Les moyens de transport fantômes

Il existe de nombreux récits relatant des phénomènes de hantise, réels ou légendaires, survenus à bord de bateaux, de trains, d’avions et même de sous-marins. Mais il arrive aussi parfois que ce soit les véhicules eux-mêmes qui se comportent comme des fantômes.

Les moyens de transport fantômes dans POLTERGEISTS et LEGENDES 220px-Ghost_Ship_20La découverte de certaines épaves réelles, dans des circonstances particulièrement lugubres, peut avoir marqué durablement les esprits et contribué à la légende de bateaux conduits par des équipages de fantômes et de squelettes. Une telle sinistre rencontre s’est déroulée en 1913. Le Marlborough, un trois-mâts à coque en fer, long de 70 m, avait été lancé à Glasgow en 1876 et était devenu la propriété de la Shaw, Saville & Albion Company. Il était armé par un équipage de 29 hommes commandé jusqu’en 1883 par le capitaine Anderson, puis par le capitaine Herd. Entre 1876 à 1890, le Marborough avait assuré avec succès quatorze traversées d’immigrés entre Londres et la Nouvelle-Zélande. Chargé d’une cargaison de viande congelée et de laine, il partit de Lyttelton en Nouvelle-Zélande le 11 janvier 1890, et a été vu pour la dernière fois le 13 janvier, avant de disparaitre sans laisser de traces. Il a été retrouvé 23 ans plus tard, en 1913, intégralement recouvert de moisissure verte, dans des circonstances particulièrement tragiques :

« Un navire anglais se rendant à Lyttleton a fait, à Punta Arenas (près du cap Horn) une découverte macabre. Il a aperçu un navire qui semblait désemparé. Aucune réponse n’étant fait à ses signaux il s’est approché ; des matelots ont pénétré à bord de ce navire. Ils y ont trouvé vingt squelettes humains. Le bateau portait le nom de Marlborough, du port de Glasgow. Or, en 1890, un voilier de ce nom qui se rendait au Chili fut aperçu, pour la dernière fois auprès du détroit de Magellan, puis on demeura sans aucune nouvelle de lui et il fut classé comme perdu. »

Les épaves dérivantes

220px-Ghost_Ship_133 dans POLTERGEISTS et LEGENDESÀ partir du xviiie siècle, de nombreux navires furent abandonnés en haute mer par leur équipage pour diverses raisons :

« Ou bien le navire coulait bas envahi par l’eau et, après abandon, il a continué à flotter entre deux eaux : ou bien, il a été incendié, son équipage s’est enfui épouvanté, et le feu s’est arrêté lorsque l’eau est arrivée au niveau du pont. Parfois, à n’en pas douter, et le cas est heureusement rare, le choléra, la peste ou toute autre maladie ont fait périr tout le monde à bord : voila donc le navire qui continue sa route, encore gréé, au hasard, dangereux à aborder à tous points de vue. »

Bien que redoutablement réels, se crée une habitude de les qualifier de « vaisseaux fantômes » en référence aux diverses légendes. À la fin du xixe siècle, le bureau hydrographique de Washington, aux États-Unis, a créé un service spécial chargé de recenser ces épaves errantes. Selon cet organisme, il y avait à cette époque une vingtaine d’épaves à flot en permanence sur les grandes routes maritimes de l’Atlantique nord, occasionnant environ 230 rencontres à hauts risques chaque année. La situation empira ensuite à tel point qu’en 1913 l’administration américaine construisit un navire spécifiquement destiné à les couler à l’aide d’explosifs :

« Scientific American nous dit que les États-Unis viennent de mettre en service, pour la protection de leur côte atlantique contre les épaves flottantes, le navire spécial destructeur d’épaves Seneca. Le Seneca a son champ d’opérations limité en latitude par les parallèles de l’île des Sables et des Bermudes. Muni de la télégraphie sans fil, il est immédiatement prévenu soit d’un naufrage en tel ou tel point, soit de la rencontre par un navire d’une de ces dangereuses épaves, navire abandonné par son équipage, mature coupée avec son gréement, ou navire flottant entre deux eaux, qui ont si souvent joué le terrible rôle de « vaisseau-fantôme. »

Baychimo (1931)

220px-BaychimoLe Baychimo, surnommé le bateau-fantôme de l’Arctique entre dans la catégorie des vaisseaux fantômes par la durée exceptionnelle de sa survie, bien que les circonstances de son abandon soient parfaitement connues. C’était un cargo à vapeur en acier, construit en Suède en 1914, long de 70 mètres et pesant 1 300 tonnes. Il appartenait à la Compagnie de la Baie d’Hudson et était affecté au transport des fourrures le long de l’île Victoria et de la côte nord-ouest du Canada, au-delà du cercle Arctique. Le 1er octobre 1931, il fut pris une première fois dans les glaces de la banquise puis, après quelques péripéties, définitivement abandonné le 24 novembre 1931. L’opinion générale était qu’il allait rapidement couler et disparaitre, mais il n’en fut rien. Quelques mois plus tard, il fut aperçu à 300 milles à l’est de sa dernière position connue. Il a ensuite été revu à de nombreuses reprises et, pour la dernière fois, par un groupe d’Inuits en 1969, soit 38 ans après son abandon. Il était alors prisonnier de la banquise de la mer de Beaufort. Il n’existe plus d’informations à son sujet depuis cette date et il est présumé avoir finalement coulé. En 2006, le gouvernement de l’Alaska a lancé un projet pour retrouver le Baychimo, qu’il soit à flot ou au fond des mers.

Les disparitions d’équipages

320px-Saturday_night_at_seaDans la plupart des cas de bateaux abandonnés, tout ou une partie de l’équipage a heureusement réussi à échapper au sinistre ayant provoqué cet abandon. Leurs récits permettent d’en connaître les motifs. Mais, pour quelques navires, les causes et les modalités de cet abandon restent une énigme, laissant la porte ouverte à de multiples hypothèses, y compris les plus excentriques.

Publié dans : POLTERGEISTS et LEGENDES |le 27 mars, 2012 |Pas de Commentaires »

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