Histoire de la tolérance

 

Que peut-on tolérer ? Qu’est-ce qui est intolérable ? L’équilibre est sans cesse à définir. Petit parcours de l’histoire de l’idée de tolérance depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours. 

téléchargement (3)Les Grecs et Romains étaient-ils tolérants ? C’est en tout cas ce que pense Voltaire qui fait remonter les origines de la tolérance à l’Antiquité. Il est vrai que dès qu’une société se construit, il faut faire cohabiter des opinions, des convictions, des croyances différentes… sans détruire le lien social ! La question de la tolérance apparaît dès que le consensus disparaît. En ce sens, la réflexion sur la tolérance commence avec la formation de toute société. 

La tolérance est pourtant une idée moderne. Elle émerge à la Renaissance alors que l’Europe connaît une nouvelle situation religieuse. Pour la première fois, dans ces sociétés construites autour d’ « une foi, une loi, un roi », une « hérésie » va durer et s’imposer. Au Moyen-Age, les pouvoirs civil et religieux avaient toujours réussi à endiguer les opinions divergentes, y compris par la force. Mais là, impossible de venir à bout des contestataires. Avec la Réforme, la chrétienté romaine subit un bouleversement sans précédent. 

1598, une date symbolique. Avec l’Edit de Nantes, l’idée de la tolérance se formule pour la première fois. Henri IV accorde une relative liberté de culte à la minorité prostestante. Cet édit qui vise à faire cohabiter dans la paix les différentes confessions religieuses est une exception dans l’Europe de l’époque. Et sa révocation en 1685 montre que la tolérance n’est pas encore une valeur commune. 

Au départ simple concession à l’erreur, l’idée de tolérance est peu à peu valorisée pour elle-même. En 1684, Basnage de Beauval écrit que les hérésies sont d’ « utiles ennemis », « comme des aiguillons qui aiguisent la diligence des pasteurs, ou comme des coups de marteau qui les tirent d’un profond sommeil ». Pour Spinoza, c’est seulement dans un Etat libre, où les idées peuvent se confronter, que les hommes pourront s’affranchir ensemble de la superstition et des idées fausses. Locke, Bayle, Kant développent eux l’idée qu’il faut obéir à sa conscience et que c’est là la seule manière d’obéir à Dieu. 

A la Révolution, la tolérance entre dans la sphère politique et s’inscrit dans la déclaration des Droits de l’homme et du citoyen. Les libertés de croyances, d’opinion et d’expression deviennent un droit inaliénable lié à la liberté de se déterminer par soi-même et de juger en conscience. Cette conception sera confirmée par la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 qui déclare : « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion » (art.18). 

Aujourd’hui, le libéralisme et le choc des cultures. Au nom de la liberté, faut-il tolérer les excès du libéralisme ? Au nom du respect des cultures, faut-il tolérer celles qui portent atteinte aux droits de l’homme ? La question de la tolérance et de ses limites rebondit aujourd’hui dans les domaines économique et culturel. Les effets d’une tolérance sans limites sont redoutés : destruction du lien social, remise en cause de l’universalisme des droits de l’homme, « loi du plus fort » dans le monde économique. Que peut-on tolérer ? Qu’est-ce qui est « intolérable » ? L’équilibre est sans cesse à définir. L’histoire de l’idée de tolérance continue !

source : http://www.croire.com/

Publié dans : TOLERANCE |le 1 septembre, 2014 |Pas de Commentaires »

Vous pouvez laisser une réponse.

Laisser un commentaire

Homosexualité dans la société |
madioucisse |
Les anniversaires des stars |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Sénégal Junior Intelligence
| Anglais pour non-spécialist...
| bobs3