DELAISSEZ VOS PERSONNAGES ARTIFICIELS

 

Quand nous nous retirons d’une situation, le sentiment de perception cesse automatiquement. Mais il est important qu’il soit clair pour nous qu’en nous retirant ainsi de la situation, nous cessons également de nous rendre disponibles.

Pour ce faire, nous pouvons nous dire cette phrase intérieurement: « Je ne me rends plus disponible à ceci. » Nous partons parfois quand même avec l’espoir que l’autre souffre de notre départ et modifie son comportement. Ou encore voulons-nous, en mettant de la distance entre nous et l’autre, nous venger et obtenir réparation de notre souffrance. Nous partons avec une rancœur intérieure, et peut-être notre sentiment porte-t-il même un « Tu peux bien aller … ! » Ou encore, nous avons peur, craignant sans cesse que l’autre nous pourSUIve.

Faire tomber les masques

Nous réagissons violemment contre le vécu. Ou nous craignons que notre départ ne nous libère pas du tout. Dans tous ces cas, notre départ n’en est pas vraiment un. Nous restons avec nos déséquilibres, disponibles à l’autre et à la situation, et nous voulons absolument changer quelque chose en partant. C’est ainsi que nos sentiments désagréables persistent ou réapparaissent après de courtes périodes.

Un départ qui nous libère complètement de notre sentiment de perception doit en être un au cours duquel nous acceptons respectueusement la situation et ne voulons plus la changer. Nous devons totalement abandonner notre désir de changement – et ne pouvons le faire qu’en appréciant la situation et en la considérant telle qu’elle est. Ne donnant aucune valeur négative à la situation, nous partons simplement en nous disant intérieurement, comme un être équilibré, chaleureux, respectueux, reconnaissant et humble: « Je la considère comme elle est et je ne me mets plus à sa disposition. Je laisse les déséquilibres tels qu’ils sont. Ils ont une place dans mon cœur. » Je m’aide parfois de l’image suivante: une pièce musicale inachevée ou un poème appris à moitié que je laisse ainsi ont toujours leur place. Puis-je en sourire affectueusement?

Quand, dans un partenariat, l’autre perçoit notre recul dans un certain domaine et ne peut le gérer, il réagit presque toujours en créant une distance intérieure. Il est blessé ou il pense qu’il doit de toute façon s’éloigner quelque peu de nous. Tout cela est perçu au niveau des sentiments. Puis, cela se manifeste par notre capacité à nous retirer avec affection, par un sentiment de distance ensuite ressenti par l’un et l’autre – et souvent, par une mauvaise conscience.

J’ai souvent demandé à l’autre individu comment il gérait la situation. Il exprimait alors sa distance intérieure, et je pouvais lui expliquer que je ne prenais pas de distance, mais que je ne me rendais tout simplement plus disponible à la situation en question, tout en restant respectueux et ouvert envers lui.

Si la personne ne peut comprendre ou accepter notre explication, nous devons alors considérer sa distance et son sentiment de distance pour ce qu’ils sont. Si elle peut la concevoir et s’ouvrir à nouveau, alors notre recul est ressenti de façon plus agréable. Cela survient quand il y a compréhension mutuelle, sans distance intérieure, avec une ouverture d’esprit mutuelle et chaleureuse.

Mais dès que nous cédons à la rancœur ou à d’autres sentiments du genre, notre premier sentiment de perception désagréable persiste, parce que nous restons en contact avec cette perception et disponibles à celle-ci. Nous combattons. Peut-être cela arrive-t-il pour que nous allions plus en profondeur dans cette situation. Pour une raison, une partie de nous y reste attachée ou cherche encore quelque chose. Nous avons toujours des désirs de changement ou d’amélioration, sans pouvoir vraiment lâcher prise. C’est pourquoi nous sommes intérieurement encore ouverts et demeurons en résonance.

Chaque affrontement, chaque dénigrement à notre égard signifie que nous sommes devant une responsabilité non souhaitée. Mais comme nous nous imposons cette obligation, nous nous sentons libres de prime abord, pour autant que nous puissions triomphalement nous en sortir complètement par nous-mêmes. Nous nous disons: « Je ne suis plus disponible à cette obligation », et vient alors le soulagement. Le combat cesse, nous pouvons être ouverts et chaleureux. Et sans sombrer encore dans l’obligation, nous pouvons même nous occuper de l’autre avec affection. Nous avons le choix chaque fois. Voilà pourquoi la phrase « Je ne suis plus disponible » est faite d’amour pur. Elle nous ouvre à des attitudes et des sentiments chaleureux, qui ne viennent que de nous-mêmes, si nous ne nous mettons plus à la disposition de déséquilibres étrangers. Être chaleureux envers quelqu’un et se conduire chaleureusement ne veulent pas également dire s’attacher à cette personne. Beaucoup de gens entretiennent cette confusion et créent accessoirement des liens – et des sentiments d’obligation. Si vous n’arrivez plus à vous défaire de ces sentiments, vous commencerez, à un moment donné, à combattre ces liens. La décision de ne plus être disponible à ce sentiment de lien vous ramène alors à votre côté chaleureux et vous ouvre à autrui.

Cette phrase – Je ne suis plus disponible à ce sentiment de lien – me comble d’énergie et de bonheur. Quand je l’emploie de façon ciblée et respectueuse, je peux toujours choisir quand, à quelle fréquence, et pour combien de temps je me rends disponible. Tentez aussi l’expérience avec la phrase « Je ne suis plus disponible à ton désir de changement ». Comment vous sentez-vous après l’avoir formulée? Par ailleurs, et selon la situation, il peut être important de se rendre disponible au désir de changement de quelqu’un quand il s’agit de soutenir cette personne, d’établir avec elle une relation humaine pleine de compréhension, car une transformation peut réellement prendre place dans ce contexte. Il était bon de suivre votre sentiment de perception, de résoudre quelque chose grâce à votre aide et de vivre avec cette personne un heureux dénouement.

Vous avez toujours le choix.

Le bonheur naît quand nous avons un désir de changement, nous le vivons et nous parvenons avec succès à une transformation. Le bonheur naît également quand nous reconnaissons quelque chose ou quelqu’un comme il est, nous ne voulons plus le changer et nous nous sentons soulagés de cela.

La souffrance découle de notre volonté de changer ce qui ne peut l’être, du fait de nous sentir incapables de lâcher prise par rapport à notre désir de changement, de refuser de reconnaître les circonstances du moment (parce que nous n’avons pas encore pris le temps, peut-être, d’aller en profondeur dans ce désir de changement). La souffrance vient également quand nous avons un désir de changement, mais que nous ignorons comment le satisfaire (ici aussi cela dépendra de notre capacité d’approfondir le problème).

Le bonheur est au rendez-vous quand nous avons appris comment réaliser nous-mêmes ce désir de changement au bon moment, quand nous pouvons lâcher prise au bon moment par rapport à ce désir de changement, que nous pouvons le reconnaître tel qu’il est et au bon moment réaliser un nouveau désir de changement et de nouveau, que nous pouvons lâcher prise au bon moment … tout en sachant que tout vient à point nommé.

La souffrance naît parfois du fait de ne pas avoir appris une chose très importante, soit le lâcher-prise. Apprendre et se détacher de quelque chose, c’est atteindre un meilleur équilibre et faire l’expérience du bonheur. Le bonheur absolu, c’est connaître toutes ces connexions et pouvoir se dire à chaque situation: « Et ceci en fait également partie. » Même au plus profond d’une crise ou dans la pire douleur, je sais que cela aussi fait partie de ma vie, que cela montre la transformation éternelle et la perfection de l’univers. Je ressens ce savoir et cette foi en l’univers – malgré toutes les souffrances – comme le bonheur absolu…

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Extraits du livre : Je ne suis plus disponible, p. 88-105
Ariane Éditions, 2010 sur le blog de FRANCESCA http://channelconscience.unblog.fr/

Publié dans : DEVELOPPEMENT, LOI NATURELLE, MAITRISE, PEUR |le 9 août, 2016 |Pas de Commentaires »

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