Les signes du sang

 

Le Dr Dominique Guyot, à Paris, est une des rares « lectrices » confirmées pour l’interprétation des plaques sanguines. Quelques gouttes de sang, prises au bout du doigt, suffisent pour qu’apparaissent à la cristallisation des images étonnamment parlantes mais, on s’en doute, très délicates à interpréter.

« On observe certains signes : irrégularité du rayonnement ou de la striation, lacunes au milieu des stries, cristaux en forme de fines croix, d’étoiles. Les signes de déséquilibres, latents ou déclarés, apparaissent sous la forme de « vacuoles », des trous dans la structure, des endroits où la cristallisation s’est interrompue. Leur forme renseigne, non pas sur l’organe précis, mais sur le système atteint : respiratoire, digestif, cardio-vasculaire… D’autres indices, visibles notamment au microscope et en lumière polarisée, peuvent permettre de préciser la pathologie : inflammation, infection, fibrome, tumeur bénigne, cancer, etc.

images (2)

« L’état cancéreux ou pré-cancéreux se presente, d’après Selawry, sous la forme de barres transversales. En fait, pas toujours ! Il faut parfois corréler avec d’autres signes. La cristallisation sensible n’a pas la précision de certains tests sanguins chimiques, mais elle donne des informations globales sur le terrain, y compris sur la dimension psychique ; elle permet de suivre en finesse l’évolution d’un traitement ; et il lui arrive d’orienter la recherche diagnostique avec une précocité étonnante – on passe alors aux tests médicaux classiques.

Les bio-champs

Jean-Pierre Garel, à Clermont-Ferrand, dirige le Centre de Biophysique et travaille avec l’ADENO- MAB (Association pour le développement des nouvelles méthodes d’analyse biologique). Là, on ne s’oriente plus vers la recherche et la technologie. Garel a une formation de biologiste moléculaire au CNRS. Depuis 1985, sa fascination pour les « bio- thésigrammes », les figures de la cristallisation sensible – a transformé son approche.

« Pour un biologiste, c’est stupéfiant de voir que l’image obtenue avec une feuille de vigne est homologue de celle produite par le vin, alors que la composition chimique est complètement différente. La cristallisation capte une information contenue dans la matière vivante, ce que j’appelle un bio-champ, qui pourrait éventuellement être mathématisée.

« Il y a des conséquences importantes pour la santé. On estime aujourd’hui que l’alimentation est responsable, pour au moins 30%, des maladies comme le cancer, les affections cardio-vasculaires ou les allergies. Or, si les aliments n’apportent pas seulement des susbstances chimiques et des calories, mais une information, plus ou moins structurée ou désorganisée, on tient là la clé des « aliments-santé » .

« En même temps, nous travaillons avec des industriels. Les thésigrammes sont aujourd’hui assez fiables et précis pour rendre des services à l’industrie agro-alimentaire, aux distributeurs alimentaires, à l’INRA (Institut national de recherche agronomique), aux organismes de contrôle des pollutions… Encore faut-il en faire une version adaptée aux grandes séries et au traitement des données. Nous avons développé, avec des chercheurs de Grenoble, la lecture informatique des plaques de cristallisation, à l’aide de la géométrie fractale. A ma con- naissance, c’est une première mondiale. »

Epilogue spéculatif 
Le XXe siècle a vu l’apogée de la biologie moléculaire, virtuose des appareillages chimiques et électroniques de gros calibre, championne de l’étude de la vie dans ses composants microscopiques et ses rouages moléculaires. C’est l’approche « réductionniste », on doit lui tirer son chapeau, on peut aussi critiquer ses lacunes. Et puis, parallèlement, discrètement, une autre science est née, globale ou « systémiste ». Elle utilise parfois des procédés apparemment beaucoup plus simples, la cristallisation sensible en est un.

Mais les processus qu’elle met en évidence sont d’une subtilité prodigieuse. On entre dans un monde de fluctuations, de vibrations, de champs, de résonances, de turbulences.

On renoue aussi avec l’approche intuitive, sensible, esthétique, contemplative, méditative… Il y a une vie après l’ADN, beaucoup plus étrange que tout ce qu’on peut croire.

Par Jean-Pierre Lentin

 

Publié dans : SANG |le 9 septembre, 2014 |Pas de Commentaires »

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