L’obstacle de l’amour divin imaginé

images (1)L’amour véritable est pure spontanéité, pure liberté, désintéressement total. C’est l’intellect qui corrompt l’amour en le dégradant sous l’emprise de l’intérêt, du calcul, en l’attachant aux formes qui lui servent d’expression, en le rivant aux processus de la sensation, de l’habitude. 

Ainsi que l’exprime Krishnamurti (Ojai 1949, p. 26) :

« Nous aimons avec notre intellect, nos cœurs sont remplis des choses de l’esprit, mais les fabrications de l’esprit ne peuvent évidemment pas être de l’amour. On ne peut pas « penser » l’amour. On peut penser à la personne que l’on aime, mais cette pensée n’est pas l’amour, de sorte que graduellement la pensée prend la place de l’amour ». Le passage de l’amour humain personnel et possessif à l’amour divin ne se réalise ni par le refoulement des désirs ni par des méditations sur l’amour divin. De telles méditations n’aboutissent qu’à des états d’autohypnose formant les obstacles les plus sérieux à l’expérience ultime. Ces obstacles sont sérieux parce qu’ils sont constitués par la cristallisation de projections mentales. Par un paradoxe étonnant, dans la mesure de sa maturité psychologique l’homme tend à s’attacher plus aux idées qu’aux valeurs matérielles. Le culte de nos représentations du réel doit nous conduire à de secrets et pénibles arrachements spirituels exigeant une vigilante attention. En nous attachant plus aux idées qu’aux choses de la matière nous déplaçons simplement le problème.

Il est utile de rappeler que l’état d’amour véritable n’est ni un résultat, ni une somme de moments affectifs antérieurs. Nous ne pouvons le « confectionner » ou le construire à l’aide des éléments du moi. 

L’amour divin n’est pas une « somme » au sens où Bergson, par exemple, désignait le présent comme la somme de tous les moments passés. L’état d’amour véritable est dans le présent mais ce Présent Eternel n’est le résultat d’aucune accumulation. Il ne s’ajoute pas à lui-même à la façon dont le processus du moi s’agrandit d’instant en instant. L’état d’amour véritable est totalement étranger aux processus de croissance qui nous sont familiers. Ces processus impliquent la notion de temps dont notre esprit parvient difficilement à s’affranchir, par le fait que le mental est lui-même le créateur de l’illusion du temps en nous. 

L’amour divin existe par lui-même. Il n’est pas un résultat. Il est « autogène ». Il est étranger à nos efforts affectifs et mentaux. On ne s’efforce pas de créer l’amour divin. Il est spontané. On s’ouvre à l’amour divin. Ainsi que nous l’avons dit ailleurs, tout le problème consiste à réaliser une transparence intérieure, une simplicité, une disponibilité, une sensibilité supérieure, telles, que l’amour véritable — donné, préexistant — se révèle pleinement à nous dans la délicatesse infinie de sa nature primordiale, éternelle. 

EXTRAIT de : L’Amour Humain  A L’Amour Divin de Ram LINSSEN -  Editions ETRE LIBRE  1953 –  

Publié dans : AMOUR |le 21 avril, 2014 |Pas de Commentaires »

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