Archive pour le 17 juin, 2014

Entre l’homme et l’animal

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« Les chevaux ne sont pas des prédateurs »

« S’ils se sentent respectés, en sécurité, ils ont tout naturellement envie de servir l’homme et de l’aimer », explique Jack. Autour de moi, tout le monde a l’air détendu, émerveillé. En paix. Jack arrête son véhicule à un endroit stratégique d’où l’on peut contempler toute une horde de chevaux avec, au loin, la vallée et l’océan. Vivre en ville apparaît brusquement comme une drôle d’idée.

« Les chevaux sont un miroir pour l’homme. Ils ne comprennent pas nos mots mais ils lisent dans notre énergie, dans les postures de notre corps, la fluidité de nos mouvements. Et ils réagissent en fonction de ce qu’ils perçoivent », poursuit Jack en nous tendant un paquet de « cartes à jouer ». Nous en piochons chacun une. Sur le recto, la photo de l’un des chevaux ; sur le verso, sa principale qualité. Je pioche l’étalon Moniet El Kabadi. Sa qualité : l’amour. Marek pioche le poulain Waziri. Sa qualité : l’équilibre. Ces cartes ont pour but de nous faire réfléchir sur notre propre qualité essentielle. Quel est notre don principal ? Quel cadeau les autres reçoivent-ils en notre présence ? Notre bienveillance, notre ouverture d’esprit, notre originalité ? « Chaque cheval est différent. Comme chaque être humain. Et il est fondamental de tenir compte de cette différence », poursuit Jack, tout en caressant délicatement le ventre de Shaikh, une magnifique jument blanc moucheté prête à mettre bas.

Qui vient ici ? Des propriétaires et des amoureux des chevaux, bien évidemment, mais aussi des gens qui en ont peur. Certains ont eu un accident et souhaitent en effacer les séquelles psychologiques. « D’autres viennent par hasard, ajoute Frankee. C’est une étape dans leur parcours de vie. »

Un rapprochement entre l’homme et l’animal

« Depuis que je fréquente le ranch, j’ai arrêté ma psychanalyse, me révèle Laura, propriétaire d’un cheval confié à Frankee. Avant, tout me semblait abstrait. Ici, c’est concret. Quand je travaille avec mon cheval, je vois tout de suite où j’en suis. Avec lui, pas de mensonges. Il me renvoie une image de moi-même sans fioritures. »

« Je n’utilise que du feed-back positif. Je ne punis jamais un cheval, j’attends qu’il fasse quelque chose de bien et je le félicite. Je fais pareil avec mes enfants. » Pour Monty Roberts, l’un des plus grands chuchoteurs contemporains, le consentement de l’autre est essentiel. Il n’aime d’ailleurs pas trop le terme de chuchoteur parce qu’en fait, on ne chuchote pas vraiment. Il s’agit plutôt d’un rapprochement entre l’homme et l’animal favorisé par une attitude intérieure particulière, un contact des yeux et un certain toucher. Monty Roberts a fini par inventer un langage, l’Equus, une sorte de codification de la technique du chuchotement. Ce langage rappelle celui des sourds-muets. La gestuelle en est suggestive, gracieuse et connue des deux interlocuteurs. « Vous pourrez toujours obtenir ce que vous voudrez d’un cheval, affirme Roberts, mais c’est à vous de choisir la façon dont vous communiquerez : en utilisant la force et la punition pour qu’il vous obéisse, ou au contraire l’amour, l’écoute et le respect pour qu’il coopère de lui-même. »

L’amour, l’écoute et le respect. Trois mots sacrés pour Frankee. La jeune femme chuchoteur vit dans une roulotte, près de Windermere, entourée des trente chevaux dont elle a la charge. Deux seulement lui appartiennent, les autres lui ont été confiés par des particuliers. « Cette jument, me dit-elle en s’approchant d’un animal à l’œil vif, revient de loin. Sa propriétaire l’a rachetée in extremis à un boucher. Quand elle l’a récupérée, absolument personne ne pouvait l’approcher. Elle lui a sauvé la vie… La jument a sauvé la vie de sa propriétaire », précise Frankee, sûre de son effet. Elle poursuit : « Après la mort de son mari, cette femme avait perdu le goût de tout. Réhabiliter sa jument après son traumatisme lui a redonné envie de vivre. Elles se sont guéries mutuellement. »

 Source : Psycho.com 

Publié dans:ANIMAUX |on 17 juin, 2014 |1 Commentaire »

Les rêves, nos alliés de nuit

 

Loin d’être des fantaisies inutiles, nos rêves nous parlent. Ouvrir le dialogue avec eux, c’est se donner la possibilité d’évoluer. Par Pascale Senk

images (2) « C’est vraiment étrange. Cette nuit, dans mon sommeil, je retrouvais mon père, mort il y a quinze ans. Il était sans rides, jovial, en pleine forme. Nous avions une longue conversation, et ce matin, je me suis réveillée avec une belle énergie, comme renouvelée. ». « Moi, j’entrais dans une maison et je découvrais encore et encore des pièces inhabitées… »

Ces dialogues de rêveurs étonnés, nous en avons tous. Avec nos conjoints, nos collègues, nos enfants… A chaque fois, celui qui nous raconte l’un de ses rêves nous fait un cadeau. Il nous révèle une part extrêmement intime de lui. Peut-être la plus intime et la plus libre : gratuite, poétique, non contaminée par les règles, les conventions sociales ou les attentes des autres, cette « seconde vie » onirique, comme disait le poète Gérard de Nerval, est un pur produit de notre être profond. Et un formidable outil d’évolution et de connaissance de soi.

Protecteurs des rêveurs

Messagers des dieux grecs, inspirateurs des prophètes ou des grands chefs indiens, nos récits oniriques ont toujours été perçus comme des guides bénéfiques. Freud, puis aujourd’hui certaines études scientifiques, confirment qu’ils sont des « contenants » réellement nécessaires à notre survie. « Gardiens du sommeil » pour l’inventeur de la psychanalyse, ils nous aident en premier lieu à rester plongés dans le repos. Ainsi, rêver qu’il boit à une source d’eau fraîche évite à celui qui a soif de se réveiller.

Notre vie onirique nous permet aussi de recycler, trier, éliminer certaines informations accumulées lors des événements de la journée. Grâce à nos rêves, nous rejetons le superflu, dégageons nos priorités. Et assouvissons enfin, si l’on en croit Freud, nos désirs les plus inavouables. De quoi nous reconstruire et partir d’un bon pied chaque jour, en quelque sorte.

Surtout, les rêves semblent avoir le pouvoir de nous mettre en contact avec une réserve de connaissance ancestrale et universelle. Pour les Aborigènes, les visions oniriques préexistent d’ailleurs au rêveur. Elles sont « avant » lui et fondent l’univers. « Nous disposons dans nos rêves d’un fonds de connaissances beaucoup plus vaste que celui que nous possédons à l’état de veille », affirme le psychanalyste Guy Corneau. La preuve : nous découvrons parfois dans notre sommeil des symboles ou des mots que nous ignorons ou n’utilisons jamais consciemment.

Des images venues de la nuit des temps

Freud appelait ces éléments qui ne sont pas individuels ou liés à l’histoire singulière du rêveur des « résidus archaïques ». Jung, lui, les nommera « archétypes ». Ces « formes psychiques qu’aucun incident de la vie ne peut expliquer semblent être innées, originelles et constituer un héritage de l’esprit humain (In Essai d’exploration de l’inconscient, Gallimard, “Folio”, 1988) ».

L’inventeur de l’inconscient collectif l’a observé en particulier auprès des enfants. Une petite fille de 10 ans avait raconté plusieurs rêves à son père, un patient de Jung. Y apparaissait une « bête malfaisante, un monstre à forme de serpent avec de multiples cornes ». Jung découvrit que ce « serpent à cornes » n’avait été mentionné qu’une seule fois, dans l’alchimie latine du XVIe siècle. Comment l’enfant pouvait-elle avoir eu accès à cette image ?

Produits de notre « psyché vertigineusement ancienne », comme disait Jung, ces images sont des représentations instinctives venues de la nuit des temps et transmises de génération en génération. Figures du serpent, des frères ennemis, du labyrinthe, de l’eau, du soleil… Nourris de mythologies, de religions, le plus souvent universels, ces symboles viennent peupler nos rêves au milieu de nos préoccupations professionnelles ou affectives du moment. Et apportent sur celles-ci un éclairage nouveau.

Les dictionnaires et clés des songes de tous bords tentent de réduire ces images à une simple signification : « ça » ou « ça ». Ils ont tendance à laisser croire qu’il existe un « prêt-à-interpréter » comme il y a un prêt-à-porter pour tous. En réalité, et toute personne en analyse le vérifie à chaque fois qu’elle associe un détail de son rêve à une figure mythologique (Œdipe en est bien une…), c’est dans le dialogue qu’elles ouvrent entre universel et singulier, entre inconscient et conscient, entre savoir de l’humanité et interrogations personnelles que ces images deviennent fécondes et inspirantes.

Des facteurs de création

En ce sens, il est impossible d’affirmer que tel rêve est positif ou négatif (même nos cauchemars les plus affreux font affleurer à la surface des angoisses qui, refoulées, nous empêcheraient d’avancer). Les images de nos scénarios oniriques ont toujours plusieurs sens, et c’est le travail d’association et d’interprétation qui nous permet de mieux comprendre et d’évoluer. La plupart des thérapeutes et conseillers en développement personnel nous incitent à tirer profit de nos rêves en établissant un dialogue régulier avec eux via des carnets de rêves, des journaux intimes…

Si une image ne prend son sens qu’au milieu des autres, un rêve ne délivre en effet son message que dans sa continuité avec les rêves précédents ou suivants d’un rêveur particulier, ainsi que l’observait Jung.

Pour Guy Corneau, ce sont les rêves du matin, ceux que nous avons en phase de sommeil paradoxal, qui peuvent le plus nous aider. Ce sont d’ailleurs ceux dont nous nous souvenons le plus facilement. « Ils sont à la fois les plus symboliques et les plus près de nos préoccupations conscientes, car nous commençons à nous préparer pour le jour qui arrive. L’inconscient propose alors son angle créateur et élargit le point de vue de la conscience sur les problèmes que nous rencontrons. » Certains font ainsi l’expérience d’un rêve qui les remet sur la bonne voie, celle qui est juste pour eux.

Raconter ses rêves à un autre est un premier pas. Ecouter ceux des autres est aussi enrichissant, même si le récit détaillé de notre interlocuteur peut nous ennuyer (parce que ce ne sont pas « nos » visions, « nos » images, et que nous avons donc moins d’émotions à leur contact). Mais le vrai bénéfice vient d’un lien approfondi et régulier avec nos visions personnelles.

« Soyons attentifs à nos images oniriques singulières, invite la thérapeute américaine Patricia Garfield. Méditons-les, suivons leur développement à travers notre journal de rêves, concrétisons-les à l’état de veille, intégrons-les dans notre moi conscient, et notre personnalité viendra ainsi à s’épanouir ». Alors peut-être nos jours seront-ils réellement plus beaux… grâce à nos nuits.

Le bréviaire du bon rêveur

Pour construire une relation plus intime avec ses songes, il faut d’abord s’en souvenir, puis les interpréter. Quelques pistes pour y arriver.

• En vous couchant, répétez-vous : « Je veux me souvenir d’un rêve demain. »

• N’interrompez pas volontairement votre sommeil. Mais soyez prêt à griffonner quelques mots dès votre réveil ou dans la nuit. Pour ce faire, posez sur votre table de chevet un cahier ou un magnétophone.

• Plus tard, reprenez ces notes succinctes pour écrire précisément le récit du rêve dans un carnet dédié. Comptez un petit quart d’heure. Ne vous souciez pas du style. Tâchez de détailler la description des événements et de ce que vous avez ressenti. Datez et titrez.

• Interrogez-vous sur la signification de vos songes : compilés dans un journal, ils devraient rapidement faire apparaître des situations ou des thèmes récurrents.

• Astreignez-vous à répéter cet exercice régulièrement. C’est avec le temps et l’expérience que des clés vous apparaîtront et que vous pourrez mieux comprendre vos rêves.

• Evitez les antidépresseurs et les somnifères. Il est également recommandé de ne pas consommer de caféine ou d’alcool moins d’une heure avant le coucher.

A lire

Le Livre des rêves de Sylvain Michelet, Roger Ripert et Nicolas Maillard. 
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur vos voyages nocturnes (Albin Michel, 2000).

Mille et Une Façons de décoder nos rêves de Tony Crisp. 
Une lecture moderne de notre vie relationnelle telle qu’elle apparaît dans nos rêves (Editions Contre-Dires, 2006).

Publié dans:REVES |on 17 juin, 2014 |Pas de commentaires »

Vivre en paix avec nos morts

 

Pouvoir accueillir le meilleur et le moins bon des moments partagés, établir avec le défunt un lien de complicité et d’amour : au temps de la douleur aiguë peut succéder celui de l’apaisement, et même de la joie. Car, si l’être cher a physiquement disparu, nos liens avec lui restent vivants. par Flavia Mazelin-Salvi

images (1) «Hier encore, j’ai eu un fou rire avec ma mère. J’étais attablée à la cantine d’entreprise et forcée d’écouter deux femmes que je ne connaissais pas. Leur discussion était ennuyeuse, bourrée de clichés et de banalités. Je me sentais m’assoupir doucement. À un moment donné, l’une d’elles a lancé : “C’est trop génial !” Et, là, d’un seul coup, ma mère était en face de moi, prise d’un fou rire inextinguible comme nous en avions le secret. »

Sara, 37 ans, a perdu sa mère il y a cinq ans, victime d’un cancer foudroyant. Pendant deux ans, la douleur, quotidienne et « aiguë comme une morsure », empêchait la vie de circuler en elle. Puis, au fil des mois, les crises de larmes se sont espacées et, si la souffrance de l’absence est toujours tangible, elle s’est transformée en une douce présence intérieure. Aujourd’hui, Sara confie vivre une relation vivante avec sa mère : « Je la sens près de moi, joyeuse et apaisante, dans une complicité qui n’a rien à avoir avec le déni de sa mort. C’est difficile à expliquer, à comprendre. D’ailleurs, mon frère aîné m’a dit trouver cela bizarre, il n’a pas osé dire “infantile” ou “pathologique”, mais ça y ressemblait. Du coup, je n’en parle à personne. »

Il n’est pas toujours facile d’évoquer sa relation avec un disparu dans une culture où « faire son deuil » signifie ravaler le plus rapidement possible son chagrin et « positiver » pour ne pas gêner les vivants et les bien portants. « Nous avons beaucoup perdu de nos capacités à concevoir les morts, leur existence, leur devenir », écrit le psychologue Tobie Nathan dans son dernier livre, La nouvelle interprétation des rêves (Odile Jacob 2011). Avant d’ajouter que « la seule influence que nous concédons aux morts, c’est cette émotion que ressentent les survivants. Mais nous la considérons comme le signe d’une dépendance imaginaire, d’un reste d’enfant au coeur de l’adulte ».

Le long chemin de l’acceptation

Pouvoir nouer une relation avec « son » mort implique que l’on ait accompli le travail du deuil. À un rythme propre à chacun. « Pendant des semaines, des mois, des années, l’endeuillé va se confronter à toutes les émotions, expose Nadine Beauthéac, psychothérapeute spécialisée dans l’accompagnement des survivants, auteur de Cent Réponses aux questions sur le deuil et le chagrin (Albin Michel, 2010). Ce temps de deuil douloureux, permanent ou intermittent, singulier dans tous les cas, va finir par ouvrir sur une réconciliation avec la vie. » La psychothérapeute précise qu’il ne s’agit pas d’accepter la perte – celle d’un être aimé étant par essence inacceptable –, mais d’accepter ce qui est arrivé, de « consentir, de parvenir à faire avec ». De ce mouvement intérieur va naître une relation nouvelle. Avec le mort… et avec la vie. « L’absence extérieure est remplacée par une présence intérieure, poursuit Nadine Beauthéac. Et ce n’est pas parce que le défunt continue à nous manquer que le deuil est inachevé ou que quelque chose ne va pas. »

Marie-Louise, 51 ans, a perdu son fils de 17 ans il y a treize ans, dans un accident de moto. « J’ai commencé par refuser les antidépresseurs, car je ne voulais pas étouffer ma souffrance, j’aurais eu l’impression de couper le lien avec lui. J’ai gardé sa chambre en l’état, mon mari m’a dit que c’était malsain, mais j’ai tenu bon. J’ai continué à fêter son anniversaire ; au début, c’était affreux, maintenant, c’est une célébration familiale joyeuse. Mon sentiment est que tout cela a contribué à maintenir Cédric en vie parmi nous. Les enfants de ma fille parlent de lui, de ses exploits sportifs. Il est là, au milieu de nous. » Vivre avec le disparu, garder des traces de sa vie, parler de lui ou avec lui… « Chacun fait au mieux avec sa douleur, l’important est d’écouter ses besoins et ne pas suivre les faux bons conseils, prévient Nadine Beauthéac. À savoir : ne pas conserver de souvenirs, ne plus parler du défunt, bref, tourner la page. Des idées faussement “psy”, qui sont génératrices de souffrance, et qui augmentent la culpabilité et le chagrin. »

Des relations parfois inachevées

L’autre vérité que les survivants apprennent, et parfois très douloureusement, est que la relation que l’on entretenait avec le défunt ne disparaît pas en même temps que lui. « Les conflits, l’ambivalence de nos sentiments ne s’estompent pas avec la mort, constate la psychologue et psychanalyste Marie-Frédérique Bacqué. Ils demeurent en l’état et sont source de mal-être. » Les ados en révolte qui perdent un parent, un époux en instance de divorce qui meurt, un adulte en froid avec sa fratrie dont un frère ou une soeur disparaît… Comment assumer, sans se noyer dans la culpabilité, le déferlement des émotions contradictoires ? Il arrive que ces sentiments ne soient pas conscients. « Ils parviennent alors sous forme de rêves très “questionnants”, perturbants, remarque la psychologue et psychanalyste. La relation négative ou conflictuelle avec le défunt peut aussi être ressentie sous forme de malaise diffus, de tristesse profonde. Ces défauts d’intériorisation font l’objet de la plupart des demandes de consultation. En thérapie ou en analyse, le sujet comprend qu’il peut travailler la relation avec le disparu, et cela change tout pour lui. » D’autant plus lorsqu’il n’y a eu aucun contact entre le mort et celui qui consulte. Louis, 38 ans, a mesuré, au bout de deux ans d’analyse, l’influence qu’exerçait sur lui son grand-oncle paternel, mort en Afrique du Nord un an après sa naissance : « Il était ingénieur, comme moi, assez instable affectivement, comme moi. Physiquement, je lui ressemble beaucoup. J’ai un peu enquêté dans la famille, et je pense que ma mère était peut-être sa fille, qu’il aurait eue avec sa belle-soeur. En tout cas, cet oncle a toujours été pour moi une sorte d’ange gardien, je lui fais des confidences, mais je ne me sens plus tenu de reproduire son destin d’aventurier un peu kamikaze. »

Une énergie vitale

Il en va des liens avec les morts comme avec les vivants : la relation est juste, bonne et apaisée quand nous intégrons et acceptons leurs défauts et leurs qualités, la volte-face des émotions. « On peut alors parler de bonne intériorisation du défunt, reprend Marie- Frédérique Bacqué. Elle est le fruit d’un travail de deuil complet, qui a passé en revue tous les éléments de la relation et qui aboutit à la conclusion que l’on a gardé de la personne disparue quelque chose qui nous a permis, ou nous permet, de nous construire. » Des qualités, des valeurs, des contre-exemples parfois, une énergie vitale qui continue à courir de génération en génération. « L’intégrité et la combativité de mon père sont toujours là, en moi, comme un moteur de vie, témoigne Aude, 45 ans. Sa mort, il y a six ans, m’a coupé les jambes et le souffle. Puis la vie est revenue quand j’ai recommencé à sentir que son essence, ses valeurs étaient là, bien présentes. » Les changements de vie sont aussi des étapes difficiles pour les endeuillés, mais sont adoucis lorsque la relation à leur mort est apaisée et revivifiée. Un déménagement, une promotion, un mariage, un divorce, une naissance… et l’absence se fait plus douloureuse. Parler du mort, l’évoquer dans ces instants, l’intégrer à l’événement devient alors pour beaucoup une déclaration d’amour. À celui ou celle que l’on aimait, mais aussi à la vie.

Pour en savoir plus : le site d’Allan Botkin, induced-adc.com  (en anglais).

 

Publié dans:La MORT |on 17 juin, 2014 |Pas de commentaires »

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