Archive pour le 24 avril, 2013

Les âmes errantes

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A chaque catastrophe entraînant de nombreuses victimes, des histoires d’âmes errantes refont étrangement surface. Comme au Japon après le séisme et l’accident nucléaire de Fukushima où la région serait, d’après de nombreux témoins, hantée par les défunts. Rumeurs ? Affabulations ? Hallucinations ? Ou réalité ? Décryptage avec la journaliste et médium, Patricia Darré.

« Et les esprits des morts, que vont-ils devenir ? » Un an après la catastrophe de Fukushima, nombreuses sont les victimes dont le corps n’a été ni réclamé, ni retrouvé. Dans toute la région du Tohoku, les habitants s’inquiètent. Selon leurs croyances bouddhiques, les morts ne peuvent trouver le repos si des rites appropriés n’ont pas été respectés. Dans toute la zone sinistrée du nord-est japonais, les esprits errants des défunts, en quête de sépulture, hanteraient encore les lieux où ils périrent.
Au pays du soleil levant, beaucoup d’histoires de revenants alimentent actuellement les conversations. Certains disent avoir senti une « présence ». D’autres racontent avoir vu des entités, parfois même les avoir entendues parler. 
Chaque fois qu’une terrible catastrophe survient quelque part, des histoires d’âmes errantes refont étrangement surface. Comme après le tsunami de décembre 2004 en Thaïlande et au Sri Lanka. Alors : rumeurs ? Affabulations ? Hallucinations ? Ou réalité ? 
Dans un livre qui l’a rendue célèbre (Un Souffle vers l’éternité, Michel Lafon), Patricia Darré, journaliste à France Bleue Berry, affirme être capable de communiquer avec les esprits. Pour l’Inrees, elle décrypte ces phénomènes et tente de nous éclairer sur ces témoignages.

Selon vous, que faut-il entendre par « âme errante » ?
Ce sont des âmes perdues, angoissées. Des défunts restés bloqués dans le monde des vivants. A cela, il y a plusieurs raisons : cela peut être soit parce qu’ils n’ont pas encore réglé un problème dans notre monde ; soit parce qu’ils sont trop attachés à la matière, ne croient pas en l’au-delà, et par conséquent, ne savent ni où ils sont, ni comment sortir de cet entre-deux ; soit parce qu’ils ne comprennent pas qu’ils sont morts ni ce qui s’est passé. C’est le cas des personnes décédées avec beaucoup de violence et de brutalité : dans un attentat, une catastrophe naturelle, un accident… Comme les milliers de victimes de Fukushima, du tsunami de 2004 mais aussi celles du 11 septembre 2001. Quand je me suis un jour rendue à Ground Zero, il y avait tellement d’âmes errantes qui venaient me voir pour comprendre ce qui leur était arrivé que je ne savais plus où donner de la tête. A tel point que j’ai dû fuir ! 

Selon les croyances japonaises, ces esprits errent dans l’attente d’une sépulture. Pourquoi cela semble-t-il si important pour les défunts ?
Pour moi, la sépulture n’est pas la véritable raison de cette errance. Mais il est vrai que si le défunt vient d’une civilisation où la culture d’une sépulture est importante, comme c’est le cas au Japon, cela va le tourmenter, et l’obséder. Je me souviens être entrée en contact avec un guerrier celte dont le squelette fut découvert dans un aqueduc. Il me demandait une sépulture car pour lui, ce rituel était indispensable pour pouvoir sereinement rejoindre la lumière. 

Que faudrait-il faire pour libérer ces âmes errantes ?
Elles ont besoin d’être guidées par ceux qu’on appelle des médiums, des intermédiaires ou des passeurs d’âmes, qui vont les aider à comprendre ce qui leur est arrivé, et à passer de l’autre côté. Certains esprits peuvent attendre de l’aide et continuer d’errer durant des siècles… Ils sont comme des badauds perdus qui, en pleine nuit, demandent leur route. Chaque fois qu’on leur indique le chemin à suivre, leur soulagement est immédiat.

Magazine INREES

Publié dans:AME, ESPRITS, La MORT |on 24 avril, 2013 |Pas de commentaires »

Les secrets d’un départ

Les secrets d'un départ dans La MORT 6

Une autre image de la mort et de l’acte de mourir, c’est le départ. Symbolique présente sous tous les cieux, en Afrique comme en Asie, en Europe comme au Japon. Les morts s’en vont en compagnie de cette puissance ombreuse et coureuse de grands chemins, amicale pourtant, qui vient les chercher.

« Ceux qui n’ont pas senti qu’il y a dans la mort / le secret d’un départ chavirant de voyages /ne seront que des morts stériles pour la mort  » 

Le christianisme considère que ce pouvoir accordé à la mort ne doit pas être excessif. C’est bien elle qui passe. Mais c’est Dieu qui appelle : « accueille, Seigneur, l’âme de ton serviteur ou de ta servante que tu as voulu appeler de ce monde vers toi » . Dans l’antiquité, les inscriptions funéraires chrétiennes portaient souvent la formule « appelé par le Seigneur ». Autrement dit, pour les chrétiens la mort est « vocation », elle fait partie de leur vocation et en est la dernière forme terrestre. Mais alors elle est mystérieusement devenue parlante. Car c’est Dieu qui parle en elle, à son propos. Le mourant est nommé par son nom. Il ne suit pas la mort silencieuse, il va vers Celui d’où il tire son identité profonde.

Un malentendu est, certes, possible ici. En lisant certains avis de décès, où il est dit : « il a plu à Dieu de rappeler à lui son serviteur ou sa servante », on a l’impression que c’est Dieu lui-même qui décide ou veut la mort. Ce qui est bien étrange pour le Dieu de la vie et de l’amour. Mieux vaut dire, semble-t-il, que c’est la mort qui opère. Dieu ne fait jamais tout en nous. Mais quand la mort vient, c’est Dieu qui parle. Ce faisant, il ne rappelle pas, comme on met fin à une expérience qui est parvenue a son terme. Mais il appelle simplement. Comme toujours. Comme au premier matin. Dans la mort, Dieu continue d’être ce qu’il est dans la vie, celui qui provoque, convoque et parfois même semble « invoquer » ces êtres de réponse que nous sommes.

Ainsi donc, pour les chrétiens, le grand départ ne se fait pas en compagnie de la seule mort mais aussi et surtout en compagnie avec Dieu. Le poète peut évoquer l’étrange convoi de la mort qui vient, mais dans la brise discrète c’est Dieu qui fait signe. Le bruit n’est-il pas alors de trop ?

« Voici les chars qui montent dans la nuit./ Voici que vient nous envahir la mort. / J’entends grincer les essieux sous la pluie »

Comment ne pas évoquer, à l’inverse de ce tintamarre, l’étonnante manifestation de Dieu à Élie, dans la montagne de l’Horeb ? Dieu passe. Mais il n’est ni dans l’ouragan, ni dans le tremblement de terre, ni dans le feu. Il s’indique et se suggère par « le bruit d’une brise légère » (1 R 19,12). Ainsi en est-il lors de la mort. Est-ce un passage de Dieu ? En tout cas, c’est un passage de l’homme en direction de qui l’appelle. Est-ce une visite de Dieu ? En tout cas, c’est le départ d’un appelé, de bon matin comme il se doit, dans une lumière encore incertaine et qui n’a pas livré toutes ses promesses, pour une visitation de Celui dont il entend la voix.

Voir le livre : La mort. Sa signification chrétienne. 

Publié dans:La MORT |on 24 avril, 2013 |Pas de commentaires »

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