Les Aléoutes, ancêtres Amérindiens

 

Les Aléoutes sont un peuple rattaché à l’ensemble culturel inuit. Leur patrie inclut les îles Aléoutiennes, les îles Pribilof, les îles Shumaginet la péninsule d’Alaska.

Il semblerait que les Aléoutes et les Inuits descendent d’une lointaine population commune. Ils seraient venus d’Asie à une époque postérieure aux ancêtres des Amérindiens, hypothèse confirmée par l’absence de parenté de leurs langues avec les langues amérindiennes.

Lors de fouilles sur l’île d’Anangula, située à l’extrémité orientale des Aléoutiennes, on a découvert des indices permettant de penser que les Aléoutes descendent d’un groupe venu de Sibérie vers -8000. De -2000 à -1000, la culture aléoute s’est développée graduellement pour aboutir à la culture historique.

Les Aléoutes furent en contact avec les Russes dès la fin du xviiie siècle (les îles Aléoutiennes et l’Alaska étaient alors des possessions russes). Des postes côtiers furent créés en 1784 à AttuAgattuUnalaska et sur l’île Kodiak ; ces colonies étaient gérées par la Compagnie russe d’Amérique. Après l’arrivée de missionnaires à la fin du xviiie siècle, beaucoup d’Aléoutes devinrent chrétiens en rejoignant l’Église orthodoxe russe. En particulier, une mission fut fondée sur l’île Kodiak en 1794, où fut construite une école bilingue russe et aléoute. Le premier saint orthodoxe d’Amérique, nommé saint Germain de l’Alaska et canonisé en 1970, a vécu de 1808 à sa mort en 1837 sur l’île aux Sapins (proche de Kodiak) aux côtés des Aléoutes. Un des premiers martyrs chrétiens d’Amérique du Nord fut saint Pierre l’Aléoute, qui a été tué à San Francisco (Californie) en 1815 parce qu’il ne voulait pas abandonner sa foi chrétienne orthodoxe. Il fut canonisé en 1970 par le Synode de l’Église orthodoxe russe hors frontières. Les missionnaires rapportèrent que les employés de la Compagnie russe d’Amérique réservaient un traitement brutal et méprisant aux indigènes.

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On a estimé le nombre d’Aléoutes avant l’arrivée des Russes à 25 000. Mais la barbarie des colons et les maladies qu’ils ont importées a divisé ce nombre par dix. Ce déclin s’est poursuivi, et il restait à peine 1 491 Aléoutes lors du recensement de 1910. Aujourd’hui on ne compte que 2 200 Aléoutes. Une poignée d’habitants s’accrochent aux terres ancestrales et s’efforcent de défendre la culture aléoute.

En 1942, les Japonais occupèrent les îles d’Attu et Kiska dans l’ouest des îles Aléoutiennes, et déportèrent par la suite les habitants d’Attu à Hokkaido en tant que prisonniers de guerre. Des centaines d’autres Aléoutes de l’ouest et des îles Pribilof ont été évacués par le gouvernement des États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale et placés dans des camps d’internement dans le sud-est de l’Alaska. Beaucoup y moururent. L’Aleut Restitution Act de 1988 peut être considéré comme une tentative du Congrès des États-Unis de dédommager les survivants.

Les Aléoutes était un peuple très noble et respectueux de ses valeurs. Les Aléoutes ont eu de nombreux chefs tout en ayant un régime matriarcal. La femme qui le représentait était choisie ou descendait d’un ancien chef.

Malgré les influences extérieures, les Aléoutes ont conservé un mode de vie traditionnel jusqu’au début du xxe siècle.

Les Aléoutes habitaient des barabaras, de vastes maisons semi-souterraines. Lillie McGarvey, un chef aléoute du xxe siècle, a écrit que ces habitations « gardaient les occupants à l’abri des pluies fréquentes, étaient tout le temps chaudes, et bien abritées des vents forts particuliers à cette zone ».

Les Aléoutes pêchaient et chassaient les mammifères marins, tels que les loutres, les otaries et les baleines. La chasse était précédée de rites ancestraux trouvant leur source dans la mythologie aléoute. Les chasseurs se déplaçaient en baïdarkas, les kayaks locaux, adaptés aux conditions de navigation très difficiles des îles Aléoutiennes. Ils utilisaient divers harpons garnis de flotteurs et parfois pourvus d’un propulseur. Leur technique de chasse à la baleine les rendit célèbres : ils harponnaient l’animal depuis leurs baïdarkas et anticipaient son lieu d’échouage.

La fabrication d’armes, la construction de bateaux et le tissage font partie des arts traditionnels aléoutes. Les artisans du xixe siècle étaient connus pour leurs chapeaux en bois décorés en forme de cône asymétrique dotée d’une grande visière protégeant les yeux. Ces coiffes comportaient des dessins raffinés et colorés et pouvaient être ornés de moustaches d’otaries, de plumes et d’ivoire. Les couturières créaient des parkas imperméables finement cousues à partir de boyaux de phoques (kamleikas); certaines femmes maîtrisent encore l’art du tissage de paniers à partir de seigle et d’herbe poussant sur le rivage.

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De nos jours, les Aléoutes vivent essentiellement de la pêche commerciale. Ils pratiquent également la chasse au phoque.

La langue aléoute fait partie du groupe des langues eskimo-aléoutes, avec l’inuit (ou inuktitut) et le yupik. Ces langues possèdent également quelques points communs avec des tribus du nord-est de la Sibérie, telles que les Tchoukchis, les Koriaks et les Kamtchadales.

Publié dans : AMERINDIENS, HUMANITE |le 18 juillet, 2012 |Pas de Commentaires »

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