Archive pour le 8 octobre, 2015

Un lien qui ne s’est pas créé

 

« Les animaux nous ramènent à la simplicité et apportent une affection constante, sans retenue », affirme la psychologue. Une idée difficile à accepter si l’on n’a pas été habitué précocement à leur contact. Une enfance passée sans animaux pourrait être l’une des explications à leur rejet. Car, comme le rappelle Annique Lavergne, les prémices de la capacité d’attachement se fondent, pour beaucoup, dans la petite enfance. Mais rien n’est immuable et on peut tout à fait apprendre à aimer les animaux. 

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Un miroir de nous-mêmes

« L’animal peut nous renvoyer à l’image que nous avons de nous-même », nous renseigne la psychanalyste Marjolaine Heymes. Etant avant tout « un être sensitif, il s’imprègne des traits essentiels de notre personnalité. Il peut alors jouer ce rôle de miroir puisqu’il est souvent la projection – inconsciente – de son maître. » Ainsi, quand une personne déclare détester, par exemple, les chats, qui sont des animaux indépendants, cela pourrait signifier qu’elle est en conflit, non pas avec cette espèce, mais avec ce qu’elle représente inconsciemment pour elle.
Deux cas de figure se présentent alors : soit l’individu n’a pas le tempérament qu’il attribue au chat et souhaiterait l’acquérir (il est trop dépendant – d’une personne, de son travail – et désirerait ne plus l’être) ; soit il possède ce trait de caractère mais il voudrait en changer (son indépendance l’isole et le fait souffrir).

Une difficulté à ressentir

« De nature instinctuelle, l’animal recherche le toucher. Il nous interroge donc sur notre propre capacité de contact », précise Marjolaine Heymes. Et comme celui-ci passe par le corps, lorsqu’une personne n’apprécie pas les animaux, cela peut signifier qu’elle est mal dans son enveloppe corporelle, coupée de ses sensations. Le contact et les échanges physiques deviennent ainsi, pour la personne qui n’aime pas les bêtes, une source d’appréhension, voire d’angoisse. Une peur d’investir son corps, et par là même de laisser trop de place à ses émotions, l’envahit, et c’est ce surinvestissement de son mental au détriment de son ressenti qui l’empêche d’avoir accès à l’animal. 

Faites preuve d’empathie
Essayez de vous mettre à la place d’une personne que vous connaissez bien et qui possède un animal. En vous plaçant de son point de vue, vous pourrez entrapercevoir ce que son compagnon lui apporte et saisirez ainsi mieux pourquoi votre ami l’aime. 
Peut-être commencerez-vous alors à considérer l’animal autrement et à estimer qu’il est digne d’intérêt, voire d’amour. Dites vous aussi que la tendresse peut s’apprendre.

Réappropriez-vous votre corps
Le contact avec un animal engage le corps. S’il vous est désagréable, c’est peut-être que le toucher d’une manière générale, celui des bêtes comme des humains, vous met mal à l’aise. Commencez par vous octroyer le droit de ressentir du plaisir par la peau. Le massage d’un professionnel, les caresses de votre compagnon ou les crèmes que vous appliquez sur votre corps peuvent vous donner accès à cette sensualité.

Conseils à l’entourage
Rien ne sert de juger celui qui n’aime pas les animaux, il a ses raisons. Vous pouvez en revanche essayer, doucement, de les lui faire apprécier. Pour ce faire, expliquez-lui ce que votre animal vous apporte. En comprenant l’importance de sa présence à vos yeux et de la tendresse qu’il vous donne, il saisira plus aisément le lien qui peut unir un être humain à un animal. Vous pouvez aussi approcher, petit à petit, votre compagnon de sa main en lui montrant les caresses que celui-ci affectionne particulièrement. L’essentiel est d’y aller progressivement.

Francesca du Blog http://channelconscience.unblog.fr/

Publié dans:ANIMAUX, PEUR |on 8 octobre, 2015 |Pas de commentaires »

Avoir moins peur de la vie et de la mort

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« Même pas peur ! » Dans les cours d’école, la formule marche encore. Mais, adulte, on a du mal à croire ceux qui font mine de ne rien craindre, car on a appris que s’engager dans la vie, construire, ne sont pas des chemins semés de roses. Sur notre route se présentent des petites peurs irrationnelles et gênantes : les insectes, le noir… Puis d’inévitables « dragons » : les changements imprévus, la maladie et, pour couronner le tout, celui devant lequel tous les autres s’inclinent, la mort. Bien sûr, on peut chercher à fuir nos peurs. Mais, généralement, celles-ci courent plus vite que nous et nous rattrapent. Qu’en faire, alors ? Certains optent pour une réponse spirituelle, d’autres, au contraire, aiment ressentir tant d’émotions. D’autres encore, prenant le risque de plonger dans leurs terreurs, s’en libèrent. Quelle sera votre stratégie pour ne plus avoir peur ?

Vous vous croyez épargné ? Pourtant, sans que nous en soyons toujours conscients, la peur est présente dès les premières heures de la vie. Rejetés du giron maternel, si confortable, si protecteur, nous naissons nus, vulnérables, et totalement dépendants. Comment ne pas être terrifiés ? Plus tard, grandir revient le plus souvent non pas à oublier la peur, mais plutôt à apprendre à avancer malgré ses freins : peur du loup, du noir, des grands dans la cour d’école, des examens, du premier baiser…

Et puis, à l’âge adulte, la peur de perdre son enfant. C’est en effet la réponse des internautes qui revient le plus souvent lorsqu’on les interroge sur leurs peurs. Parce que devenir parent, c’est aussi réaliser combien la vie est précieuse et précaire. 

Terrible paradoxe ! Plus nous nous installons dans la vie, plus nous prenons conscience de tous les risques qu’il y a à vivre… et plus nous nous rapprochons des trois « impensables », la maladie, la vieillesse, la mort, contre lesquelles nous ne pouvons rien. Et la boucle se referme : « Peut-être la peur de la mort n’est-elle que le souvenir de la peur de naître », disait l’écrivain russe Iouri Olecha (Pas de jour sans une ligne, L’Âge d’homme, 1995). 

Une peur peut en cacher une autre

Chacun a aussi son histoire personnelle avec la peur, une liaison qui s’est construite à partir des épisodes les plus marquants de sa vie. D’où les multiples objets sur lesquelles peut venir se « fixer » notre sentiment d’insécurité. 

Dans son dernier livre (Victime des autres, bourreau de soi-même, Robert Laffont, 2003), le psychanalyste Guy Corneau raconte qu’il avait été demandé aux participants d’un groupe thérapeutique d’établir une liste commune de leurs peurs. Au final, il en ressortait plus d’une centaine : celle de l’autorité, des OGM, des camions, ou encore d’être nu, de se salir, d’étouffer… La liste, bien que très variée, se rallongeait dès qu’un nouveau participant arrivait… avec ses propres sources d’angoisse. 

Pour Guy Corneau, l’exercice offrait un autre intérêt : montrer qu’une peur dite « de surface » ou circonstancielle nous protège toujours d’une autre plus profonde. Ainsi, la crainte obsédante de perdre ses cheveux préserve-t-elle l’un des participants du groupe thérapeutique d’entrer en contact avec sa peur de ne pas être aimé (une peur essentielle) qui, elle-même, masque sa peur existentielle de la solitude… Pour être apaisé, une seule solution : « Se délivrer des petites peurs pour aller vers des peurs plus grandes n’est pas, en soi, une perspective très alléchante, reconnaît le psychanalyste. Il s’agit pourtant du chemin que chacun est invité à suivre. » 

Cette lecture peut aussi aider à comprendre les paniques collectives, si irrationnelles. En effet, nos sociétés ont mis en place des systèmes perfectionnés pour sécuriser les populations – sécurité sociale, assurance chômage, antibiotiques… Rien n’y fait : notre sentiment de panique peut redémarrer dès le premier cas de syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS). Pourquoi ? Lorsqu’on ne prend pas conscience de ses petites peurs personnelles, les menaces collectives nous atteignent deux fois plus fort. 

Ne pas avoir peur de sa peur

Catherine Aimelet-Périssol (auteur de Comment apprivoiser son crocodile, Robert Laffont, 2002), psychothérapeute, docteur en médecine et disciple de Henri Laborit (biologiste spécialiste des comportements, notamment liés à la peur, et auteur, entre autres, d’Eloge de la fuite, Gallimard, 1985), milite contre la tendance naturelle de chacun à refouler ses peurs, et à « zapper » ses angoisses à coups de médicaments ou d’alcool… « Si l’on se place du point de vue du cerveau “reptilien” et de nos besoins fondamentaux, une peur est toujours fondée, explique-t-elle. Elle a une fonction vitale. Grâce à elle, l’être est informé qu’il ne se fonde pas assez sur ses propres ressources. »

Dans cet esprit, même nos petites peurs doivent être considérées avec bienveillance. Et même si elles sont gênantes et impuissantes à changer le réel, « mieux elles sont accueillies, “reconnues”, moins on se ment à soi-même, plus on est en accord avec soi… et moins on a peur ! » conclut la thérapeute. Il s’agit alors de ne pas se voiler la face… pour être encore vraiment dans la vie. Et continuer à avancer, comme dans les chansons d’enfants : « Promenons-nous dans les bois, pendant que le loup n’y est pas… Si le loup y était, il nous mangerait. Mais comme il n’y est pas, il nous mangera pas. » 

A lire

Guérir de ses peurs de Nathalie Jean.
Douze méthodes pour lutter contre les peurs paralysantes. Par une psychothérapeute, agoraphobe pendant treize ans (Le Dauphin blanc, 2003).

L’Audace de vivre d’Arnaud Desjardins. 
Imprégné par l’enseignement du sage indien Swâmi Prajnânpad, l’auteur, chercheur spirituel, explique pourquoi l’audace de vivre, c’est l’audace d’être soi-même (Pocket, 2000)

Francesca du blog http://channelconscience.unblog.fr/

Publié dans:La MORT, PEUR |on 8 octobre, 2015 |Pas de commentaires »

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