Marie Madeleine et Simon Pierre

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Simon Pierre leur dit : que mariam sorte de chez nous car les femmes ne sont pas dignes de la vie a dit jésus voici que je l’attirerai afin qu’elle devienne mâle pour qu’elle aussi soit un esprit vivant semblable à vous mâles car toute femme qui se fera mâle entrera dans le royaume des cieux

Le dernier logion de cet évangile remarquable témoigne d’un anti-climax dégrisant ! Il nous rejette dans une réalité ô combien humaine, qui de toute évidence est peu réceptive à la parole de Jésus.

Les évangiles canoniques nous proposent eux aussi une image du caractère impulsif de Simon Pierre. La grossièreté de sa remarque ne laisse planer aucun doute quant à la place de la femme dans la culture religieuse juive. De cet état d’esprit Paul témoigna lui aussi sans aucune ambiguïté. Pour Paul, l’homme qui en paroles exaltantes chanta pourtant l’amour, Jésus fut en effet tellement plus important en tant que «Christ crucifié et ressuscité», que comme l’homme qui reconnut dans chaque être, homme ou femme, son égal. L’état d’esprit juif, dont témoignèrent Pierre et Paul, fustigea hélas bien davantage le christianisme que ne le fit celui de Jésus.

Face à leur sentiment de supériorité, l’attitude de Jésus a du être ressentie comme une atteinte à leur honorabilité masculine. Ici Simon Pierre n’accepte pas qu’une femme demeure parmi eux . Dans l’ancien – toujours présent hélas, et malgré la qualification de «catholique» – la religion était en effet considérée comme un territoire uniquement réservé à la gente masculine…

Afin de spécifier son union spirituelle, l’unité dans laquelle la vie peut nous révéler sa richesse totale, Jésus fait dans cet évangile appel à l’image de l’unité du masculin et du féminin. Le même symbolisme est à l’honneur dans l’image du mariage et dans celle de la chambre nuptiale. Il est donc compréhensible que ces images furent la cause d’une certaine commotion parmi les disciples. En plus, la relation particulière qui unissait Jésus et Mariam – Marie Madeleine, à qui Jean reconnut le privilège d’être la première à reconnaître le Jésus ressuscité – ne fut pas toujours acceptée de bon cœur par ses disciples.

Dans ce logion la métaphore utilisée par Jésus a subi une transformation remarquable ! L’image de l’unité du masculin et du féminin dégénère en effet en une mutation nécessaire de la féminité, qui se ferait mâle… Il est évident que les paroles, mises ici dans la bouche de Jésus, ne pourrait en aucun cas lui être attribuées ! La nécessité d’une telle mutation serait en outre un blâme au Créateur… Le fruit de l’unité du masculin et du féminin, symbolisé dans le mariage, est l’ovule fécondé, comme le germe est le fruit de l’unité de la graine et de la bonne terre…

Comment le symbolisme dans une image peut-il être reconnu si l’image elle-même n’est pas acceptée… ? La manipulation, qu’a subie l’image dans ce logion, ne pourrait se concevoir que dans la plume d’un transcripteur qui, imbu de son orgueil masculin, ne pouvait accepter – comme ne pouvait le faire Simon Pierre – l’égalité de l’homme et de la femme comme symbole de l’unité. Simon Pierre et ses conjoints peuvent pourtant en appeler à quelque mansuétude… En effet, le décryptage du symbolisme dans la métaphore de l’unité du masculin et du féminin, de l’époux et de l’épouse, comme dans celle du mariage et de la chambre nuptiale, la transposition d’une union biologique vers une union spirituelle, se sont avérés être un défi insurmontable pour vingt siècles de théologie chrétienne… Ni la signification radicale de l’unité, ni les nombreuses images référant à elle, n’ont pu effleurer la conscience de ceux qui se sont présentés comme les héritiers des disciples. De même que ceux-ci croyaient devoir redevenir petits pour avoir accès au royaume, ainsi leurs héritiers semblent toujours croire que la vie nous est transmise par une cigogne ou par un chou-fleur et non pas par l’unité de papa et maman… L’épouvante paulinienne face à la sexualité – domaine de la chair et du sang – a, en outre, laissé des traces plus que pénibles dans l’éducation chrétienne…

L’aspiration de Jésus à une élévation de la conscience humaine à une vision d’unité - et non pas de séparation - de l’inférieur et du supérieur, du naturel et du surnaturel, fut sans doute trop perturbante pour être acceptable. Ce dernier logion nous confirme combien il était difficile pour les hommes de se défaire de leurs prérogatives et, par une juste perception des images, d’être réceptifs à une vision nouvelle. Jadis cette démarche représentait pour eux – comme elle représente aujourd’hui toujours pour une grande majorité d’entre nous – un engagement trop révolutionnaire. Peu nombreux furent ceux ou celles en qui s’est opérée une metanoia , ce bouleversement mental libérateur et nécessaire proposé par Jésus.

Parmi eux : Marie Madeleine et Judas Thomas …

issu de   L’évangile de Thomas dévoilé – Sommairewww.unisson06.org

 

Publié dans : MARIE-MADELEINE |le 9 février, 2014 |1 Commentaire »

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1 Commentaire Commenter.

  1. le 22 novembre, 2015 à 20:28 delabroise écrit:

    Que Mariam sorte de chez nous car les femmes ne sont pas dignes de la Vie … Seule la femme qui se sera faite homme (ou mâle) entrera dans le Royaume Ce n’est pas une expression de misogynie ! Encore une fois, le mot femme désigne là tout à la fois ce monde ou notre chair duelle et Dieu sous une forme voilée. Ce que veut dire l’auteur, c’est que la chair duelle ou le Dieu voilé que nous sommes n’est pas digne en l’état de vivre. La recommandation suit : voici que je l’attirerai afin qu’elle devienne mâle pour qu’elle aussi soit un esprit vivant car toute femme qui se fera mâle (ou ne fera plus qu’une seule chair avec son homme) entrera dans le royaume des cieux. L’homme (ou le mâle) est la face cachée ou intérieure de la femme de même que la femme est la face visible ou extérieure de l’homme. Pour que l’extérieure devienne intérieure ou pour que les deux faces n’en fassent plus qu’Une, il faut que la femme se partage ou sépare les deux faces l’une de l’autre. C’est en se partageant ou en succombant à la force d’attraction de son homme que la femme se fait homme. En cas de partage ou de séparation, l’intérieur devient extérieur, l’extérieur devient intérieur, l’homme devient femme, la femme devient homme, le mâle se fait femelle, la femelle se fait mâle, le dessous devient dessus, le dessus devient dessous, ils ne font plus qu’Un. http://www.origine-de-dieu.com

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