Archive pour le 19 mars, 2015

Accepter nos enfants tels qu’ils sont

 

enfant coeurQui n’a pas rêvé le meilleur pour ses enfants ? Pourtant, nous projetons sur eux, avec une bonne foi désarmante, tout ce que nous ne nous sommes pas autorisés à être. Et si nous ouvrions les yeux ! Nos enfants n’ont pas à combler nos manques. Ils sont là pour eux-mêmes et certainement aussi pour que nous apprenions d’eux.

Françoise Dolto disait que l’enfant « choisit » ses parents. Si l’affirmation peut paraître déconcertante, c’est pourtant dans ce sens que nous devrions considérer les choses. En effet, émettre une telle hypothèse nous aiderait à éviter bien des déceptions et autres soucis.

L’idéalisation, source de souffrance

Philippe, 53 ans, raconte le décalage entre ce qu’il rêvait et la réalité : J’imaginais une enfant idéale, jolie, féminine et j’ai le contraire. Ma fille est un véritable garçon manqué. Alors que nous sommes une famille plutôt axée sur la culture, elle ne s’intéresse qu’à la « Star Académie » et toutes ces sornettes que ma femme et moi qualifions de débiles. Elle a maintenant 26 ans et j’ai beaucoup de mal à communiquer avec elle. Je ne suis pas dupe de mon idéalisation. Je sais qu’elle me montre en miroir qu’elle n’a pas du tout envie d’être ma « star » et que ce que je lui reproche est directement lié à ce que j’ai à travailler moi-même. Je m’y emploie en faisant une formation professionnelle d’inspiration psychanalytique… Paul, beaucoup moins perspicace, a donné à son fils le même prénom que lui.

 

Paul père était rugbyman dans sa jeunesse. Paul fils pratiqua du rugby à 13 (alors que son père faisait du rugby à 15), à un niveau qui rendait Paul père très heureux et très fier. Lui qui n’a pas pu vivre de sa passion imaginait pour son fils une carrière professionnelle. Mais c’était sans compter sur le véritable non-désir inconscient de Paul fils. Celui-ci, lors d’un match décisif, eût un grave accident à la colonne vertébrale qui coupa court aux ambitions de son père. On voit bien jusqu’où peut aller une non prise en compte de la différence due à une idéalisation excessive. Vouloir à tout prix vivre à travers ses enfants est une voie sans issue. Ce sont les fils et les filles du désir de vie. Vos enfants ne sont pas vos enfants, écrit Khalil Gibran* : Ils arrivent à travers vous mais non de vous. Et quoiqu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas… Faire nôtres ces phrases peut révolutionner notre attitude face à nos chères têtes blondes. Certes, il n’est pas question de baisser les bras et de sombrer dans un laxisme qui occulterait nos responsabilités. Bien au contraire. Cela a aidé Richard à accepter, puis à assumer son fils trisomique : 

 

Coureur de jupons, explique-t-il, bagarreur, fêtard, la naissance de mon fils m’a transformé. J’ai d’abord eu une réaction très violente, j’en voulais à la terre entière. J’ai failli assassiner cet échographiste qui n’avait pas décelé l’anomalie à temps. J’ai trompé encore plus ma femme à qui je reprochais le monstre qu’elle m’avait donné. Puis je suis tombé dans une grave dépression que j’essayais de nier par un alcoolisme forcené. Jusqu’au jour où mon cousin, la seule personne qui acceptait encore mes délires, m’a emmené voir une représentation théâtrale où l’on jouait « Le prophète » de Khalil Gibran. J’étais au bout du rouleau et l’acteur a agi comme un électro-choc lorsqu’il a récité la tirade sur les enfants. J’ai compris à ce moment-là que Gaëtan était en quelque sorte le prophète que j’attendais. Au-delà de son faciès, j’ai rencontré l’âme de mon enfant. Être son père n’est pas simple mais j’ai découvert, dans l’Institut Médico Éducatif que fréquente Gaëtan, des gens compétents qui m’aident à assumer ce défi de la vie. J’ai pu faire le point avec mon épouse et accepter qu’elle me quitte. Pour ma part, rien n’est réglé tout à fait. Pourtant, les jours où j’ai la garde de Gaëtan, je l’emmène souvent au théâtre, ce qu’il adore. Il faut dire que je me suis découvert une passion pour cette activité, jusqu’à envisager d’écrire une pièce. D’autant que ma nouvelle compagne, comédienne, semble emballée par le projet…

L’acceptation salvatrice

On a vu dans l’exemple précédent que Richard, en acceptant son fils, s’est autorisé à réhabiliter son propre enfant intérieur. Nous avons nous-mêmes été des enfants qui avons subi des injonctions conscientes et inconscientes. Nos enfants, si nous les acceptons tels qu’ils sont, deviennent l’occasion d’une auto-réhabilitation. En les libérant de nos projections idéalisantes, nous nous libérons de fait. Christel Petit collin, psychothérapeute et auteur, explique : Quand l’enfant intérieur est malheureux, craintif et carencé, la personne adulte est inadaptée dans sa vie affective et aussi, peut-être, dans sa vie professionnelle, à cause de son incapacité à s’affirmer et d’une trop grande soif de séduction, d’attention, d’approbation ou de réactions émotionnelles inappropriées…Accepter son enfant revient donc à s’accepter soi-même, sachant que si la vie nous a fait parent, ce n’est certainement pas par hasard. Car, comme disait Montherlant, il est bon d’avoir en la place un enfant qui nous dise innocemment ce que les autres ne nous disent pas…

 

Chantal Vernet pour signes et sens

Publié dans:ENFANTS, TOLERANCE |on 19 mars, 2015 |Pas de commentaires »

L’énigme des NDE

 

nde3On les appelle Expériences de Mort Imminente (EMI) ou Near Death Experience (NDE). Ce sont ces moments où des personnes, jugées médicalement mortes, ont eu l’impression de quitter leur corps avant de s’engager dans un long tunnel au bout duquel elles ont perçu une bienveillante présence. Hallucination ou réalité ? Les scientifiques continuent à s’interroger.

Récemment en Angleterre, une équipe de chercheurs a tenté de savoir si la conscience pouvait survivre à la mort du cerveau. Elle a interrogé soixante-trois victimes d’infarctus, qui avaient été considérées comme cliniquement mortes pendant une semaine. Seulement sept des victimes ont des souvenirs de cette période et, parmi elles, quatre ont fait état de NDE. Pourtant, ces sujets n’auraient pas dû être capables de garder le moindre souvenir. Mais la communauté scientifique ne s’avère pas convaincue pour autant. Elle s’interroge, notamment, sur les effets de l’oxygène sur le cerveau. Autre questionnement : le moment auquel s’est produite la NDE. N’est-elle pas survenue juste avant la mort clinique ou en période de réveil ?

Des témoignages contradictoires

Certains vont même plus loin, comme Olivier, infirmier, qui a longtemps travaillé au service des urgences d’un grand hôpital parisien : Tout cela ne sert qu’à rassurer ces gens. Ils ont tellement peur de mourir qu’ils prennent au sérieux leurs hallucinations ! Si c’était vrai, pourquoi toutes les personnes considérées comme mortes ne racontent-elles pas la même histoire ? Pourquoi est-ce que ça ne concernerait qu’une petite minorité ? J’ai connu bien des gens qu’on a considérés cliniquement morts et qui s’en sont sortis. Je leur ai posé la question : qu’ont-ils ressenti ? L’un d’eux m’a dit : C’est comme une télé qu’on éteint. Et croyez-moi, il y a bien plus de gens comme cela que ceux qui ont vécu une sortie de corps. Je ne crois pas une seconde à la véracité de ces histoires de NDE. Certaines personnes qui prennent de la kétamine, puissant anesthésique, pourraient vous décrire le même style de sensation. Et pourtant, on ne les a jamais crues mortes…
En dépit des sceptiques, les témoignages sont pourtant particulièrement troublants. Ils proviennent d’individus des deux sexes, de tous âges, de toutes cultures et de toutes croyances. Tous décrivent les mêmes sensations : perception de son propre décès, décorporation, passage dans un tunnel, vision d’une lumière, rencontre avec des défunts ou des personnages inconnus, sensation de symbiose…
Médiatisé depuis trente ans, le phénomène n’est pourtant pas nouveau. Identifiées et décrites par le psychiatre américain Raymond Moody, les NDE avaient déjà été baptiséesExpériences de mort imminente, dès 1895, par le philosophe français Victor Egger. Elles ont même été évoquées dans des textes très anciens, comme l’« Épopée de Gilgamesh » ou encore « La République de Platon ». Le sujet en question ne peut pas non plus laisser de marbre. Il touche à la métaphysique, aux interrogations les plus profondes que peut se poser l’être humain. Qu’y a-t-il après la mort ?

Voyage au bout de la vie

Plus précisément, comment se passe un « voyage » ? Françoise, 56 ans, a eu un infarctus il y a deux ans. Pendant plusieurs jours, elle est considérée comme cliniquement morte. Cette expérience m’a véritablement transformée, confie-t-elle. D’abord, je n’ai pas osé en parler. J’avais peur qu’on me prenne pour une folle ! Ou, tout simplement, qu’on me dise que j’avais rêvé. Alors que je sais parfaitement que j’ai réellement vécu ça. Ça ? J’ai eu l’impression de me réveiller, d’émerger de je ne sais trop où. J’étais dans mon lit d’hôpital, il y avait du monde autour de moi. Et je savais que j’étais morte. Je ne m’en suis pas rendu compte brusquement, je n’ai pas eu peur, je n’ai pas été triste. C’était une évidence, c’est tout ! J’ai eu l’impression de me détacher de mon corps, de planer au-dessus de lui et des gens qui étaient réunis dans la chambre. Ensuite, je me suis retrouvée dans une sorte de tunnel. Là encore, je n’avais pas peur. Et je suis arrivée au bout du tunnel. Il y avait une grande lumière toute bleue. Je me suis alors sentie incroyablement bien. Et puis j’ai vu un homme âgé, très beau, avec une longue barbe. Il me souriait tout doucement. J’ai eu envie d’aller vers lui mais quelque chose m’a retenue. Je savais que si je m’avançais encore, je ne pourrais plus revenir. J’ai pensé à mes enfants. Alors, j’ai fait le chemin inverse. Dans un premier temps, je n’ai pas osé parler de tout ça. Et puis je me suis rendu compte qu’il y avait eu beaucoup de livres à ce sujet. Des tas de gens avaient vécu la même chose que moi… Françoise n’est pas la seule à avoir été bouleversée par cette expérience hors du commun. Tous ceux qui ont vécu une NDE en restent profondément marqués. Leur perception de la vie se retrouve radicalement modifiée. Ayant flirté avec la mort, ne la redoutant plus, ils savent désormais tout le prix qu’il faut accorder à l’existence terrestre. Ils sont intimement persuadés que notre passage sur terre n’est qu’une étape et qu’une autre forme de vie nous attend après la mort. Beaucoup dépassent leurs anciennes croyances religieuses « ciblées » et réalisent les limites des religions : Dieu est en chacun de nous, personne ne peut se l’approprier. De là à penser que ces manifestations d’indépendance de la conscience sont le signe que nous avons une âme…

 

Nathalie Jeanjean pour Signes et sens

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