LA MEDITATION BOUDDHISTE

 

La pratique de la méditation, si elle n’est pas universelle, a certainement été toujours largement répandue. Les chasseurs tribaux guettant le gibier, comme les méditants, demeuraient physiquement  immobiles et mentalement concentrés. Les chamanes de ces sociétés tribales méditaient de même dans la solitude lors de leur quête de la vision des esprits. Même à l’aube du bouddhisme existait une très grande diversité de pratiques méditatives. Mais toutes étaient fixées sur un même but : se libérer du samsara, la ronde sans fin des renaissances.

Tout comme les sages des Upanishad hindoues qui s’efforçaient d’identifier leur âme personnelle à l’âme universelle, les bouddhistes recherchaient l’absolu. Cependant, l’absolu bouddhiste n’était pas une absorption dans l’âme universelle, mais l’atteinte du nirvana, une condition intérieur du non-soi  ultime. La meilleur façon d‘atteindre cet état consistait à devenir moine, ce qui facilitait l’atteinte de la perfection morale. Non seulement les émotions de colère, de haine et de désir sexuel étaient considérées comme corruptrices, mais la vie émotionnelle elle-même pouvait troubler le processus méditatif.

Telle qu’elle est rapportée dans un long poème : Les Actes du Bouddha, la première méditation du Bouddha survient ors d’une sortie dans la forêt avec quelques compagnons de cour. L’expérience du futur Bouddha, aisée et naturelles, ’élève spontanément au contact de trois stimuli.

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Le premier est l’aspiration à la paix spirituelle.

Le second est la réaction compatissante du Bodhisattva à la vue des laboureurs, des bœufs épuisés et des petites créatures tuées par la charrue.

Troisièmement, la méditation a lieu quand le Bodhisattva s’est soudain séparé avec soulagement de ses compagnons, avec le désir intense d’atteindre la clarté de l’esprit.

Cette expérience se produisit avant son départ d la cour paternelle. Plus tard, quand après avoir renoncé au luxe de la vie, le Bodhisattva errant vint s’entraîner avec des maîtres de méditation, il fut vite capable d’atteindre les états de conscience correspondant aux plus hautes expériences de ses maîtres. Non satisfait de ce niveau, le futur Bouddha partit achever seul son Eveil.

Le Satipatthama Sutra (fondements de l’attention) est le plus célèbre des discours sur la méditation. Alors que le premier stade de jhama découle de la pratique d el « concentration juste » prescrite dans le Chemin octuple, la méditation d’attention vient de « la conscience juste » du Chemin octuple. Si la concentration est utile à l’atteinte de la quiétude (samatha), la conscience claire qui s’élève une fois la quiétude établie peut mener le méditant à l’Eveil complet.

Dans ce Sutra, le Bouddha analyse les quatre « fondements de la conscience claire ». Pour atteindre une complète conscience, le pratiquant doit se fixer sur les cinq agrégats de l’être humain, c’est-à-dire le corps, la sensation, la perception, les formations mentales et la conscience ordinaire avec leurs traves karmiques. Le Maître décrit les conditions et l’environnement propres de la médication. Le bhikkhu, doit se rendre en forêt, au pied d’un arbre ou dans un lieu désert. Assis les jambes croisées, le corps droit, il éveille la claire conscience de sa respiration : « Conscient il inspire : conscient, il expire. En pensant « j’inspire lentement », il comprend qu’il inspire lentement. Et ainsi de suite en de longues ou brèves inspirations et expirations. « Observant les sensations du corps entier, en calmant les activités du corps, je vais inspirer ». Ainsi s’entraîne-t-il.

En observant la respiration, le pratiquant médite sur la vie et le mouvement du corps. Ce n’est pas différent de la concentration qui entre dans un processus non méditatif ordinaire : « Ainsi qu’un intelligent tourneur de bois qui donne un tour long comprend « je tourne long », ou quand il donne un tout court comprend « je tourne court », ainsi en est-il de la contemplation du souffle. Il vit ainsi, contemplant le corps de l’intérieur et contemplant la naissance des phénomènes dans le corps et leur dissolution dans le corps […]. Il vit ainsi, indépendant et sans s’attacher à rien dans le monde ».

L’exercice est répété à propos des sensations, des perceptions, des objets mentaux et de la   conscience. La méditation d’attention peut être pratiquée aussi, couché, debout ou en marchant. Une telle conscience aiguë, instant après instant, s’applique à tous les détails ordinaires de la vie : en mâchant, en goûtant, en avalant, en urinant etc… Par l’observation continuelle de soi, les méditants en viennent à connaître leur vie passée et présente et à en comprendre les changements perpétuels.

L’inspiration et l’expiration sont interprétées comme un signe de la vie et de la mort. En observant la respiration, le pratiquant développe une conscience approfondie du processus de « montée et de déclin » qui est la marque de toute vie. Plutôt que de développer une « connaissance de soi », la méditation d‘attention conçoit la vie comme une série mouvant de processus impersonnels où l’ego se dissout dans le flot des phénomènes. Indifférents dans leur équanimité à la joie ou à la douleur, les pratiquants voient les choses telles qu’elles sont – pleine de souffrance, transitoires, sans soi – telles que le Bouddha les a décrites.

 Quand cette abstractions devient une expérience, les phénomènes « extérieures oud ans la conscience individuelle deviennent simplement ce qui EST.

Propos de Tom Lowenstein sur le blog de Francesca http://channelconscience.unblog.fr/

Publié dans : MEDITATION |le 2 mars, 2016 |Pas de Commentaires »

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