’éveiller les gens, ce genre de pratique crée un environnement psychotique et une dépendance à la croyance qu’elle a développée. Ceci est exactement à l’antipode de l’école du rêve de l’éveil intérieur. Dans mes classes, pas besoin de s’entourer de folklore, de grigri, de rituel religieux. Les symboles issus de notre propre processus de Rêver sont les véritables instruments de transformation.

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Vous êtes un tenant que ce qu’on appelle le « nouveau chamanisme ». Quelle est donc votre définition du chamanisme ?

Le chamanisme existe sous deux formes distinctes. La première, la plus ancienne, est le chamanisme traditionnel plus proche du folklore et des traditions païennes. Il existe depuis des milliers d’années. Ce chamanisme implique l’utilisation de drogue, d’hallucinogène, de rituels, et un mental très religieux qui est, à mon avis, plus proche de la schizophrénie que de celui d’une personne de connaissances.

La deuxième forme du chamanisme, que j’appelle le Nouveau Chamanisme, est beaucoup plus récente. Ce Nouveau Chamanisme est par définition ésotérique. On retrouve ce mouvement et ses enseignements chez les Esséniens, les Grecs, les Égyptiens et bien d’autres cultures. Il y a toujours un point commun entre toutes ces écoles : l’étude du mythe et du symbolisme, et un travail sur le rêve.

Bien sûr, ce mouvement du Nouveau Chamanisme a été dévoilé et mis à jour par Carlos Castaneda en suivant la tradition toltèque. Don Juan lui-même expliquait qu’il y avait eu un changement dans son lignage entre les anciens et les nouveaux voyants. Apparemment, ce changement eut lieu vers le XVe siècle. Alors que le chamanisme traditionnel utilise des drogues et des rituels pour accéder à l’inconscient, le Nouveau Chamanisme, lui, utilise la discipline, la psychologie énergétique, et l’art de rêver. Le Nouveau Chamanisme est une initiation qui demande du temps, de la volonté et de la discipline. Cela amène un changement durable et permanent, une transmutation intérieure pour devenir homme et femme de connaissances.

Le nouveau chamanisme ouvre une voie qui est accessible à tout moment par le pratiquant. Ce qui permet un contrôle sur le voyage et l’étude des nouvelles perceptions de la découverte intérieure de ce centre de conscience, que l’on appelle aussi l’âme.

Quelles différences y a-t-il entre le rêve, la relaxation et l’hypnose ?

Je dis toujours que l’hypnose est à la rivière ce que le rêve est à l’océan. Si la transe hypnotique se rapproche d’un état naturel, elle est toujours induite par une personne extérieure et une manipulation de l’attention. L’hypnose est un outil remarquable dans un but thérapeutique et travaille exclusivement avec une partie de l’inconscient psychique. Je travaille d’ailleurs en consultation privée avec l’hypnose ericksonnienne. Mais l’hypnose à ses limites: elle permet d’explorer seulement des états de conscience attachée directement ou indirectement à l’alter ego de la personne, mais pas de découvrir d’autres niveaux de réalité. La personnalité de l’individu se déplace sous l’influence de l’hypnose. Par exemple, un mythomane sera toujours un menteur même sous transe hypnotique. (C’est pour cela que l’hypnose n’est pas utilisée comme témoignage à charge dans les enquêtes policières car ce type de témoignage n’est pas fiable sur le plan de la vérité juridique.)

À l’inverse les rêves eux ne mentent pas, le monde du rêve va au-delà de la conscience refoulée de la personne, le rêve permet d’accéder directement à la source de l’individu, qu’on peut appeler également âme, subconscient, observateur, ou créateur, cela n’a pas vraiment d’importance. L’important, c’est que les rêves fonctionnent comme une clé d’accès « naturelle » à notre moi profond, car les phases paradoxales sont un état naturel de notre vie. Les rêves ont toujours guidé et aidé l’humanité dans son évolution à travers des messages, des inventions et découvertes, ce qui serait impossible d’accomplir en état hypnotique. On pourrait résumer en disant que l’hypnose peut amener à des solutions alors que les rêves amènent à la création.

A la question « quelle différence y a-t-il entre le rêve et l’hypnose », il faut savoir que l’hypnose n’est pas du rêve, et certains hypnothérapeutes mélangent les deux car ils ne connaissent pas la différence. D’autres font leur propre mélange pour satisfaire une certaine demande ou simplement étendre leurs prestations. Entrer en contact avec sa source intérieure est un travail totalement différent d’une session d’hypnose dont la capacité est limitée à s’adresser à l’inconscient de l’individu, mais pas à l’entièreté de l’être.

La relaxation n’est pas une transe hypnotique, comme l’hypnose n’est pas rêver. Le rêve est libre et passe au delà de l’interprétation et de l’attente de la personne, ce qui n’est pas possible en état de transe hypnotique.

Les classes de rêve ont pour objectif d’apprendre à entrer en rêve éveillé, et à y retourner à volonté. La rencontre avec son animal de pouvoir n’est qu’une étape parmi d’autres. Le chemin pour se rendre dans la zone profonde de son être n’est pas la même, de même que l’intention de départ. Les participants apprennent à se mouvoir dans le rêve, à le faire évoluer, à rencontrer des entités symboliques qui nous livrent des enseignements personnels. Cet apprentissage, comme celui des mouvements de vie permettant d’accroître l’énergie nécessaire pour rêver, sont indispensable pour utiliser ces outils avec succès et discernement dans les classes avancées.

Le rêve de l’éveil intérieur a-t-il un effet thérapeutique ?

A partir du moment où il y a une démarche pour arriver à mieux se connaître et se découvrir, cela entraîne forcément un effet thérapeutique. Mais surtout le fait d’entraîner son attention à voyager dans les endroits que l’on croyait les plus reculés ou inaccessibles de l’individu, entraîne forcément des prises de conscience de l’être et de la vie. Aussi chaque voyage en rêve amène une ouverture et un nettoyage au niveau des filtres de l’inconscient ce qui permet de se découvrir vraiment et de pouvoir vivre et exprimer en toute liberté le potentiel de qui l’on est vraiment, directement connecté avec sa source intérieure. Le rêve de l’éveil intérieur amène un changement à long terme pour vivre mieux dans la joie et parcourir son chemin : celui du Cœur.

Mais les classes de rêve ne sont pas des séances de thérapie au sens strict, se sont plutôt des espaces de transformation intérieure: chacun arrive avec ce qu’il est, et repart avec ce qu’il a découvert. Je ne fais pas d’interprétation des rêves de participant, je ne donne aucun jugement sur ce que chacun expérimente et partage au groupe, personne n’est là pour exposer sa souffrance particulière pour la traiter en groupe. La transformation se fait au niveau profond du rêve lucide et se manifeste par des changements profonds de comportement dans la vie de chaque participant.

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Carlos Castaneda a fait sans s’en cacher l’usage de psychotropes lors qu’il était disciple de Don Juan Matus. Que pensez-vous de l’usage de psychotropes dans la perspective d’ouvrir des nouveaux chemins de conscience ?

Si l’absorption de drogues et d’hallucinogènes crée un rapide déplacement de la conscience, cela entraîne aussi, malheureusement, une confusion psychologique en raison du bouleversement incontrôlable de la conscience induit par le produit. Cela provoque une dépendance aux rituels, et aux croyances qui vont avec ce genre de pratiques. En enfermant les participants dans leur propre monde et en les séparant de plus en plus de la réalité du monde extérieur, il est très facile de croire et de voir tout ce que l’on veut, tout ce qu’on peut imaginer, sous l’influence d’un psychotrope.

Enfin, un déplacement de la conscience par des drogues amène un mouvement très grand et chaotique de la psyché, qui n’entraîne aucune prise de conscience durable, car la personne, une fois revenue à son état normal, n’aura qu’un vague souvenir de ce qu’elle croit avoir appris, et en plus n’aura pas la possibilité de retourner sur cette expérience.

Que ce soit bien clair dans l’esprit du public, l’IRC est une école du Nouveau Chamanisme et n’utilise aucun psychotrope.

Pour plus d’information, rendez-vous le site de l’IRC http://www.institutdureve.fr
Des stages dirigés par Thierry Pierre Liot se tiennent régulièrement en France, mais également en Suisse et en Belgique.

Publié dans:AMERINDIENS, ENERGIES, POUVOIR, REVES |on 15 mai, 2016 |Pas de commentaires »

Différences entre le rêve, la relaxation et l’hypnose

  ascenseur-galactique

Je dis toujours que l’hypnose est à la rivière ce que le rêve est à l’océan. Si la transe hypnotique se rapproche d’un état naturel, elle est toujours induite par une personne extérieure et une manipulation de l’attention. L’hypnose est un outil remarquable dans un but thérapeutique et travaille exclusivement avec une partie de l’inconscient psychique. Je travaille d’ailleurs en consultation privée avec l’hypnose ericksonnienne. Mais l’hypnose à ses limites: elle permet d’explorer seulement des états de conscience attachée directement ou indirectement à l’alter ego de la personne, mais pas de découvrir d’autres niveaux de réalité. La personnalité de l’individu se déplace sous l’influence de l’hypnose. Par exemple, un mythomane sera toujours un menteur même sous transe hypnotique. (C’est pour cela que l’hypnose n’est pas utilisée comme témoignage à charge dans les enquêtes policières car ce type de témoignage n’est pas fiable sur le plan de la vérité juridique.)

À l’inverse les rêves eux ne mentent pas, le monde du rêve va au-delà de la conscience refoulée de la personne, le rêve permet d’accéder directement à la source de l’individu, qu’on peut appeler également âme, subconscient, observateur, ou créateur, cela n’a pas vraiment d’importance. L’important, c’est que les rêves fonctionnent comme une clé d’accès « naturelle » à notre moi profond, car les phases paradoxales sont un état naturel de notre vie. Les rêves ont toujours guidé et aidé l’humanité dans son évolution à travers des messages, des inventions et découvertes, ce qui serait impossible d’accomplir en état hypnotique. On pourrait résumer en disant que l’hypnose peut amener à des solutions alors que les rêves amènent à la création.

A la question « quelle différence y a-t-il entre le rêve et l’hypnose », il faut savoir que l’hypnose n’est pas du rêve, et certains hypnothérapeutes mélangent les deux car ils ne connaissent pas la différence. D’autres font leur propre mélange pour satisfaire une certaine demande ou simplement étendre leurs prestations. Entrer en contact avec sa source intérieure est un travail totalement différent d’une session d’hypnose dont la capacité est limitée à s’adresser à l’inconscient de l’individu, mais pas à l’entièreté de l’être.

La relaxation n’est pas une transe hypnotique, comme l’hypnose n’est pas rêver. Le rêve est libre et passe au delà de l’interprétation et de l’attente de la personne, ce qui n’est pas possible en état de transe hypnotique.

Les classes de rêve ont pour objectif d’apprendre à entrer en rêve éveillé, et à y retourner à volonté. La rencontre avec son animal de pouvoir n’est qu’une étape parmi d’autres. Le chemin pour se rendre dans la zone profonde de son être n’est pas la même, de même que l’intention de départ. Les participants apprennent à se mouvoir dans le rêve, à le faire évoluer, à rencontrer des entités symboliques qui nous livrent des enseignements personnels. Cet apprentissage, comme celui des mouvements de vie permettant d’accroître l’énergie nécessaire pour rêver, sont indispensable pour utiliser ces outils avec succès et discernement dans les classes avancées.

Extrait des propos de Thierry Pierre Liot sur le blog de Francesca http://channelconscience.unblog.fr/

 

Pour plus d’information, rendez-vous le site de l’IRC http://www.institutdureve.fr

 

 

Publié dans:REVES |on 2 avril, 2016 |Pas de commentaires »

REVER DE MORT

aliée

Le rêve étant le reflet de notre vie, toutes les phases et pensées relatives à celle-ci y sont présentes, même la mort.

Cependant, il est presque impossible de se voir mourir en rêve. L’instinct de survie nous réveille instantanément pour nous tirer de ce mauvais pas. Dans ce cas précis, celui où nous avons le sentiment de mourir, le rêve reflète une angoisse existentielle. Il s’agit de la peur d’un changement personnel jugé si radical que l’ego se sent menacé. Il assimile cette transformation à une mort physique. Cette mort symbolise en fait la disparition de pensées ou de comportements qui n’ont plus lieu d’être. Ces attitudes nous desservent, et nous en sommes conscients. Cependant, le changement est toujours une chose difficile. Chacun de nous est attaché au passé et n’aime pas les changements trop importants. Même si ce passé qui influe sur notre vie actuelle n’est pas parfait, nous y sommes habitué. Il est rassurant parce que connu. Le futur et ses changements sont beaucoup plus incertains.

Mais le rêve peut nous situer juste après le décès. Nous sommes déjà morts et nous gardons la conscience des choses. Chacun à cet instant projettera ce qu’il a plus ou moins imaginé à ce moment là. Il peut se voir flotter au-dessus de son corps, visitant le lieu où il se trouve et regardant les vivants continuer à s’activer. Il peut s’élever vers une lumière blanche, rencontrer des membres de sa famille déjà disparus, se dissoudre dans un océan de félicité, se trouver en présence de divinités de son choix ou, aux contraire, de présences maléfiques. Bien souvent, cet état ne dure pas et nous nous sentons rappelés dans notre corps pour constater que nous n’étions pas vraiment morts.

Ces rêves sont initiatiques, c’est à dire très positifs. Il n’y a rien de morbide dans ceux-ci ni de terrifiant. Ils symbolisent une transformation réalisée, un renoncement, la fin d’un attachement particulier pour aller vers un plus grand bien-être.

Les projections oniriques concernant l’au-delà viennent confronter le rêveur à ses fantasmes ou à ses croyances intimes. Elles le confortent aussi dans la force de sa pensée ou au contraire, lui font réaliser la fragilité de celle-ci quand elles sont terrifiantes.

Si nous rêvons de la mort d’un parent proche, il n’y a pas là prémonition ou souhait de le voir disparaître. Ces rêves correspondent au processus de mort symbolique nécessaire à notre évolution. C’est un des grands thèmes de la psychanalyse : chacun de nous doit un jour tuer son parent symbolique pour devenir un individu à part entière, c’est à dire adulte, indépendant et capable de devenir parent à son tour. Tant que la mère et le père n’ont pas été tués symboliquement, l’individu reproduit les schémas que lui ont transmis ses parents. Si nous avons reçu une éducation qui nous semble assez mauvaise, tant que nous serons attachés à nos parents, nous aurons tendance inconsciemment à nous comporter comme eux.

Qu’il s’agisse de notre mort ou de celle d’un proche, les rêves qui la représentent ne sont jamais négatifs ni prémonitoires d’un décès prochain réel. La mort est ici symbolique. Elle correspond toujours à une transformation, au passage d’un état à un autre.

(Dans les cas de rêves relatifs à la disparition imminente d’un proche, celui-ci apparaît en songe de façon bien vivante. Le plus souvent, il est habillé normalement, il regarde le rêveur en souriant, dit peut-être quelques mots avant de disparaître. Ces rêves sont très paisibles, jamais dramatiques. La mort physique n’est jamais représentée.)

- Peur du changement, poids du passé, angoisse.

Publié dans:La MORT, REVES |on 27 février, 2016 |Pas de commentaires »

REVES : LES PERSONNAGES ARCHETYPIQUES

 

Les rêveurs se demandent parfois comment parvenir à identifier la nature archétypique des personnages rencontrés dans leurs songes. Ainsi, une femme qui s’occupe d’un nourrisson ou un homme âgé représentant-ils leurs propres personnages ou les figures archétypiques de la Mère et du Vieux Sage ? On pourrait considérer, en un sens, que tout personnage onirique remplissant ces rôles est archétypique, puisque la maternité et la maturité elles-mêmes ont valeur archétypique. Toutefois, l’apparition de véritables archétypes laisse généralement une empreinte indélébile dans la mémoire du rêveur.

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Les rêves dans lesquels les véritables archétypes se manifestent sont essentiellement reconnaissables à leur pouvoir d’inspirer une sorte de crainte révérencielle. Les rêveurs en arrivent  quelquefois à penser que leurs rêves leur sont envoyés par une puissance extérieure sage et bienveillante ; Si vous constatez que l’importance du personnage de votre rêve dépend plus du fait qu’il véhicule un thème fort sous jacent que de sa qualité de personnage, il y a quelque chance pour qu’il s’agisse d’un archétype. La pertinence universelle des archétypes peut être généralement perçue comme une expérience d’une signification supérieure, difficile à déchiffrer, mais qui, une fois vécue, devient identifiable. Jung conférait aux rêves archétypiques la fonction particulière d’aider le rêveur à orienter le cours ultérieur de son existence. Il conseillait aux rêveurs de rechercher l’origine de ce rêve et d’en mesurer l’éventuelle incidence. Si les archétypes constituent des personnifications de nos énergies psychiques, leur apparition dans les songes peut alors nous laisser entrevoir notre avenir.

REPERTOIRE DES ARCHETYPES 

Les énergies archétypiques peuvent donc s’incarner de différentes manières, et se manifester dans les songes sous la forme d’événements symboliques sou d’êtres réels ou mythiques. Vous identifierez plus aisément, d moins au début, les archétypes adoptant une apparence humaine.

L’Anima est porteur de sagesse dirigée vers soi-même. Empruntant habituellement les traits d’une jeune femme, elle représente l’intuition, l’élément féminin de notre psyché que les hommes ont tendance à négliger trop fréquemment. L’Anima, comme l’Animus, intervient souvent pour servir de guide au rêveur qu’elle exhorte à emprunter en toute confiance des voies inédites pour explorer son moi intérieur.

L’Animus représente la composante masculine et la psyché féminine. Souvent symbolisé dans les rêves sous les traits d’un beau jeune homme et dans les contes de fées par le prince charmant, il représente l’énergie masculine brave, active et volontaire, dont les femmes n’exploitent que rarement le potentiel. L’Animus se manifeste souvent dans le ut de leur rappeler qu’elles peuvent tout aussi bien trouver en elles les qualités qu’elles s’obstinent à chercher à l’extérieur et les éclaires dans leur quête.

L’Enfant Divin, qui prend dans les rêves l’apparence d’un nourrisson ou d’un petit enfant, est l’archétype de la régénération et de l’avènement d’une vie nouvelle. La symbolique de l’Enfant Divin associe les notions de sacré, d’innocence et de pureté parfaites. Il a le pouvoir de nous transformer en nous révélant nos véritables origines d’enfants innocents et curieux, et en nous rappelant combien nous avons délaissé notre potentiel personnel initial.

Le Vieux Sage nous transmet le savoir et la clef des problèmes et dilemmes d’ordre pratique que nous rencontrons sur la voie de la découverte et de l’accomplissement de nous-mêmes. Il peut se manifester sous l’apparence d’un magicien, d’un ermite, d’un sage ou d’un professeur. Parce qu’il personnifie, d’une part, la sagesse immémoriale de l’humanité et, par ailleurs, la connaissance supérieure vers laquelle nous tendons, il donne souvent au rêveur le sentiment d’avoir la force et la puissance de faire des choix avisés. Cet archétype peut aussi revêtir les traits d’une vieille femme sage.

Le Héros est la facette de notre personnalité consciente qui, chez les hommes comme chez les femmes, aspire à un développement et  à un épanouissement intérieur et se met en quête de la vérité. Les travaux auxquels fait face le Héros sont souvent symbolisés par des défis physiques requérant des qualités et une bravoure exceptionnelles, et nécessitent le recours fréquent à l’Animus, à l’Anima ou au Vieux Sage. Cet archétype peut aussi apparaître comme un antihéros, que la quête d’idéaux trompeurs entraîne dans une série d’aventures dont il ressortira grandi, mais qui resteront futiles. Lorsqu’un rêve met en scène des défis physiques ou psychologiques, vous pouvez en déduire que vous êtes en présence de l’archétype du Héros.

Le Magicien possède une face lumineuse, qui peut s’incarner dans les songes dans le personnage d’un bouffon ou d’un clown, et une face obscure, qui se manifeste sous l’apparence d’un personnage sournois et sinistre, qui prend un malin plaisir à embrouiller et à gâter la situation. Il jongle entre ces deux rôles, sans prévenir, et peut également être le signe de la transformation. Le magicien représente le versant intuitif de notre psyché. Son apparition et son intervention dans nos rêves nous sont souvent bénéfique à long terme, même si notre perception en est toute autre.

La Mère, symbole de la fécondité, de la fonction nourricière et de l’amour indispensable au développement, présente également un aspect négatif, lorsqu’elle revêt des traits de la femme possessive voire dévoratrice, personnifiée généralement dans les contes de fées par une sorcière ou une méchante marâtre. Lorsqu’elle est vénérée en tant que protectrice des moissons et reine omnipotente, la Mère figure avant tout les principes de la bonté et du mystère féminin.

L’Ombre représente l’obscurité, le versant refoulé de notre personnalité, qui peut apparaître dans les rêves sous la forme d’un compagnon hostile ou d’une présence silencieuse et inquiétante. L’Ombre n’est pas systématiquement malfaisante, mais elle représente certains aspects intimes de nous-mêmes dont nous préférerions qu’ils n’émergent pas. Peut-être nous faut-il laisser accéder à la lumière les affects représentés par l’Ombre, de façon à les évaluer et à les traiter au niveau conscient.

Les Nombres revêtent également souvent, dans les grandes traditions, une signification archétypique. Le chiffre en représente l’apparition originelle de l’esprit dans la matière, le chiffre deux, les principes masculin et féminin ainsi que la procréation ; le trois, la trinité divine (et parfois la trinité du corps, de l’âme et de l’esprit) ; le quatre, la terre et l’harmonie ; le cinq, l’homme (l’étoile à cinq branches) ; le six (3 que multiplie 3), l’amour, les rêves et le don ; le sept (4 plus 3), le voyage mystique qui conduit de la terre au ciel ; le huit, l’initiation, le neuf (3 fois 3), l’éternité et l’invulnérabilité ; et le nombre dix, la loi et les commandements (calqués sur nos dix doigts). Le zéro, le cercle parfait, représente à la fois l’infini et le vide, toute chose et le néant. Les nombres peuvent se manifester symboliquement dans les rêves dans un ensemble d’objets, de compagnons, de travaux, etc. Certaines traditions suggèrent qu’en sacrifiant, avant de s’endormir, à des rites spécifiques, on peut provoquer des rêves dont le contenu peut être symbolisé par un chiffre.

Ces huit figures archétypiques sont seulement quelques-uns des innombrables aspects qui incarnent, dans les songes, nos énergies archétypiques. En acceptant d’accorder également aux éléments (terre, eau, air et feu) et aux créatures mythiques, comme les licornes et les chevaux ailés, le statut d’archétypes, nous enrichissons notre langage psychique personnel qui nous permettra de comprendre et d’interroger nos rêves.

Les archétypes, nous sont d’une aide précieuse dans l’interprétation des rêves. Il nous faut toutefois veiller à ne pas tomber dans le piège qui consiste à penser qu’ils fournissent des significations immédiates quelque soit le contexte. Nous ne devons pas oublier non plus qu’ils ne représentent que les pièces d’un puzzle à reconstituer. Ils sont, à l’instar des composantes de l’inconscient collectif, comme les mythes et les contes populaires, d’une nature complexe et souvent ambivalente. Si nous nous familiarisons avec les archétypes et leur apparence dans les mythes, nous les reconnaîtrons quand ils apparaîtront dans nos songes et nous serons alors plus réceptifs à leurs messages. Mieux les connaître peut même augmenter la fréquence de leurs apparitions. De la même façon que les archétypes jaillissent des profondeurs de notre inconscient, les rêves, qui nous ménagent un contact plus direct avec eux, nous permettent également de forger une relation plus harmonieuse entre les différentes strates de notre personnalité. Par ailleurs, nous disposons d’une série de modèles – ou d’agents, agissant en notre nom – qui peuvent nous conseiller dans notre exploration des significations des rêves issus du niveau 2 ou du niveau 3, de même que les cartes du Tarot peuvent nous aider à mieux décrypter le mystère de notre nature la plus intime.

Pour information, voici les 3 niveaux de rêves :

Niveau 1 - le préconscient : lieu de l’appareil psychique le plus accessible. Il est le siège de tous les processus mentaux qui, lorsque nous nous réveillons, peuvent revenir à la conscience.

Niveau 2 – l’inconscient : siège de souvenirs qui échappent à la conscience mais qui exercent une influence considérable sur notre vie psychique et, bien entendu sur nos rêve. Les traumatismes subis dans l’enfance, les désirs et appréhensions refoulés, les émotions et attentes non reconnues, font partie intégrante de notre inconscient qui se développe et se modifie au fil du temps.

Niveau 3 – l’inconscient collectif : les idées, symboles, thèmes et archétypes originels constituent la matière première des aspirations, pulsions et désirs profonds de l’humanité. L’inconscient collectif est un héritage commun à nous tous. Il est à l’origine des thèmes récurrents des mythes et légendes de toutes les cultures, Jung a comparé l’inconscient collectif au « vaste entrepôt historique de l’espèce humaine ». 

Francesca du blog http://channelconscience.unblog.fr/

Publié dans:REVES |on 14 février, 2016 |Pas de commentaires »

CONTACTER NOTRE INCONSCIENT

 

SOSEn apprenant à mieux explorer l’univers de nos rêves, souvenez-vous que le conscient et l’inconscient ont des modes spécifiques d’acquisition des connaissances. Le conscient est habituellement rationnel, logique et linéaire. Il recherche des modèles et des relations, s’intéresse à tout ce qui est cohérent et prévisible, se structure principalement autour du langage articulé, et peut aisément tester ses connaissances. En revanche, l’inconscient semble obstiné, volontaire et incapable de suivre des règles. Il progresse, à nos dépens, d’une façon qui paraît incohérente et imprévisible ; quelquefois, il donne l’impression de refuser délibérément de coopérer ; nous avons tous constaté comment la raison peut dissimuler une angoisse alors que nos émotions stimulées par l’inconscient continuent de l’entretenir.

Il serait irréaliste d’attendre de l’inconscient qu’il réagisse comme le conscient. Il peut au terme d’une longue période d’efforts, continuer à prétendre ignorer le message que vous tentez de lui faire passer, et vous récompenser quand vous avez perdu tout espoir. Il est important d’être patient et de ne pas vous imaginer que l’inconscient va nécessairement réagir.

L’inconscient ressemble au conscient dans sa façon de répondre aux sollicitations. Vous devez lui faire comprendre que vous lui accordez beaucoup d’importance. Remerciez le pour les rêves dont il vous gratifie et de toute amélioration de votre vie onirique. Interrogez-vous sur la façon de l’aider et attendez en silence les réponses. Otez-vous de l’esprit que ce type d’activités est ridicule. Elles présentent un certain nombre d’avantages psychologiques et enrichissent la perception des songes.

Simplicité et répétition sont les clefs d’une approche efficace de l’inconscient. Donnez-lui des instructions claires et sans ambigüité : « Je vais me souvenir de mes rêves » ou « Je vais voler dans mes rêves« , par exemple. Répétez-les régulièrement.

Ecoutez la musique qui rappelle ou représente l’atmosphère du rêve dont vous souhaitez faire l’expérience. Lisez de la poésie romantique ou mystique. Visualisez ses symboles et pensez aux métaphores qu’elle véhicule. Observez et écoutez la façon dont votre esprit apprend à absorber ces impressions et résistez à la tentation réductrice qui consisterait à les traduire dans un langage articulé, rationnel et linéaire.

Il peut vous être utile de penser que votre inconscient est la source de votre vie psychique, et que le conscient est une espèce de revêtement constitué par l’apprentissage. Plus votre esprit sera rigide et inflexible, plus l’émergence de votre inconscient à la conscience sera difficile.

Nous pouvons également encourager les différents contenus de notre vie psychique à s’interpénétrer en utilisant de simples métaphores visuelles. Imaginez que votre conscient est un portier sérieux, puritain, qui maintient fermée la porte par laquelle votre inconscient tente vainement d’entrer. Visualisez à présent le conscient ouvrant la porte et accueillant l’inconscient comme s’il s’agissait d’une sœur ou d’un frère perdu de vue, et observez comment les deux versants de votre vie psychique conviennent qu’ils ont beaucoup à apprendre l’un de l’autre. Assurez-vous que, dorénavant, ils travailleront de concert et en parfaite harmonie. 

EXTRAIT DU LIVRE :

APPRENEZ A MIEUX REVER ET A TIRER PARTI DE VOS REVES

Publié dans:AME, EXERCICES DEVELOPPEMENT, REVES |on 11 février, 2016 |Pas de commentaires »

En état de Rêverie

 

citronPour manifester vos idéaux, il est fondamental que vous appreniez à vous imbiber complètement de vos rêves pour leur permettre de se frayer un chemin jusqu’à votre dimension. Mais il faut aussi vous assurer que cette sensation ne soit jamais utilisée pour compenser la présence des éléments qui suggèrent la fuite, ou le refuge.

Lorsqu’un Être vit une envie de douceur, mais que sa vie ne semble pas lui refléter cela, s’il cherche à fuir sa réalité, il appellera à lui au niveau du rêve et de ses idéaux une expérience plus douce. Mais en vérité, ce qu’il fera c’est ce que nous nommons de la rêverie, un peu comme un Être qui lit un roman Arlequin pour se convaincre que les relations entre les humains sont magiques, alors que sa propre relation intime est douloureuse. Il est intéressant de s’inspirer d’autres relations, mais vous comprenez que dans cet exemple, le roman Arlequin devient un refuge pour éviter de ressentir et de transformer la relation concrètement vécue.

Dès qu’un Être reconnaît ses malaises, ses sensations d’inconfort et ce qui l’associe à sa réalité plus lourde, sa vie commence à se modifier. S’il rencontre ses lourdeurs à partir de l’aspect de lui qui se permet de rêver et de ressentir son idéal, voilà que l’Être anime cet idéal pour lui permettre de se frayer un chemin jusqu’à sa réalité concrète. Pourquoi? Parce qu’il n’y a plus de non-dit, d’éléments reniés, mis de côté ou camouflés. En d’autres termes, l’Être n’utilise pas son rêve pour compenser sa tristesse.

Une clé

Nous vous transmettons ici une clé pour vous aider à transformer votre réalité. Nous pointons cette notion de douceur-refuge, qui est un moyen utilisé par tant d’Êtres pour compenser les malaises et les sensations d’inconfort ressentis. Vous ne pouvez pas les mettre dans un coin en attendant que la vie rêvée se manifeste. Ce faisant, il devient alors difficile de changer votre réalité, parce que votre envie de la modifier part d’un espace de refuge en vous, pour éviter de ressentir les incohérences de votre vie.

Nous ne sommes pas à dire que votre vie est incohérente, au contraire. Il y a tant de passion, d’engagement et de soif d’un Nouveau Monde chez les Travailleurs de Lumière. Cela est magnifique. Seulement en parallèle, beaucoup d’Êtres souhaitent occulter une forme de honte en eux de ne pas parvenir à créer leur vie rêvée. « Un Être spirituel devrait être en mesure d’avoir une vie idéale, et puisque ma vie n’est pas idéale, je vais faire comme si elle l’était ».

Au niveau symbolique, cela est intéressant de se projeter dans sa vie rêvée en s’imaginant qu’elle le deviendra. Et il est juste de reconnaître que plus un Être ressent et s’imbibe de sa vie idéale, plus elle se concrétisera. Mais la nuance fondamentale est que chez cet Être qui aspire à cet idéal, il n’y a jamais rien qui est occulté, mis de côté, honteux ou fuit. Tous les éléments de sa vie font partie du rêve. Voilà la clé.

L’Être se projette dans son idéal pour s’imbiber de sa vie rêvée, mais il inclut en lui tout ce qui semble l’en éloigner. Et parce qu’il les aura inclus, ces éléments feront partie de sa réalité au moment où il se permettra de rêver. Et alors, le rêve ne sera plus un refuge, mais une véritable création.

Une approche toute simple

Certaines écoles de pensée vont proposer une approche toute simple, soit l’utilisation de la formulation « même si ». Par exemple, « je choisis de créer plus d’abondances, même si une partie de moi est convaincue que je ne le mérite pas ». Chers amis, prenez un instant pour ressentir la puissance de cette proclamation.

Cette affirmation reconnaît le droit à plus d’abondances, mais ne nie pas la partie de vous qui est convaincue qu’elle ne le mérite pas. Parce que dès que vous la reniez, vous entrez dans un combat intérieur et utilisez le rêve en mode compensatoire, comme un refuge. Et alors, cet aspect de vous occulté sera nourri par votre inconscient et agira sur votre vie en s’opposant à vos rêves.

Si vous souhaitez plus d’abondances pour camoufler la tristesse de ne pas en avoir, la partie de vous qui sabote l’abondance est nourrie par un mouvement inconscient qui vient l’amplifier et lui donner votre pouvoir. Et vous direz que les Dieux s’acharnent contre vous. Mais en vérité, ce ne sont pas les Dieux qui s’acharnent, mais une partie de vous inconsciente qui cherche votre lumière. Elle attire ainsi votre attention pour être éclairée, en faisant ce qu’elle connaît le mieux, soit le sabotage. Elle va donc saboter, au même titre qu’un autre Être préparerait la nourriture. Cette partie de vous est conditionnée à saboter, alors elle sabote, tout simplement.

Il n’y a aucun jugement dans l’équation. L’Univers ne se dit pas « mais quel drame, cet Être est en train de se saboter ». L’Univers ne connaît pas le drame, ni la pitié.

Sur le blog de Francesca http://channelconscience.unblog.fr/

SOURCE: Site web : au-deladumaintenant.blogspot.ca

Publié dans:POUVOIR, REVES |on 10 janvier, 2016 |Pas de commentaires »

Cesser de rêver tue l’esprit

Cesser de rêver

Nous cessons de rêver lorsque nous décidons de ne pas faire partie de ce monde parce qu’il nous a déçu. S’éjecter ou se sentir rejeté, nous conduit à garder nos rêves pour soi et cache une blessure. Revenir dans la société est un appel à l’humilité et non à l’humiliation, à la persévérance et non au ressentiment, à un amour de soi plus grand au lieu du mépris face aux gens inconscients, à un développement plus défini de ses talents, de ses projets plutôt qu’à l’envie, à une maturité aboutie plutôt qu’à la colère de ne pas être compris. 

Cesser de rêver ? Aussi bien dire qu’une telle personne a cessé de respirer ici-bas. Chaque être qui s’individualise a besoin de mesurer son pouvoir de rêver dans la société. Autrement, son esprit ne s’ajuste pas à sa vie matérielle. Il est important de se donner le droit de changer, de devenir autre que ce à quoi nous nous attendions.

Rêver, c’est donc se remettre en marche vers son étincelle, par sa seule force, en apprenant à supporter le temps. Cela signifie résister à l’épreuve des déceptions successives qui nous font décrocher du monde. Rêver, c’est accepter de pagayer à contre courant jusqu’à ce que le sens de notre intégrité soit inébranlable. Ainsi jamais notre flamme ne s’éteint. 

Pagayer, c’est le lot d’une conscience qui ne dort jamais, chacun veillant à ne pas interrompre sa propre évolution. Il suffit de peu de ces personnes éclairées pour changer le sens de l’inconscient collectif, pour changer le monde. Ainsi nous bâtissons notre force individuelle réelle. Ainsi des millions d’étincelles individuelles réaliseront un projet, un destin, bâtiront ensemble un pays, une planète, un univers… 

Sylvie Bergeron - Découvrez les secrets de votre conscience créative avec la www.formationlecreateur.com

 

Publié dans:REVES |on 6 novembre, 2015 |Pas de commentaires »

LES FANTOMES NOCTURNES

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Pendant le jour, c’est l’esprit conscient qui gouverne au moyen de la force nerveuse cérébro-spinale; pendant la nuit, cette force étant épuisée, le conscient se repose, tandis que les accumulateurs se rechargent par le cervelet; l’esprit inconscient, si l’on peut parler de la sorte, s’éloigne du corps, se divise même parfois; et les actes qu’il effectue dans ces courses, les rencontres qu’il fait, les scènes auxquelles il assiste, ne se transmettent à la conscience que s’il reste dans le corps, et surtout dans le cerveau, assez de force nerveuse pour les enregistrer.  Ainsi, on rêve constamment, mais on ne se souvient que rarement. 

 Cet esprit, intermédiaire entre l’âme et le corps, n’est pas un halo, une aura, un oeuf fluidique; c’est un véritable organisme, bien plus complexe et plus délicat que le corps de chair et dont les nombreuses propriétés siègent dans des localisations différentes.  Il possède des fonctions de nutrition, de respiration, d’innervation; des organes de locomotion et de perception; une intelligence, du libre arbitre; et chacune de ces facultés correspond avec une des parties du corps physique.  De même que le muscle grossit en raison du travail mesuré qu’on lui impose, de même cet esprit se développe par les exercices qui lui sont propres : ambitions, inquiétudes, efforts volitifs, vertus, vices.  Les entraînements artificiels de l’ésotérisme l’accroissent aussi, mais d’une façon hâtive et anormale.  De tous les travaux de l’esprit, seule la lutte contre l’égoïsme l’affine et le purifie. 

 En outre, de même que, dans le corps de chair, entrent par l’alimentation et la respiration des molécules de tout ordre, de même, dans l’esprit, entrent, s’installent, repartent, vivent et meurent toutes sortes d’esprits subordonnés.  Ces visites produisent dans la conscience les intuitions, les idées, les sentiments, les découvertes; elles rendent possibles les événements de l’existence, les maladies, les rencontres; enfin elles participent à la production des songes.  

Pendant le sommeil, l’esprit s’aventure donc plus ou moins loin.  Quand il va dans un pays très inconnu, il s’y trouve étranger, puisque ni ses propres éléments ni les cellules corporelles n’ont d’affinités avec les choses de cette région.  Il a beau regarder, s’instruire, aller et venir, le cerveau ne peut rien rapporter à la conscience de ces enquêtes, puisque ses molécules sont incapables d’enregistrer des messages qui ne les font pas vibrer. 

 Quand la promenade est courte, au contraire, les objets sont plus familiers, l’expérience s’enregistre. 

 Il faut dire que ces excursions peuvent très bien avoir lieu pendant le jour; mais alors on ne s’en aperçoit pas, parce que la force nerveuse est presque tout entière employée aux actes de la conscience, et aussi parce que notre cerveau n’est pas assez robuste pour supporter une double tension, ni notre volonté assez calme pour résister aux désirs nouveaux que ferait naître cette vie seconde. 

 Le songe remplace avantageusement toutes les inventions par lesquelles la science ésotérique établit les rapports volontaires de l’homme avec l’Invisible.  C’est un phénomène normal, sain, à la portée de tout le monde; il ne demande pas un genre de vie spécial.  De plus, la Nature lui prépare avec soin les conditions les meilleures; le milieu est organisé en vue de notre instruction nocturne comme il est organisé pour notre subsistance corporelle.  Pendant la nuit, la circulation magnéto-tellurique change, l’atmosphère est débarrassée de certains éléments trop actifs; la lune remplace le soleil jaune, d’autres ordres de génies s’approchent de la terre; le sol, la mer, les arbres, les animaux émanent une aura spéciale et exercent une influence propice au dégagement de l’esprit. 

 Tout ce qui peut devenir la cause d’un rêve : les anges, les dieux, les démons, les défunts, les clichés, les images de ce qui fut, les fluides en déplacement dans les espaces intérieurs, les esprits des choses et des vivants, les images de ce qui a lieu, à cette heure, et de tout ce qui aura lieu jusqu’à la fin, en un mot, la Vie tout entière peut venir se refléter dans le miroir translucide de l’imagination. 

 Mais les facteurs du songe les plus fréquents sont les clichés du destin personnel et les visites des membres de la famille spirituelle. 

 Chacun de ces groupes, dont tous les membres se ressemblent, même corporellement, et, par suite, ont à faire des travaux identiques, suit la même route.  Ainsi, par exemple, l’aîné de la famille à laquelle j’appartiens possède, en plus parfait, les mêmes facultés que moi-même; il rencontre des clichés divers, mais plus tôt que moi; il se peut qu’il ait reçu le cliché de la tuberculose il y a trente ou cinquante ans et que moi, je ne le rencontre que dans dix ans.  Au point de vue de Sirius, cet écart est insignifiant; mais si j’étais déjà né sur terre quand mon chef de file est devenu phtisique, j’ai pu en rêve ressentir une douleur au poumon, pour me prévenir de l’épreuve encore lointaine. 

  On ne rêve donc que des choses qui possèdent en nous une délégation, une cellule physique ou psychique de même nature.  Pour qu’un cliché m’affecte, il faut qu’il trouve en moi un point où s’accrocher; le rêve est ce contact.  C’est pour cela que le seul fait d’être averti d’une épreuve en diminue la rigueur ou augmente notre résistance; les myriades de petits génies dont le travail nous fait vivre s’inquiètent alors, se préparent à la défense et vont partout chercher du secours. 

 Ainsi l’être de l’homme recèle les germes de tous les bonheurs, de tous les malheurs et de toutes les prérogatives.  Sa dignité est donc très haute, sa mission grave et ses responsabilités lourdes.  

Extrait des Amitiés Spirituelles de Sédir

 

Publié dans:PEUR, POLTERGEISTS et LEGENDES, REVES |on 12 avril, 2015 |Pas de commentaires »

L’ETAT DE REVE EVEILLE

 

téléchargement (1)Michel Tabet (MT) répond : Le rêve éveillé est un état de conscience modifi é qui permet de voir ce qu’il se passe dans l’inconscient d’une personne. Il a été créé par le psychothérapeute Robert Dessoille , puis repris par Georges Romeu, qui interprétait les rêves selon la lecture de Jung. Dans les années 80, j’ai mis au point « le rêve éveillé astrologique » réunissant ainsi ma double formation, psychologue et astrologue. J’avais découvert que lorsqu’une personne faisait un rêve éveillé, elle mettait en scène les énergies de son thème astral. Au-delà de la vision uniquement psychologique du rêve, je pouvais alors en donner une lecture énergétique. Je me suis notamment aperçu que de nombreuses personnes prenaient contact avec leur soleil, c’est-à-dire avec la dimension de leur âme. Elles en parlaient comme d’un havre de paix qu’elles avaient toujours connu et attendu de retrouver. Un jour, j’ai moi-même reçu un flash puissant où je ne faisais plus qu’un avec mon soleil… une sensation d’extase incroyable ! À partir de ce jour, tout ce qui n’était pas réglé en moi est remonté avec puissance mais je me sentais plus fort et j’ai pu l’accueillir

et le transformer. Au fi l du temps, avec Sylvie Gavilan, nous avons décidé d’orienter clairement notre travail sur cette connexion avec l’âme. C’est ainsi que le rêve d’éveil est né. Nous nous relions au cœur, nous prenons contact avec l’âme du rêveur et c’est elle qui guide la séance. Cela offre à la personne une nouvelle vision de son vécu et une infinité de possibilités de le transformer. Elle devient créatrice de sa nouvelle réalité, alignée sur le plan de son âme. SP : Quelles sont les problématiques qui peuvent être transformées grâce au rêve d’éveil ?

Sylvie Gavilan (SG) : Toutes ! Nous recevons autant de personnes dans une démarche thérapeutique, cherchant à soulager une maladie ou une dépression, que d’autres qui sont en quête de sens, d’inspiration, de créativité. En renouant le contact avec leur âme, elles parviennent à porter un autre regard sur ce qui leur arrive, pleinement responsables, à retrouver un élan créatif et à cheminer vers l’union intérieure. Là est le but du rêve d’éveil. Nous sortons de la vision erronée : « tout cela n’était que hasard ou inconscient » et reprenons notre responsabilité et notre pouvoir : « je comprends pourquoi cela m’arrive et je peux le transformer ». Nous réalisons alors que tous les événements de la vie sont proposés par l’âme pour nous enseigner. La maladie ou la d pression, le fait de se sentir mal, triste, dans le noir, sont des signes que le contact avec l’âme a été rompu, permettant à l’ombre de prendre le dessus. Ils sont un appel de l’âme qui cherche à être entendue et reconnue.

Source : Michel Tabet Docteur en psychopédagogie, thérapeute, enseignant, conférencier et astrologue. Il a mis au point le rêve éveillé astrologique en 1984 et formé des centaines de personnes à cette technique.

Sylvie Gavilan Psychothérapeute, formatrice et astrologue, Sylvie Gavilan évolue depuis quinze ans dans la relation d’aide à travers l’animation de groupes et les consultations privées. Elle utilise une approche individualisée et respectueuse qui repositionne l’Être dans sa globalité.

Publié dans:REVES |on 5 avril, 2015 |Pas de commentaires »

HARMONISER LE CONSCIENT ET L’INCONSCIENT

 

images (2)« harmoniser le conscient et l’inconscient afin que les deux instances ne tirent plus à hue et à dia », reprend la psychanalyste. Aujourd’hui, nombreuses sont les méthodes qui permettent d’accéder à un champ de conscience élargie. Nous vous proposons d’en découvrir quatre : la respiration holotropique, l’hypnose ériksonnienne, le dessin projectif et le rêve éveillé libre.

La respiration holotropique - Faire l’expérience de la transe

Qu’est-ce que c’est ? Par l’effet combiné d’une hyperventilation et de musiques évocatrices, la respiration holotropique s’apparente à une forme de transe. La technique a été mise au point dans les années 1970 par Stanislav Grof, psychiatre américain d’origine tchèque, comme alternative aux thérapies dites « psychédéliques » (sous drogues).

Comment ça marche ? En groupe, allongé dans la pénombre, le patient est invité à respirer rapidement et profondément, accompagné par une musique forte et enveloppante, ce qui induit un état modifié de conscience. « L’hyperventilation provoque un état de conscience élargie, permettant de passer la main à notre guérisseur intérieur et d’explorer les différents royaumes de l’inconscient », explique Bernadette Blin, psychologue et psychothérapeute. Il s’agit de l’inconscient individuel ou biographique (ce qui nous est arrivé depuis notre petite enfance), du périnatal (de la conception à la naissance), et du transpersonnel, qui comprend le transgénérationnel, le mythique, le spirituel…

La respiration holotropique (du grec holos, « le tout », et trepein, « aller vers »), se situe à la croisée du chamanisme et des mystiques orientales. Elle permettrait d’expérimenter une « autre réalité » : voyage dans des vies antérieures, retour à la vie foetale, identification à un animal totem… Cathartique, libérant souvent de manière spectaculaire des émotions archaïques, le processus peut durer jusqu’à trois heures, chacun étant accompagné par un autre participant et sous la surveillance des thérapeutes. Revenu à la réalité, le patient traduit et intègre son expérience en dessinant un mandala et en le partageant avec le reste du groupe.

En savoir plus : La respiration holotropique

L’hypnose ériksonienne - Modifier son niveau de conscience

Qu’est-ce que c’est ? Développée par le psychiatre et psychologue américain Milton H. Erickson à partir des années 1920, l’état d’hypnose est une modifi cation de la conscience opérée pour permettre la rencontre du conscient et de l’inconscient.

Comment ça marche ? Le patient commence par définir avec le thérapeute les changements à obtenir. « S’il travaille, par exemple, sur sa confiance en lui, dans quelle situation voudrait-il se sentir plus à l’aise ? Que ressentirait-il ? » demande Kévin Finel, hypnothérapeute. Après une préparation mentale (« phase de préinduction »), vient l’« induction » pendant laquelle le patient fixe son attention sur une partie de son corps, en visualisant son angoisse, en s’observant de l’extérieur… Il apprend ainsi à entrer en état d’hypnose, à voir qu’il peut en sortir, refuser certaines propositions du thérapeute ou y aller plus profondément. Rassuré de ne pas perdre le contrôle, le conscient, toujours vigilant, laisse ainsi plus de place à l’inconscient, accepte de dialoguer avec lui et d’entendre ses réponses. Pour l’accompagner, le thérapeute établit un code avec celui-ci : lever un doigt signifie, par exemple, « oui », le baisser « non ». Plusieurs techniques sont ensuite possibles : un travail sur la créativité, une régression, des suggestions directes (« votre douleur s’atténue ») ou indirectes en utilisant des métaphores dans lesquelles l’inconscient se reconnaît… « En revenant juste après un traumatisme, par exemple, on peut l’interpréter différemment, en faire une force ou décider de s’en libérer », reprend Kévin Finel. À la fin du processus, le patient se réveille à son rythme, puis commente la séance avec le praticien.

Le dessin projectif - Laisser sa main tracer des symboles

Qu’est-ce que c’est ? Une projection symbolique de soi-même sur une feuille, inspirée de l’utilisation, par Carl Gustav Jung, des mandalas pour représenter le soi. En silence, on se laisse aller à faire des traits, des tâches, des arabesques, sans chercher le beau ni le figuratif.

Comment ça marche ? En groupe ou en individuel, avec ou sans thème (la rencontre, la joie…), cela commence par une relaxation. La main doit être détendue, autonome. Celui qui ne parvient pas à lâcher le contrôle peut changer de main ou avoir les yeux bandés. Au hasard, le patient choisi trois crayons de couleur. Il a ensuite vingt minutes pour dessiner sans y penser… jusqu’à ce que quelque chose apparaisse. C’est alors « du dedans qui s’exprime », selon l’expression de Jung. Les vingt minutes suivantes sont consacrées à l’interprétation du dessin. Guidé par les questions du thérapeute, le décodage des symboles, ses souvenirs et ses associations d’idées, le patient explore les pistes de réfl exion données par son inconscient. « Contrairement à une étude psychologique, nous n’interprétons pas les couleurs, l’absence ou la présence de certains signes, explique Claire Delabare, analyste jungienne à l’origine de la technique. Un soleil, par exemple, signifie la chaleur, le besoin d’éclairage, non la relation au père. » En stage, les patients travaillent sur de grandes feuilles de couleur, des toiles, avec de l’argile et sur des dessins communs. Vient ensuite la restauration, « une manière symbolique de prendre soin de soi », en lissant, par exemple, les pics qui hérissent une silhouette, expression d’une situation conflictuelle non résolue. Contrairement aux rêves de nuit, dont il est parfois difficile de se souvenir, le dessin n’est pas modifi é par l’imaginaire. On peut même le garder et le retravailler plus tard.

Rens. : ledessinprojectif.free.fr/index.htm. Prix : 65 euros la séance d’une heure et demie en individuel, 50 euros la séance de trois heures en groupe.

images (3)Le rêve éveillé libre - Libérer ses images intérieures

Qu’est-ce que c’est ? On rêve sans dormir. La méthode, mise au point à partir des années 1970 par le psychothérapeute Georges Romey, auteur du Rêve éveillé libre, une nouvelle voie thérapeutique (Dervy, 2010). Il s’inspire du « rêve éveillé dirigé », inventé par l’ingénieur Robert Desoille dans les années 1920. Avec une grande différence : le thérapeute laisse le patient dérouler son rêve sans intervenir.

Comment ça marche ? Plongé dans un état de conscience intermédiaire – un sommeil éveillé –, le patient décrit les images qui lui viennent à l’esprit, sans chercher de logique. Peu à peu, un scénario prend forme. D’après Georges Romey, « les traumatismes ou diffi cultés passées ont figé les neurones dans certaines positions. En état de relaxation, l’influx nerveux circule mieux, repérant et libérant les blocages, provoquant ainsi des prises de conscience par l’apparition d’images, de souvenirs et d’émotions ». Non seulement le rêve éveillé modifie les enregistrements neuronaux, mais son étude avec le praticien consolide les changements. Combinant l’interprétation freudienne des rêves, par décodage des fantasmes et du refoulé personnel, à l’analyse jungienne – ce qui relève de l’inconscient collectif –, et grâce à une typologie des symboles établie par Georges Romey à partir de milliers de séances, le thérapeute aide le patient à en comprendre le sens. La puissance réparatrice des images initie une dynamique de changement positif. « Celui qui, dans son rêve, parvient à sortir d’un tunnel et à se retrouver à l’air libre, puise dans cette libération symbolique l’énergie nécessaire pour poursuivre le changement consciemment », révèle Georges Romey.

Rens. : Association pour le développement du rêve éveillé libre (Adrel), reve-eveille-libre.org. Prix : 65 euros la séance de deux heures, à raison d’une quinzaine de séances pour une cure.

En savoir plus : Le rêve éveillé libre

 

Publié dans:PENSEE, REVES |on 22 novembre, 2014 |Pas de commentaires »

Pourquoi la nuit porte conseil

 

images (5)L’important n’est pas de se souvenir ou pas de ses rêves. Ce qui compte c’est que notre double puisse venir nous donner des explications pendant la nuit. On sait maintenant que lorsqu’on réveille quelqu’un par un bruit violent et soudain, le rêve ne dure que le temps d’émission du bruit émis pour réveiller la personne. C’est-à-dire que le rêve a justement été déclenché par le bruit qui a réveillé le dormeur. 

Pendant le milliardième de seconde du bruit, il a fait une expérience de plusieurs jours et il a l’impression qu’on l’a sorti d’un bon rêve à cause du bruit, alors que c’est le bruit qui a déclenché le rêve. Pendant le sommeil paradoxal, l’activité intellectuelle est très grande, mais nous ne rêvons pas. Pendant le sommeil paradoxal, vous n’êtes plus là, ni dans votre lit, ni dans votre corps. Votre corps est immobile parce que vous n’êtes plus là. 

En effet, nous sommes un corps qui est fait pour recevoir des informations. Il faut pouvoir aller les chercher avec un corps qu’on peut appeler un corps énergétique. Ce corps revient  ensuite dans notre corps physique pour lui donner les informations qu’il est allé chercher ailleurs. Ce corps énergétique n’est pas un double : c’est notre corps à nous. Il est en quelque sorte boutonné tel un « pardessus » sur notre corps. Les boutons s’appellent les chakras. Que ce soit vous, votre double ou ceux qui fabriquent votre futur, chacun a un corps physique évoluant dans son temps et un corps énergétique voyageant entre les différents temps dans les ouvertures temporelles.

L’échange des corps énergétiques pendant la nuit permet à notre double d’arranger notre futur pendant que notre corps énergétique remplace le sien. Vous prenez ainsi connaissance de ses questions et de ses souhaits.  

Pendant ce temps, vient se loger dans notre corps physique un corps énergétique du futur. Ce dernier n’est pas maître de notre temps. C’est la raison pour laquelle notre corps physique ne bouge pas. En revanche, il ne cesse de donner des informations à notre cerveau dont l’activité intellectuelle reste ainsi aussi importante que pendant notre éveil. 

Pendant ce sommeil qui semble paradoxal, c’est le corps énergétique de notre double qui va contrôler et arranger le futur que nos pensées ont créé pendant le jour. Cela exige donc que nous soyons capables de le faire venir.

Quand vous vous réveillez, les informations de votre futur sont en vous et, connaissant les souhaits de votre double, vous savez ce que vous devez faire dans la journée. C’est tout bête, c’est tout simple, et tous les enfants le font. On ne devrait jamais prendre une décision sans aller dormir. 

Sans notre double, le mécanisme reste le même, mais c’est le futur qui nous dicte notre conduite à venir en nous imposant des idées différentes. Dans l’ignorance de la loi du dédoublement, un tel parasitage des pensées est inévitable. 

Qui, sur terre, connaît cette loi vitale ? 

Source NEXUS

Publié dans:REVES |on 9 octobre, 2014 |Pas de commentaires »

Pour que nos rêves deviennent réalité

 

 

Comment influencer la qualité de ses rêves? Les choisir ou orienter leur contenu? Pour éviter les cauchemars, obtenir des réponses, se soigner, y trouver un guide, de l’inspiration ou encore vivre une expérience extraordinaire en explorant des mondes invisibles. Conseils pratiques.

champ de blé 

Il y a quelques semaines, une nouvelle méthode censée améliorer les rêves de millions de personnes a été mise au point par le psychologue Richard Wiseman, professeur à l’Université de Hertfordshire en Grande-Bretagne, via une application Iphone appelée Dream:ON. Une fois programmé, ce dispositif s’adapterait aux cycles du sommeil des utilisateurs pour diffuser au moment où l’on commence à rêver un « paysage sonore », évoquant un scénario agréable, comme une promenade dans les bois, sur une plage.

Ce système est une invitation à l’exploration du rêve lucide, une expérience dans laquelle le rêveur devient conscient qu’il est en train de rêver et dont il va pouvoir librement, tel un metteur en scène, orienter son contenu. L’intérêt du rêve lucide ? Eliminer des angoisses en affrontant la source de ses peurs et accepter d’y faire face pour, peu à peu, se débarrasser des cauchemars qui altèrent la qualité du sommeil et notre humeur du lendemain. Ou bien résoudre, par le rêve, un conflit intérieur, non pas par une approche psychanalytique mais par le rêve lui-même. Ou encore améliorer ses performances personnelles comme le font de nombreux sportifs qui, durant le rêve vont s’entraîner et progresser. Efficace, l’application : Dream:ON ? Outre le problème des ondes émises par le téléphone portable, susceptibles d’être nocives en dormant toute la nuit avec, à proximité de sa tête, outre aussi le fait que ces sons ne se déclenchent pas toujours à bon escient, c’est-à-dire dans la phase propice de sommeil paradoxal, ces gazouillis d’oiseaux et autres bruits de va-et-vient des vagues, selon Marc-Alain Descamps, « ne permettraient pas d’influencer ses rêves, de manière systématique, encore moins de les rendre didactiques. » 

Comment accéder au rêve lucide

D’autres innovations technologiques ont déjà été mises au point par le passé pour introduire la conscience dans le rêve, comme une sonde nasale vibrante ou un masque qui détecte l’entrée en sommeil paradoxal du dormeur et lui envoie de légers signaux lumineux sans le réveiller, mais pour le psychanalyste, rien ne vaut les « méthodes naturelles ». Par exemple, « vous pouvez vous demander plusieurs fois dans la journée : « Suis-je en train de rêver ? » Vous allez ainsi vous habituer à vous poser la question jusque dans le rêve. Une croix ou un point au creux de votre main peut vous aider à vous souvenir de faire cet exercice. A chaque fois que vous yeux se poseront dessus, vous y penserez. 

Vous pouvez aussi apprendre à maîtriser l’arrêt sur image afin d’installer une attention pendant votre sommeil. L’exercice consiste à choisir un plan fixe, par exemple en regardant régulièrement vos deux mains en face de vous et à intégrer cette image pour avoir le réflexe de vous en servir pendant le rêve quand celui-ci vire au cauchemar. Si un loup est en train de manger votre mère, vous allez alors imaginer ce plan fixe de vos mains, introduisant ainsi la conscience dans votre rêve. Vous pourrez alors en changer le scénario et faire en sorte que cette scène insoutenable s’arrête, ou qu’à l’inverse, ce soit votre maman qui mange le loup ! » Autres astuces utilisées dans de nombreuses cultures pour « nettoyer ses rêves » : se dire que ces mauvais rêves ne reviendront plus et glisser une pierre qui protège des cauchemars sous son oreiller, comme le quartz rose ou la pierre de soleil, boire des infusions de plantes relaxantes ou encore se servir d’huiles essentielles. Bien sûr, précise Marc-Alain Descamps, « ce ne sont que des adjuvants » 

Du rêve ordinaire au rêve de puissance

Si nous passons environ un tiers de notre vie à dormir, la majeure partie de nos rêves – pour peu qu’on s’en souvienne au réveil – ne trouve pas toujours de sens, et ne s’avère ni instructive ni révélatrice. « C’est ce qu’on appelle les rêves ordinaires ou nuls, bâtis sur des réminiscences banales de ce qu’on a fait les trois ou quatre jours précédents. » Et puis, il y a les songes, ces rêves positifs, « de beauté, de pouvoir ou puissance », nets, précis, expérimentaux, « avec une autre texture » qui nous mettent en contact avec des forces, des êtres, des éléments, des situations, des informations, auxquels on ne peut accéder en état de veille. « Ce sont ceux dont on n’oublie aucun détail, et qui nous réveillent exaltés, tremblants, avec le sentiment d’avoir atteint un autre niveau de réalité, exploré une autre dimension, explique Marc-Alain Descamps. Comme voler dans les airs, sauter en même temps toutes les marches d’un escalier, traverser les murs, marcher sur l’eau, parler aux animaux. Il y a aussi le rêve où l’on se voit sortir de son corps. Celui où on va parler avec un proche défunt et autres entités qui n’existent pas dans la réalité matérielle. Celui où l’on va anticiper l’avenir ou avoir une vision de vérité. Il y a aussi le rêve d’enseignements où vous pouvez rencontrer un maître, votre maître, qui vous transmettra un savoir dont vous n’avez a priori pas connaissance. 

Enfin, conclut-il, ces rêves de puissance peuvent aussi être créatifs. De nombreux artistes – peintres, écrivains, musiciens – ont rêvé d’une œuvre avant de la concrétiser. Des scientifiques aussi comme le chimiste allemand Friedrich August Kekulé qui a découvert ainsi la structure de la molécule du benzène. »Est-il possible de vivre une telle expérience sur commande comme on choisirait un beau voyage sur un catalogue de vente par correspondance ? « Les songes se méritent !, confie Marc-Alain Descamps. Vous pouvez en faire la requête mais il ne faut pas être dans la volonté, dans le mental. Il est essentiel d’être dans l’intention, surtout pas dans l’ego. Ensuite, il vous faut incarner ce désir. Comment ? Par exemple en inventant une danse ou un slam où vous allez répéter, pendant un quart d’heure, votre demande. Vous pouvez aussi l’écrire en grand et contempler cette phrase chaque soir en vous endormant. Si vous voulez voir apparaître un proche défunt en rêve, regardez sa photo et demandez-lui aussi. 

La patience est de mise car ce rêve peut se réaliser trois mois plus tard ! Détail important, il ne faut pas avoir sombré dans l’alcool, ni être dans la goinfrerie, ce sont deux ennemis des rêves positifs ! Si votre rêve de puissance ne se présente toujours pas, demandez-vous alors si c’est bien votre voie. Dernier conseil : l’ensemencement : raconter vos rêves sur un dictaphone et les réécouter régulièrement le soir avant de vous coucher. Ainsi, vous sèmerez des graines dans votre inconscient qui, en germant, vous ouvriront l’accès à d’autres mondes. »

 

Source INREES

Publié dans:REVES |on 16 juillet, 2014 |Pas de commentaires »

Les rêves, nos alliés de nuit

 

Loin d’être des fantaisies inutiles, nos rêves nous parlent. Ouvrir le dialogue avec eux, c’est se donner la possibilité d’évoluer. Par Pascale Senk

images (2) « C’est vraiment étrange. Cette nuit, dans mon sommeil, je retrouvais mon père, mort il y a quinze ans. Il était sans rides, jovial, en pleine forme. Nous avions une longue conversation, et ce matin, je me suis réveillée avec une belle énergie, comme renouvelée. ». « Moi, j’entrais dans une maison et je découvrais encore et encore des pièces inhabitées… »

Ces dialogues de rêveurs étonnés, nous en avons tous. Avec nos conjoints, nos collègues, nos enfants… A chaque fois, celui qui nous raconte l’un de ses rêves nous fait un cadeau. Il nous révèle une part extrêmement intime de lui. Peut-être la plus intime et la plus libre : gratuite, poétique, non contaminée par les règles, les conventions sociales ou les attentes des autres, cette « seconde vie » onirique, comme disait le poète Gérard de Nerval, est un pur produit de notre être profond. Et un formidable outil d’évolution et de connaissance de soi.

Protecteurs des rêveurs

Messagers des dieux grecs, inspirateurs des prophètes ou des grands chefs indiens, nos récits oniriques ont toujours été perçus comme des guides bénéfiques. Freud, puis aujourd’hui certaines études scientifiques, confirment qu’ils sont des « contenants » réellement nécessaires à notre survie. « Gardiens du sommeil » pour l’inventeur de la psychanalyse, ils nous aident en premier lieu à rester plongés dans le repos. Ainsi, rêver qu’il boit à une source d’eau fraîche évite à celui qui a soif de se réveiller.

Notre vie onirique nous permet aussi de recycler, trier, éliminer certaines informations accumulées lors des événements de la journée. Grâce à nos rêves, nous rejetons le superflu, dégageons nos priorités. Et assouvissons enfin, si l’on en croit Freud, nos désirs les plus inavouables. De quoi nous reconstruire et partir d’un bon pied chaque jour, en quelque sorte.

Surtout, les rêves semblent avoir le pouvoir de nous mettre en contact avec une réserve de connaissance ancestrale et universelle. Pour les Aborigènes, les visions oniriques préexistent d’ailleurs au rêveur. Elles sont « avant » lui et fondent l’univers. « Nous disposons dans nos rêves d’un fonds de connaissances beaucoup plus vaste que celui que nous possédons à l’état de veille », affirme le psychanalyste Guy Corneau. La preuve : nous découvrons parfois dans notre sommeil des symboles ou des mots que nous ignorons ou n’utilisons jamais consciemment.

Des images venues de la nuit des temps

Freud appelait ces éléments qui ne sont pas individuels ou liés à l’histoire singulière du rêveur des « résidus archaïques ». Jung, lui, les nommera « archétypes ». Ces « formes psychiques qu’aucun incident de la vie ne peut expliquer semblent être innées, originelles et constituer un héritage de l’esprit humain (In Essai d’exploration de l’inconscient, Gallimard, “Folio”, 1988) ».

L’inventeur de l’inconscient collectif l’a observé en particulier auprès des enfants. Une petite fille de 10 ans avait raconté plusieurs rêves à son père, un patient de Jung. Y apparaissait une « bête malfaisante, un monstre à forme de serpent avec de multiples cornes ». Jung découvrit que ce « serpent à cornes » n’avait été mentionné qu’une seule fois, dans l’alchimie latine du XVIe siècle. Comment l’enfant pouvait-elle avoir eu accès à cette image ?

Produits de notre « psyché vertigineusement ancienne », comme disait Jung, ces images sont des représentations instinctives venues de la nuit des temps et transmises de génération en génération. Figures du serpent, des frères ennemis, du labyrinthe, de l’eau, du soleil… Nourris de mythologies, de religions, le plus souvent universels, ces symboles viennent peupler nos rêves au milieu de nos préoccupations professionnelles ou affectives du moment. Et apportent sur celles-ci un éclairage nouveau.

Les dictionnaires et clés des songes de tous bords tentent de réduire ces images à une simple signification : « ça » ou « ça ». Ils ont tendance à laisser croire qu’il existe un « prêt-à-interpréter » comme il y a un prêt-à-porter pour tous. En réalité, et toute personne en analyse le vérifie à chaque fois qu’elle associe un détail de son rêve à une figure mythologique (Œdipe en est bien une…), c’est dans le dialogue qu’elles ouvrent entre universel et singulier, entre inconscient et conscient, entre savoir de l’humanité et interrogations personnelles que ces images deviennent fécondes et inspirantes.

Des facteurs de création

En ce sens, il est impossible d’affirmer que tel rêve est positif ou négatif (même nos cauchemars les plus affreux font affleurer à la surface des angoisses qui, refoulées, nous empêcheraient d’avancer). Les images de nos scénarios oniriques ont toujours plusieurs sens, et c’est le travail d’association et d’interprétation qui nous permet de mieux comprendre et d’évoluer. La plupart des thérapeutes et conseillers en développement personnel nous incitent à tirer profit de nos rêves en établissant un dialogue régulier avec eux via des carnets de rêves, des journaux intimes…

Si une image ne prend son sens qu’au milieu des autres, un rêve ne délivre en effet son message que dans sa continuité avec les rêves précédents ou suivants d’un rêveur particulier, ainsi que l’observait Jung.

Pour Guy Corneau, ce sont les rêves du matin, ceux que nous avons en phase de sommeil paradoxal, qui peuvent le plus nous aider. Ce sont d’ailleurs ceux dont nous nous souvenons le plus facilement. « Ils sont à la fois les plus symboliques et les plus près de nos préoccupations conscientes, car nous commençons à nous préparer pour le jour qui arrive. L’inconscient propose alors son angle créateur et élargit le point de vue de la conscience sur les problèmes que nous rencontrons. » Certains font ainsi l’expérience d’un rêve qui les remet sur la bonne voie, celle qui est juste pour eux.

Raconter ses rêves à un autre est un premier pas. Ecouter ceux des autres est aussi enrichissant, même si le récit détaillé de notre interlocuteur peut nous ennuyer (parce que ce ne sont pas « nos » visions, « nos » images, et que nous avons donc moins d’émotions à leur contact). Mais le vrai bénéfice vient d’un lien approfondi et régulier avec nos visions personnelles.

« Soyons attentifs à nos images oniriques singulières, invite la thérapeute américaine Patricia Garfield. Méditons-les, suivons leur développement à travers notre journal de rêves, concrétisons-les à l’état de veille, intégrons-les dans notre moi conscient, et notre personnalité viendra ainsi à s’épanouir ». Alors peut-être nos jours seront-ils réellement plus beaux… grâce à nos nuits.

Le bréviaire du bon rêveur

Pour construire une relation plus intime avec ses songes, il faut d’abord s’en souvenir, puis les interpréter. Quelques pistes pour y arriver.

• En vous couchant, répétez-vous : « Je veux me souvenir d’un rêve demain. »

• N’interrompez pas volontairement votre sommeil. Mais soyez prêt à griffonner quelques mots dès votre réveil ou dans la nuit. Pour ce faire, posez sur votre table de chevet un cahier ou un magnétophone.

• Plus tard, reprenez ces notes succinctes pour écrire précisément le récit du rêve dans un carnet dédié. Comptez un petit quart d’heure. Ne vous souciez pas du style. Tâchez de détailler la description des événements et de ce que vous avez ressenti. Datez et titrez.

• Interrogez-vous sur la signification de vos songes : compilés dans un journal, ils devraient rapidement faire apparaître des situations ou des thèmes récurrents.

• Astreignez-vous à répéter cet exercice régulièrement. C’est avec le temps et l’expérience que des clés vous apparaîtront et que vous pourrez mieux comprendre vos rêves.

• Evitez les antidépresseurs et les somnifères. Il est également recommandé de ne pas consommer de caféine ou d’alcool moins d’une heure avant le coucher.

A lire

Le Livre des rêves de Sylvain Michelet, Roger Ripert et Nicolas Maillard. 
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur vos voyages nocturnes (Albin Michel, 2000).

Mille et Une Façons de décoder nos rêves de Tony Crisp. 
Une lecture moderne de notre vie relationnelle telle qu’elle apparaît dans nos rêves (Editions Contre-Dires, 2006).

Publié dans:REVES |on 17 juin, 2014 |Pas de commentaires »

Rêves : des images à messages

 

Personnages, lieux, objets… les images que nous rencontrons aux cours de nos nuits ont-elles une signification ? Oui, si l’on sait lire ces symboles et en faire les déclencheurs d’une réflexion personnelle. Premiers pas pour se lancer.

Flavia Mazelin-Salvi

images (7)Un animal, une voiture, une liasse de billets… Chacun de nos rêves s’articule plus particulièrement autour d’une image. Puisées à la fois dans l’histoire singulière du rêveur, mais aussi dans son environnement culturel – « l’inconscient collectif », selon Jung –, ces images « dominantes » symbolisent ses désirs, besoins ou préoccupations les plus fortes du moment.

L’écrivaine et journaliste Hélène Renard, spécialiste des rêves, a mis au point une méthode originale d’interprétation nourrie de psychanalyse et de symbolisme. Comme base de travail, elle propose au rêveur de se dire au réveil : « J’ai fait un rêve de… » Spontanément, des réponses s’imposent : « d’animal », « d’argent », « de tunnel »… Ce sera l’image dominante. Lorsque plusieurs images fortes se chevauchent, elle recommande pour y voir plus clair de titrer le rêve. Par exemple, vous avez rêvé de chat, de voiture et de voyage. Quel titre choisiriez-vous ? Si c’est « Le chat qui part », c’est cela qui dominera dans votre interprétation.

Ces images dominantes sont des clés offertes au rêveur pour gagner en connaissance de soi, pour mieux comprendre les émotions et les désirs qui le traversent. Elles donnent le « la » de chaque rêve et la direction fondamentale de l’interprétation. Nous avons choisi de vous présenter les sept thématiques les plus récurrentes selon Hélène Renard, et les questionnements qui peuvent en découler. Ce ne sont que des pistes pour vous interroger, mais vous saurez en trouver d’autres, plus personnelles et liées à votre actualité. Car chacun sait intuitivement quelles zones de sa vie « ses » images viennent éclairer.

La maison

Symbole de notre vie intérieure, elle représente à la fois le corps et la vie psychique du rêveur. Sa représentation onirique correspond donc à la façon dont vous vous percevez globalement. Délabrée, en désordre, elle peut indiquer que vous traversez une période de vie « brouillonne », et que vous devriez peut-être interroger vos habitudes, vos relations, votre hygiène de vie…

Evoluer dans une maison inconnue peut révéler une certaine méconnaissance de soi : quels pans de votre histoire, quelles facettes de votre personnalité laissez-vous dans l’ombre ? De la même façon, des pièces vides peuvent évoquer des ressources personnelles qui ne sont pas encore explorées. A chaque pièce correspond également un symbolisme particulier. La cuisine est le lieu par excellence de transformation et d’évolution, c’est dans cette pièce que la matière brute est travaillée et raffinée. Elle suggère qu’un changement est sans doute nécessaire pour avancer. On peut aussi lire dans cette image une invitation à se montrer plus actif et plus entreprenant dans sa vie personnelle.

L’apparition de toilettes peut évoquer une nécessité de se libérer. Qu’est-ce qui, dans votre vie, devient étouffant et demande à être évacué ? Quelle croyance, quelle émotion, quelle relation ? La salle de bains, lieu de nettoyage et de purification, peut exprimer chez le rêveur le désir de nettoyer une partie de sa vie pour gagner en énergie vitale. S’agit-il d’un mode de vie à aménager différemment, d’une relation à clarifier ?
La chambre à coucher évoque quant à elle, sans surprise, les relations conjugales et sexuelles.

Le corps

Plus que le corps tout entier, c’est généralement une de ses parties qui est mise en scène dans un rêve. La première question à se poser est très basique : à quoi sert cette partie du corps ? Parmi les images corporelles dominantes les plus fréquentes, on trouve les mains, les jambes, les dents et la gorge. Les mains sont à la fois un outil de communication et de contact (du simple bonjour à la caresse), et un outil de création.

Lorsqu’on les rêve mutilées, abîmées, attachées, sales, mordues, elles peuvent être une invitation à se questionner sur la qualité de sa vie relationnelle : multiplie-t-on les conflits ? Se sent-on maltraité ?… Mais aussi sur ses propres capacités créatrices : les ignore-t-on par méconnaissance de soi ? Les inhibe-t-on par manque d’assurance ?… Les jambes symbolisent généralement notre capacité à progresser et à trouver un équilibre. Bloquées, refusant d’avancer, elles traduisent une difficulté à faire des choix dans sa vie, à avancer ou encore à être indépendant.

Rêver que l’on perd ses dents est aussi angoissant que fréquent. Cela peut révéler un manque de « saine » agressivité, pour se défendre, pour s’affirmer, pour entreprendre. La peur de la perte renvoyant au manque de contrôle de soi peut aussi traduire une émotivité excessive. Enfin, la gorge concentre nos émotions et nos angoisses, ne parle-t-on pas de « nœud dans la gorge » ? Qu’est-ce qui vous empêche, dans votre vie, de respirer librement ? Les sensations d’étouffement, de gêne, de blocage, sont une invitation pour le rêveur à interroger tout ce qui peut faire obstacle à son bien-être émotionnel.

Les animaux

La première clé d’un rêve dominé par l’image d’un animal nous est donnée par la principale caractéristique de l’animal. Le chien évoque la fidélité, mais aussi l’instinct, qu’il soit maternel, de survie et de défense, ou sexuel. Un chien amical indique que vos instincts ne sont ni étouffés ni dominants. S’il est agressif ou menaçant, peut-être ces instincts sont-ils trop dominants ou trop refoulés. Les rêves de poursuite par des animaux inquiétants sont, en général, une façon d’attirer notre attention sur un problème que nous n’osons pas affronter.

Le chat, quant à lui, est souvent symbole du féminin, que l’on soit homme ou femme. Il peut inviter à s’ouvrir davantage à la dimension féminine de sa personnalité. Il évoque également la sexualité. Lorsqu’il est agressif, il peut signifier que la sexualité est vécue inconsciemment comme une agression.

Un peu plus inquiétants, l’araignée et le serpent s’invitent fréquemment dans nos rêves. La première, tissant sa toile et guettant sa proie, suggère l’idée d’un piège. Observez votre comportement face à l’araignée : la fuyez-vous, essayez-vous de vous en débarrasser ? Votre attitude, passive ou active, vous donnera une piste de réflexion sur la façon dont vous gérez les situations difficiles. Le serpent est l’une des figures principales de notre inconscient. Il peut évoquer le changement (le serpent mue) : êtes-vous en train d’entamer un nouveau cycle personnel, ou en ressentez-vous le besoin ? Il représente aussi la sexualité et, de manière plus large, la libido, c’est-à-dire notre énergie vitale.

La mort

Cercueil, enterrement, cimetière, défunts… Ces images très fortes sont, contrairement à ce que l’on peut croire, positives, car pour notre inconscient, la mort est signe de renaissance. Elles doivent donc être interprétées comme des incitations au changement, à l’évolution, voire à la métamorphose.

Ainsi, rêver de sa propre mort est souvent le signe que le rêveur est en train d’évoluer. Certaines parties de lui sont en train de perdre de leur vitalité pour laisser place à de nouvelles dimensions de son être. Si ces images peuvent générer angoisse ou anxiété, c’est simplement que le changement, même lorsqu’il est positif, fait peur. Dans la même perspective, le cimetière représente un lieu de régénération. Mais avant de goûter au « nouveau », il nous faut régresser une dernière fois vers l’ancien, c’est cet entre-deux que représente le cimetière.

Le bébé

Il symbolise le soi, c’est-à-dire notre être essentiel, celui qui est au-delà de notre ego. Ainsi, les rêves d’accouchement peuvent annoncer la naissance de cet être essentiel. Ce peut être, par exemple, un projet personnel important qui voit le jour, une nouvelle relation plus épanouissante, mais aussi une nouvelle façon d’être au monde, plus libre, plus consciente.

Si les beaux bébés, souriants et joufflus, symbolisent notre capacité à prendre soin de notre être essentiel, les bébés sales, tristes, négligés, suggèrent en revanche que le rêveur maltraite son être profond. Que négligeons-nous d’essentiel, quels besoins, quels désirs n’écoutons-nous pas ? Le bébé peut aussi évoquer la relation de couple : suivant son apparence et l’enjeu qu’il représente dans le rêve, il peut évoquer un lien satisfaisant ou problématique. Lorsqu’il meurt, sa mort peut indiquer une transformation de cette relation. Enfin, la métamorphose d’un bébé en petit animal peut traduire la difficulté du rêveur à laisser s’exprimer son instinct, qui a pu être étouffé par une éducation trop rigide ou trop intrusive.

La voiture

Elle symbolise la façon dont on conduit sa vie, ainsi que celle dont on se conduit dans la vie. Est-on plutôt enclin à la prudence ou au danger ? La voiture est-elle associée à des accidents ? En est-on la cause ou les subit-on ? Toutes ces questions peuvent vous aider à réfléchir sur la manière de mener sa vie et de se comporter avec soi-même et avec les autres. Conduisez-vous ? La voiture est-elle conduite par un autre ? Que ressentez-vous en tant que passager ou conducteur ? La place que l’on occupe dans la voiture révèle notre degré de dépendance ou d’indépendance.

L’argent

Billets, pièces sonnantes et trébuchantes, coffre… Ces rêves parlent de notre richesse intérieure. Si le rêve met fortement l’accent sur des images d’or ou d’argent, il faut y lire la tendance du rêveur à se dévaloriser. Quelle valeur vous accordez-vous ? Savez-vous utiliser vos talents et vos compétences ? Il est important de prêter attention à ce que vous faites de ces billets, pièces ou objets précieux : les dépensez-vous, les cachez-vous ? Leur utilisation révèle la façon dont on néglige ou, au contraire, exploite ses ressources intérieures.

téléchargement (1)A lire

Petite Méthode pour interpréter soi-même ses rêves d’Hélène Renard, avec la collaboration de Nicola Otto.
Le processus complet d’interprétation mis au point par cette spécialiste des rêves, (Albin Michel, 2004).

Publié dans:REVES |on 15 juin, 2014 |Pas de commentaires »

Connaissance du rêve

Dans l’Antiquité, la divination était la voie souveraine pour éclairer le mystère de la destinée. Elle était un mode de lecture de la réalité, une manière de « voir » dans un monde où la vision constituait le premier mode de connaissance. Même au cœur du rêve…

images (1)

Le rêve est à la fois l’expérience la plus commune aux hommes et la plus mystérieuse. Une étude sérieuse du rêve exigerait la prise en compte de tous les domaines de la connaissance. Rien de ce qui concerne l’homme n’est étranger au rêve et réciproquement. Connaître l’homme c’est le connaître dans ses rêves et par ses rêves. Même logique pour la folie. Rêve et folie, deux domaines où la raison semble repoussée, provoquée jusqu’en ses derniers retranchements, deux domaines où les lois de la physique, les logiques temporelle et spatiale, sont inopérantes. Même les lois de la morale paraissent bafouées ou sont inconnues. Depuis le XIXème siècle jusqu’à aujourd’hui la science positiviste représentée par la neurophysiologie et la psychologie cognitiviste ont fait entrer le rêve dans leurs laboratoires de recherche. Une fois de plus (cela avait déjà commencé avec les théories sur la folie), l’un des derniers bastions de l’humanité – c’est-à-dire l’un des derniers lieux où l’homme peut être considéré comme spécifiquement humain, l’homme même, l’homme en tant qu’homme – est attaqué avec force. Le rêve est passé au gril de l’expérimentation, il est soumis aux grilles de l’interprétation physico-psychologico-chimique. Mais parle-t-on vraiment du rêve ? En quoi l’activité électrique enregistrée pendant le sommeil nous enseigne-t-elle sur le rêve ? Quelle confusion ! De la même façon que la psychologie contemporaine confond la pensée et les fonctions cognitives, la neurophysiologie confond le rêve et l’activité cérébrale électrique et biologique. Cette confusion participe d’un mouvement plus ample qui finira par la transformation de l’homme en un automate, l’animal-machine dont parlait Descartes.

Transposée dans le domaine de l’art, la question du lien entre le rêve et l’activité électrique cérébrale, pourrait s’exprimer en ces termes : l’étude du pigment de la peinture ou l’analyse du bois utilisé pour le tableau nous disent-elles quelque chose sur le sourire de la Joconde ? L’activité électrique et chimique du cerveau dormant est également présente chez grand nombre d’animaux, mais qu’en est-il du rêve ? L’animal rêve sans doute, mais nous ne parlons pas de l’expérience onirique propre à l’homme ; l’animal communique mais il ne parle pas… Essentielle, ancienne et toujours moderne question : « où est l’homme ? ». Différence de nature ou de degré entre l’homme et l’animal ? Le regain d’intérêt pour la question rêve réactualise ce débat. Les questions posées par l’étude du rêve appartiennent tout autant à la philosophie, la physiologie, la psychologie, l’ethnologie, la théologie etc. Elles trouvent des résonances et des réponses dans la littérature, la poésie, l’art. Elles invitent à ouvrir notre horizon : comment était appréhendé le rêve pendant la préhistoire, dans l’Antiquité, au Moyen-âge, comment est-il conçu aujourd’hui ? Quels domaines de réflexion et d’action ne seraient pas concernés par le rêve ? Je dis : aucun !

L’information simplette selon laquelle un homme âgé de plus de 70 ans aurait passé au moins cinquante mille heures de sa vie à rêver, c’est-à-dire six années pleines, nous éloigne de la réalité du rêve en diminuant son importance, en la réduisant à la seule expérience onirique durant le sommeil. En fait, l’homme passe la plus grande partie de sa vie à rêver. Ainsi, écoutant attentivement son professeur, l’étudiant passe, par intermittence, la plus grande partie du cours dans cette autre dimension qui sans aller « jusqu’à la lune » le transporte dans un ailleurs fait de souvenirs, de désirs, de craintes ou de plaisir. Passons-nous la plus grande partie de notre vie dans la lune ou sur terre ? La métaphore est tentante, mais il est plus juste de dire que nous passons notre temps entre les deux, dans le trajet. Nous passons tous, le plus souvent à notre insu, une majeure partie de notre temps entre les deux rives de l’ici et du là-bas. Cet entre-deux est le lieu où se joue la condition humaine ; nous ne sommes ni des automates complètement absorbés dans notre action, ni des spectres totalement étrangers au monde sensible. La condition humaine se joue dans ce mouvement, va-et-vient comme une danse, entre les deux réalités, réalité de l’ici et maintenant et réalité du là-bas et intemporel. Mouvement permanent évoqué par l’étymologie du verbe rêver, de l’ancien français desver « perdre le sens », esver « vagabonder » rattaché au latin populaire exvagus « qui va à l’aventure, qui erre ça et là ». Les langues germaniques proposent une racine différente mais l’idée du mouvement est toujours là : la racine draugr (Traum en allemand, Dream en anglais) désigne un mort qui revient hanter les vivants. Il y a donc ce lien fort qui unit le rêve au monde de l’au-delà. Dans les ouvrages anciens, scientifiques ou littéraires, philosophiques ou religieux, le mot songe est plus souvent usité. Du latin somnium « rêve », le songe est aussi utilisé pour désigner « une chimère, l’extravagance ». Au XVème siècle, « songer » signifiait « laisser errer sa pensée », puis « penser », « réfléchir » (quand je songe que….). Le rapprochement paronymique a souvent été fait entre songe et mensonge. Le passage du mot songe au mot rêve (utilisé plus couramment à partir du XVIIème siècle) est contemporain d’un nouveau regard porté sur le rêve, regard à la fois plus physiologique et plus psychologique. Bien que ce changement de perspective ne soit pas le fait d’un seul homme, il peut être illustré par le philosophe Descartes qui d’une part, situe ce point de perspective à l’endroit même du cogito et d’autre part décrit, dans son Traité de l’homme (1633), une physiologie du rêve hors de toute approche surnaturelle et hors de toute dimension collective, qui considérerait, le rêve comme un savoir extérieur, un lien avec une parole extérieure. Depuis Descartes, la pensée est confondue avec la conscience : je pense donc je suis. Cette nouvelle perspective est contemporaine des découvertes de l’optique avec Kepler et de ses implications dans l’ordre de la connaissance et de la compréhension. Il est bien loin le temps où le poète grec, Pindare, pouvait dire : « L’homme est le rêve d’une ombre ». Dans l’Antiquité et en raison de sa part divine, l’homme est à la fois inaccessible comme une ombre qui se dérobe, et tellement prévisible dans l’ordre de sa destinée. La divination était la voie souveraine pour éclairer le mystère de cette destinée. Elle était un mode de lecture de la réalité, une manière de « voir » dans un monde où, justement, la vision constituait le premier mode de connaissance. Même au coeur du rêve… les Grecs ne disaient pas « j’ai fait un rêve », mais « j’ai vu en rêve »…

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Publié dans:REVES |on 29 mai, 2014 |Pas de commentaires »

Une fenêtre sur la mort

 

Dans certaines traditions, le rêve est une pratique spirituelle. Pour le bouddhisme tibétain, qui comporte une pratique de yoga du rêve, apprendre à rêver, c’est apprendre à mourir.
Une fenêtre sur la mort dans REVES mandala

Lors de l’enquête sur les frontières de la mort que j’ai menée suite au décès accidentel de mon frère (1), je me suis intéressé au Livre des morts tibétain, le Bardo-Thodöl (2). En le lisant, puis en interrogeant des maitres tibétains à son sujet, j’ai été frappé par le rappel régulier qui est fait dans le bouddhisme de la similitude entre les états que l’on traverse dans les rêves et ce que l’on serait susceptible de « rencontrer » au moment de la mort.

Le terme « bardo » ne désigne pas spécifiquement « la mort » mais veut littéralement dire « état intermédiaire »,« moment », ou « intervalle ». Il est utilisé pour évoquer en fait une « période de transition ». Le bouddhisme distingue six « périodes de transition », six bardos différents. Ainsi, la conscience se manifeste dans les trois « bardos de la vie » qui sont : la période de l’existence consciente, le rêve, et la méditation, et également dans les trois « bardos de la mort » qui sont : l’instant de la mort, la première étape du bardo de la mort et la seconde qui conduit vers la renaissance.
A l’image de ce qui se produit dans les rêves, lorsque nous sommes dans l’un de ces bardos, nous croyons être dans la réalité. Cette croyance nous emprisonne et nous lie aux conditions présentes dans ce bardo.
« Si nous n’avons pas conscience que nous sommes en train de rêver, nous pouvons être submergé par ce qui se produit dans le rêve » (3) explique Rob Nairn dans son livre Living, Dreaming, Dying, wisdom of Tibetan psychology. Il poursuit : « Au début, le rêve nous contrôle parce que nous ne le voyons pas pour ce qu’il est, nous ne l’avons pas nommé pour ce qu’il est. Alors la conscience est dominée par cet état de rêve qui est autonome. Lorsque nous reconnaissons être en train de rêver, nous sommes libres, et pouvons faire ce que nous voulons, voler dans les airs, passer à travers les montagnes, changer les paysages, changer les monstres en anges, parce que ce rêve est le nôtre, nous avons mis fin à son autonomie et intégré son pouvoir. » 

La mort, le rêve ultime

L’auteur souligne le parallèle qui existe entre l’expérience du rêveur submergé par son rêve et l’expérience que nous faisons en état d’éveil « lorsque nous ne parvenons pas à regarder nos névroses pour ce qu’elles sont, elles demeurent autonomes et conservent leur capacité de submerger la conscience. Dès qu’il y a prise de conscience il y a début de la liberté. » Ayant reconnu les illusions du rêve, l’esprit du rêveur cesse d’en être le jouet, pour en devenir le maître. Le même processus est à l’oeuvre au moment de la mort…

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La suite du dossier « Rêves : Où nous emmènent-ils ? »
Publié dans:REVES |on 15 mai, 2014 |Pas de commentaires »

Le pouvoir des rêves

 

  par Denise Cardinal

images (1)Le rêve permet un éveil intérieur sur tous les plans, du physique au spirituel en passant par les émotions et l’intellect. Le rêve est la clé qui permet à notre esprit éveillé d’entrer en contact avec notre espace intérieur pour mieux comprendre le présent. Durant notre vie, nous passons en moyenne 25 ans à dormir et, au minimum, une dizaine d’années à rêver. Chaque nuit le rêve occupe en moyenne une heure et demie de notre sommeil. Y consacrer un moment au réveil devient une activité passionnante. De plus, cette activité matinale active des ressources intérieures telles que l’intuition, la créativité, le développement de la mémoire et la connaissance de soi.

En retrouvant le goût et l’amour du rêve,  chaque nuit devient une nouvelle aventure, un voyage dans l’infini, grâce auquel nous partons à la découverte de toutes nos richesses intérieures. On dit bien que les voyages « forment la jeunesse ». En profitant de ces voyages nocturnes,  nous ne nous sentirons plus jamais vieux, quel que soit notre âge.

Rêver est nécessaire à notre santé physique et mentale. « Le rêve est le sport de l’esprit et savoir préserver son rêve, c’est savoir aussi conserver sa jeunesse. Toutes les observations montrent que ceux qui ont su rester jeunes sont ceux qui caractéristique de la jeunesse. »1 Pierre Fluchaire Plus jamais fatigué, Éditions J’ai Lu, p. 102.

Il est important de comprendre l’importance des rêves, car il est prouvé que des personnes privées pendant quelques nuits de sommeil paradoxal la phase du sommeil avec mémoire de rêves deviennent irritables et anxieuses. Elles ont un comportement imprévisible et de la difficulté à remplir leurs fonctions, aussi simples soient-elles. Si cette situation se prolonge, la mémoire, la concentration et la capacité d’apprendre commencent à diminuer. L’alcool et les somnifères diminuent aussi le sommeil de rêves.

Pour tirer profit des rêves qui nous informent et nous conseillent dans nos choix, donnons-leur l’importance qu’ils méritent. Nos incertitudes sont nombreuses et nous ne cessons de nous poser des questions en rapport avec notre vie quotidienne : Quelle décision dois-je prendre ? Ai-je fait le bon choix ?  Comment réagir devant telle situation ?  En consultant les images envoyées par notre inconscient par le biais du rêve, nous recevons des informations sur des sujets qui nous préoccupent tels notre état de santé physique, notre équilibre émotionnel, mental et spirituel. Ces informations permettent de résoudre des problèmes parfois trop difficiles à aborder consciemment, mais qu’il nous faut affronter si nous voulons comprendre ce qui nous arrive.

Je vous souhaite des rêves inspirants.

 

Denise Cardinal 
Courriel: info@denisecardinal.ca

 

 

Publié dans:REVES |on 6 mai, 2014 |Pas de commentaires »

Les rêves de libération

 

  par Denise Cardinal

images (19)La nuit, grâce à nos rêves, nous nous libérons de nos peurs. Les doutes qui nous hantent durant le jour font place à des scènes de courage où nous nous retrouvons en tant qu’âme avec des possibilités infinies. Le lâcher- prise est une étape parfois difficile car nous aimons garder le contrôle sur notre vie. Avec les rêves de libération, la guérison s’effectue tout en douceur, et nous prenons conscience des changements intérieurs qui se sont opérés. « Tous et chacun, nous rêvons de briser les chaînes du ressentiment, de la jalousie, de la colère ou du désespoir qui nous lient aux autres. Nous souhaitons même voir disparaître les aigreurs, les dissensions et les guerres en nous et autour de nous ».  Marie-Lou et Claude Le Pardon, Éditions Un Monde Différent, p.15

En écrivant nos rêves nous évacuons de notre subconscient les émotions réprimées et les peurs inconscientes dues à des expériences traumatisantes vécues dans le passé. Le matin au réveil, nous pouvons aussi aider ce processus d’élimination par des affirmations positives, en répétant les phrases qui conviennent comme : Je mérite ce qu’il y a de mieux. J’apprends à faire confiance à la vie. Je suis déterminé à oublier le passé. Il est suggéré de répéter trois fois l’affirmation choisie, matin et soir. Pour obtenir de meilleurs résultats, il est préférable de l’écrire quinze fois tous les jours pendant 21 jours. Ainsi, l’affirmation prend racine dans notre subconscient.

Pour mieux bénéficier des rêves de libération, nous pouvons les valider en prenant conscience des changements intérieurs qui se sont effectués. Notre journal de rêves devient un outil précieux pour comprendre les transformations qui se sont opérées.

Les rêves de libération peuvent également être de nature compensatoire en venant équilibrer nos émotions. En effet, nous nous sentons souvent obligés de refouler toutes sortes d’émotions négatives que nous enfouissons dans notre cœur. Les situations de jour sont multiples pour les maintenir refoulées : un parent trop autoritaire, un patron exigeant, un collègue impoli. La notion de respect ou le désir d’éviter les tensions nous incite ainsi à taire nos sentiments et à accepter des situations qui nous déplaisent. Ces émotions peuvent générer des conflits intérieurs qui demeurent non réglés.

Les rêves compensateurs viennent à notre rescousse et nous libèrent de ces émotions refoulées. Ils sont même une bénédiction en survenant au moment où nous sommes prêts à assumer une nouvelle prise de conscience sans pour autant nous sentir coupables.

Denise Cardinal

Auteure de : Rêve et Mémoire, éditions Le Dauphin Blanc 2002 
Et : Les rêves n’ont pas d’âge, éditions   Le Dauphin Blanc, novembre  2009 

Publié dans:REVES |on 3 mai, 2014 |Pas de commentaires »

Paralysie du sommeil

entre rêves et réalités…

Imaginez que vous vous réveilliez, le corps bloqué, le souffle oppressé, la conscience inondée de perceptions étranges – dont celle d’une présence immatérielle à vos côtés. Plus courante qu’il n’y paraît, l’expérience a un nom: paralysie du sommeil. A quoi tient-elle ? Que faut-il en penser ? Que faire pour la dompter ?
Paralysie du sommeil dans REVES 553

« J’étais étudiant, raconte David Hufford, professeur au Penn State College of Medecine (USA). Epuisé par un bachotage intense, je m’étais couché tôt. Une heure plus tard, je me réveille ; j’entends un bruit de porte et des pas étouffés. Bizarre : j’avais fermé à clé. J’essaye de bouger, de crier. Impossible. Je commence à paniquer. Soudain, je sens une forte pression sur ma poitrine, quelque chose enserrer mon cou. Je n’arrive plus à respirer, je me dis que je vais y passer ! Puis mes muscles finissent par réagir, je saute du lit et m’enfuis. »

L’histoire paraît abracadabrante. Elle concerne pourtant, au moins une fois dans leur vie, 30 à 40% des gens.« Rien ne me préparait à ce type d’expérience, commente David Hufford. J’étais jeune, en bonne santé, ne consommais aucune substance. Je n’étais pas non plus particulièrement croyant, m’apprêtant plutôt à devenir un bon matérialiste. »

Entre rêve et réalité

Déstabilisants, parfois source d’angoisse, ces épisodes, isolés ou récurrents, sont connus de la science sous le terme de « paralysies du sommeil ». Premier point important, le blocage de l’activité musculaire est parfaitement normal pendant le sommeil : il évite qu’on vive physiquement ses rêves. Le trouble survient quand, par une sorte de mauvais timing, cette inhibition s’invite à un moment où la conscience n’est pas totalement endormie. Piégé entre sommeil et éveil, le cerveau perçoit un état qu’il n’est pas censé distinguer. « Ce processus biochimique est parfaitement compris, confirme David Hufford. Il explique l’impossibilité de bouger le corps, ainsi que la sensation de pression sur la poitrine et de manque d’oxygénation, liée au blocage involontaire des muscles respiratoires », sous l’effet de la panique.

Permet-il aussi d’expliquer les autres sensations ? Là-dessus, les scientifiques sont plus circonspects. « 80% des personnes ayant vécu une paralysie du sommeil témoignent de perceptions extraordinaires », rappelle David Hufford. Auditives, comme « des souffles, des voix, de la musique, des grincements ». Visuelles, via souvent la distinction d’une présence, sous la forme d’une ombre, d’un halo ou d’une masse sombre. « Certains disent la voir nettement, d’autres plutôt percevoir où elle est, où elle va, quelles sont ses intentions », précise David Hufford. D’autres impressions, encore, peuvent être évoquées : « J’ai vécu une dizaine de paralysies du sommeil lorsque j’étais étudiante, témoigne Patricia Serin, psychologue clinicienne.J’avais l’impression qu’une ombre s’approchait de moi jusqu’à me fixer puis m’attaquer. Parfois, en pleine agression, un bourdonnement m’enveloppait, je me sentais sortir de mon corps pour m’éloigner de cette violente intrusion. J’atterrissais une fois l’entité partie, avant de plonger d’épuisement dans un sommeil profond. »

 
Pour Allan Cheyne, professeur de psychologie à l’Université de Waterloo (Canada), qui a étudié plus de neuf mille cas, ces perceptions s’apparentent biologiquement aux rêves. « Cheyne explique que deux mécanismes cérébraux interdépendants gèrent notre sommeil, décrypte Patricia Serin. L’un nous permet de nous réveiller, l’autre de nous maintenir en état de rêve. Lorsqu’ils ne fonctionnent pas correctement, le premier n’inhibe plus le second, et l’on se réveille sans cesser de rêver. » Mis en alerte brusquement, inquiet de sentir le corps paralysé et la respiration oppressée, le cerveau nourrirait l’activité onirique d’images internes, représentatives de nos peurs.Mais alors, comment se fait-il que les visions induites par les paralysies du sommeil convergent tellement ? Les rêves, eux, varient énormément d’un individu à l’autre !

Selon David Hufford, qui a étudié le sujet pendant trente ans, dans plus de douze pays, ces similitudes ne peuvent être le fruit d’une influence culturelle. « Les témoignages concordent partout dans le monde, à toutes les époques », rappelle-t-il. Au point que la paralysie du sommeil se retrouve dans les folklores d’Orient et d’Occident, sous forme d’une vieille sorcière en Amérique du Nord, d’un démon mâle ou femelle en Europe du Sud, d’une kanashibari au Japon, d’un djinn au Maroc, d’un elfe en Europe du Nord… « Aujourd’hui, ces légendes sont aux oubliettes, mais des gens continuent de vivre ce type d’expérience. Elles ne sont donc pas le fruit de croyances. »
Ni de troubles neurologiques. Car si certaines prédispositions favoriseraient le déclenchement de la paralysie du sommeil, « aucun processus physiologique connu n’est capable de produire des contenus hallucinatoires aussi complexes »Autre hic : l’expérience est bien réelle. Tous ceux qui la vivent disent s’être sentis aussi lucides qu’en état de veille. Et tous s’en souviennent parfaitement le lendemain – ce qui n’est pas le cas des rêves.

« Les travaux de l’anthropologue Michael Winkelman suggèrent que les humains sont câblés pour voir des esprits, indique Ryan Hurd, auteur d’un guide sur la paralysie du sommeil. Nul ne sait s’ils sont des représentations mentales, symboliques, fomentées par notre inconscient pour nous passer un message, ou s’ils ont une existence propre, extérieure à nous. Mais le vécu, lui, est authentique. » 
Alors de quoi s’agit-il ? « Etat modifié de conscience », répond David Hufford, comme ceux qu’on atteint parfois volontairement par l’hypnose, la transe, les psychotropes ou la méditation intense. « On ne dispose pas d’une cartographie précise de ces états, mais on sait qu’ils existent. » Dans ces moments, le cerveau serait capable de capter d‘autres champs vibratoires et de percevoir d’autres dimensions du monde, différentes à la fois de l’univers du rêve et de la réalité matérielle ordinaire. Moteur de ce processus : une certaine sensibilité. Innée chez certains, elle peut émerger chez d’autres dans ces moments où la vie nous submerge, où une brèche se crée dans nos systèmes de défense habituels : suractivité physique ou intellectuelle, horaires chaotiques, retard de sommeil, anxiété, mort d’un proche, naissance d’un enfant, passage à l’âge adulte, crise de la cinquantaine, problème professionnel, difficultés socio-économiques, changement d’environnement… « J’ai remarqué que ça m’arrivait surtout lorsque j’étais stressée ou fatiguée », note ainsi Leila, victime de paralysies de sommeil depuis trois ans.
Jusqu’à révéler, parfois, des malaises plus profonds. « Les troubles post-traumatiques peuvent promouvoir la paralysie du sommeil », indique le psychiatre Devon Hinton dans un article de Sciences News – par exemple chez les victimes d’abus sexuels ou les rescapés d’actes violents. « En plongeant dans l’inconscient, la psychanalyse peut proposer des explications à des paralysies du sommeil régulières, telles qu’un refoulement, un déni, une phobie, une tendance à l’hystérie, la paranoïa ou la dépression », ajoute Patricia Serin.

Voie de transformation

Si ça vous arrive, pas de panique. « Vous n’êtes ni fous, ni maudits ! rassure Hufford. Par méconnaissance, beaucoup de psychiatres, devant de tels symptômes, concluent à un épisode psychotique. Savoir que la paralysie du sommeil est courante, qu’elle peut arriver à n’importe qui, l’inscrit dans une normalité. »

Qu’on soit convaincu d’être harcelé par des esprits ou qu’on jette sur l’expérience un regard très rationnel, l’important est d’abord de retrouver confiance dans sa capacité à surmonter le trouble. Puis d’envisager la paralysie du sommeil comme la manifestation d’un déséquilibre, une invitation (certes musclée) à l’identifier et tenter de le résoudre. « Le poète Robert Bly décrit ces ombres comme tout ce qu’on évite de regarder en face, tels un trait de caractère, une histoire personnelle ou collective, une situation difficile, commente Ryan Hurd. Ces visions ne s’invitent pas dans nos nuits pour nous faire peur, mais pour être entendues. »
Jusqu’à en faire, pourquoi pas, une opportunité de transformation personnelle. « Les paralysies du sommeil sont perturbantes mais pas dangereuses, témoigne Jean-Christophe Terrillon, professeur au Japan Advanced Institute of Science and Technology. A moins d’être cardiaque au point de succomber à la panique, elles sont sans conséquence physiologique. Explorer la peur qu’elles suscitent conduit à un changement psychologique radical, d’un état défensif à une attitude courageuse d’observation et d’apprentissage. » Ce que Patricia Serin appelle « une voie d’accomplissement de soi », dont il faut « apprendre à utiliser les ressources pour se transcender ».OK, mais comment ? « Sur le moment, le premier réflexe, qu’on soit religieux ou non, est souvent de prier », observe David Hufford. Sous une forme ou une autre, concentrer son esprit sur des choses positives et rassurantes semble assurément une première clé. Dieu, le Dalai Lama, votre mère, votre copain, peu importe ! « Vous pouvez aussi imaginer un cercle d’amour tout autour de vous, propose Ryan Hurd. Ça semble ridicule, mais ça marche. »

Le plus important : se calmer. « Qu’on pense rêver ou être éveillé, il s’agit d’admettre qu’on vit une paralysie du sommeil, qu’on va s’en sortir, recommande Patricia Serin. La peur active dans notre cerveau deux types de réaction : se battre ou fuir. Impossible dans une paralysie du sommeil, puisque le corps est bloqué ! On passe alors en mode terreur. » Pour l’évacuer, il faut « reprendre aussi tranquillement que possible la maîtrise de sa respiration, en l’amplifiant et en la ralentissant », visualiser une partie précise de son corps – comme le bout de ses doigts ou de ses orteils – puis essayer de les faire bouger.
Et, si l’on estime être attaqué par une entité, « s’affirmer face à l’intrus, en exigeant qu’il parte et ne nous dérange plus », préconise Patricia Serin. « Dans cette expérience, nous ne sommes pas des victimes passives, estime aussi Ryan Hurd. Le corps est bloqué, mais le reste est modelé par nos peurs et nos pensées. Si le visiteur se fait insistant, demandez-lui ce qu’il veut, comment vous pouvez l’aider. Face à cette présence, soyez curieux, ouvert mais ferme. Si vous êtes dans l’acceptation et la confiance, l’expérience se métamorphosera. La nature reflète le visage que l’on tourne vers elle. »Une fois la crise passée, pour éviter qu’elle recommence dans la foulée, David Hufford conseille d’allumer la lumière, « se lever, boire un verre d’eau », voire faire quelques exercices avant d’aller se recoucher, « mais pas sur le dos ! Les trois-quarts des paralysies du sommeil surviennent quand on dort dans cette position »Patricia Serin, elle, recommande de noter sur un carnet les détails de l’expérience, les émotions ressenties, le contenu de la journée précédente, afin de mieux l’apprivoiser. « Seul ou avec un psy, on peut ensuite associer avec d’autres vécus, des souvenirs, des traumatismes. Le fait de pouvoir en parler représente déjà un grand soutien. »

Au-delà, pour tous les spécialistes, les paralysies du sommeil régulières doivent inviter à repenser son mode de vie. Exit les drogues, l’alcool et les excitants. Exit les pics de stress, les nuits trop courtes, les retards de sommeil accumulés. Exit les activités stimulantes avant d’aller se coucher. Au programme : régime alimentaire équilibré, chambre paisible et fraîche, volets formés (la lumière favorise le phénomène), soirées calmes, activités permettant de se poser, de se reconnecter à son intériorité, d’exprimer sa créativité… Certains affirment même devenir suffisamment sereins et ancrés face à l’expérience pour en faire un tremplin vers d’autres dimensions. « Leur terreur initiale se transforme progressivement en excitation ou en ravissement », confirme Allan Cheyne, notamment lorsque la paralysie du sommeil ouvre vers un rêve lucide ou une sortie hors du corps (maîtrisée)… Autant d’états modifiés de conscience qui « questionnent deux siècles de postulats sur le nature non-empirique et non-rationnelle de la spiritualité », conclut David Hufford. 

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Publié dans:REVES |on 6 avril, 2014 |Pas de commentaires »
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