Nous avons perdu notre instinct de survie

 

 

images (17)Une personne est convaincue de la capacité des animaux à ressentir un danger : Marie-Claude Bomsel, vétérinaire, professeur au Muséum national d’histoire naturelle et chroniqueuse animalière sur France 2. En véritable porte-parole des animaux, la présidente de l’Institut Jane Goodall en France et auteur de Leur Sixième Sens*nous livre quelques explications.

Le Point.fr : Que faut-il retenir de ce « sixième sens » que posséderaient les animaux ?

Marie-Claude Bomsel : Tout d’abord, les animaux ne vivent absolument pas dans le même monde sensoriel que nous. Ce n’est pas un « sixième sens » en tant que tel, c’est un « autre » sens. L’homme, avec ses cinq sens primaires, a perdu en qualité : nous avons une exceptionnelle vue, une audition moyenne, un odorat médiocre, un excellent toucher et un goût disons correct. Si vous prenez un chien, son olfaction va être 10 000 à 15 000 fois plus grande que la nôtre, alors qu’il a les mêmes sens. L’oiseau possède en plus un sens électromagnétique, que nous n’avons pas. Ensuite, l’intérêt fondamental des animaux est différent du nôtre : le leur est de survivre, et donc d’être attentifs aux phénomènes naturels… Ce que, nous, nous avons complètement perdu, enfin du moins les citadins et des « ruraux urbanisés »… Car les pêcheurs présents lors du tsunami de 2004 avaient remarqué que les poissons partaient en sens inverse. Ils ont pris la poudre d’escampette, contrairement aux touristes qui sont restés. Certains cornacs, en observant leurs éléphants, ont également deviné la catastrophe et sont allés se réfugier en hauteur.

Peut-on envisager un système d’alerte grâce aux animaux ?

Ce serait artisanal… On peut faire comme les Japonais : mettre des poissons dans des bocaux et les surveiller, puisque les poissons ont une ligne latérale qui permet de pressentir les mouvements de l’eau. Nous ne pouvons pas guetter tous les animaux, il en a été question, mais cela a fait rire la communauté scientifique, qui préfère un bon sismographe. Quant au gouvernement, il nous refuse déjà un statut spécifique pour l’animal, que nous souhaiterions placer entre la « chose » et « l’homme »… Non, ce qu’il faut, c’est tenir compte des comportements étranges des animaux, sans se dire « il ne se passe rien ». L’animal alerte ses congénères et c’est à nous de repérer ce qu’il dit. Comme je le dis souvent : le monde du silence n’est pas du tout silencieux…

* Leur sixième sens : les animaux sont-ils plus « sensés » que nous ?aux éditions Michel Lafon, 2006

Publié dans : ANIMAUX |le 29 mars, 2014 |Pas de Commentaires »

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