Archive pour le 27 mars, 2012

Barques des Morts


Un vaisseau fantôme est un navire maudit qui, selon la légende, est condamné à errer sur les océans, conduit par un équipage de squelettes et de fantômes. Le plus célèbre des vaisseaux fantômes est le Hollandais volant, jadis appelé quelquefois Le voltigeur hollandais, également connu sous les noms anglaisThe Flying Dutchman ou allemand Der Fliegende Hollander, ce dernier étant le titre original du premier des dix opéras majeurs de Richard Wagner.

Barques des Morts dans La MORT 310px-Flying-DutchmanIl en existe d’autres, tels le Vaisseau fantôme de la baie des Chaleurs au Canada ou le Caleuche, vaisseau fantôme appartenant au folklore de l’archipel des îles Chiloé au Chili ou encore le Princess Augusta près de l’île américaine de Block Island, près de New York aux États-Unis.

On connait aussi de nombreuses traditions, notamment celtiques, concernant des barques peuplées de défunts.

La baie des Chaleurs est un bras du golfe du Saint-Laurent au Canada. Au xviiie siècle, lorsqu’un navire voulait entrer dans la baie, pour venir commercer avec un des nombreux villages indiens, il hissait un drapeau pour demander la venue d’un pilote pour le guider. Il s’agissait généralement de pirates, dont un des plus célèbres était le capitaine Craig. Cette assistance était indispensable autant pour entrer que pour ressortir de la baie.

Un jour où le capitaine Craig avait demandé l’assistance d’un pilote pour guider sa sortie, celui-ci, une fois à bord entendit des cris. Sous la menace d’être balancé à la mer par le pilote doté d’une carrure impressionnante, le pirate accepta de jeter l’ancre. Le pilote découvrit alors deux jeunes indiennes qui avaient été enlevées et qu’il s’empressa de libérer et ramener à terre. Une fois hors de danger, elles conjurèrent leur sauveteur de ne pas retourner sur le navire parce qu’elles pressentaient une catastrophe. Peu crédule, le pilote retourna à bord, mais une vague projeta effectivement le bateau sur les rochers. L’équipage fut tué sur le coup, Craig et son premier lieutenant se noyèrent, seul le pilote en réchappa. Le soir même, par un temps calme mais orageux, des témoins virent glisser sur la baie une boule de feu qui prit la forme du navire de Craig. Le même phénomène se fût reproduit à plusieurs reprises, mais toujours par un temps identique

Le Caleuche Caleuche est un vaisseau fantôme appartenant au folklore de l’archipel des îles Chiloé au Chili. Son apparence la plus fréquente est celle d’un grand bateau blanc illuminé d’où proviennent les échos d’une musique de fête et qui peut disparaître rapidement sous les eaux. Selon la légende, il s’agirait de la dernière demeure des personnes noyées en mer. Une de ses caractéristiques est de changer continuellement d’aspect, ce qui lui a valu son nom,Caleuche venant de Kaleuntun en Mapudungun, qui signifie se transformer, changer de peau. Il est parfois considéré comme un repaire pour les sorciers et les démons locaux. Sa rencontre en mer est interprétée comme un très mauvais présage.

Il n’existe aucun accord sur l’origine de cette légende. Il pourrait s’agir d’une adaptation locale des croyances européennes concernant les barques des morts, les vaisseaux fantômes et le célèbre Hollandais volant. Toutefois, il pourrait tout aussi s’agir d’élucubrations à partir de faits réels tels que la disparition du navire hollandais « Calanche », de l’occupation temporaire de l’île par le corsaire hollandais Baltazar de Cordes ou d’une pure invention destinée à masquer des opérations de contrebande.

220px-Mary_Celeste_as_Amazon_in_1861 dans POLTERGEISTS et LEGENDESLe Mary Celeste (1872)

Le Mary Celeste, souvent appelé à tort La Marie-Céleste, est incontestablement le plus célèbre des vaisseaux fantômes réels. C’était un brick de 198 tonneaux construit en 1860 en Nouvelle-Écosse au Canada. Il avait appareillé, chargé d’une cargaison de 1 701 fûts d’alcool dénaturé, avec à son bord le capitaine Benjamin Briggs, sa femme, sa fille Sophia âgée de 2 ans et sept hommes d’équipage. Il fut découvert abandonné, le 5 décembre 1872, entre le Portugal et les Açores par le Dei Gratia, commandé par le capitaine Morehouse. Les dernières indications notées sur le livre de bord du navire remontaient au 24 novembre et une ardoise indiquait qu’il avait atteint l’île de Santa Maria aux Açores le 25. Le navire était intact, voiles partiellement carguées, mais avec une certaine quantité d’eau dans la coque. La barre n’était pas amarrée, il manquait à bord le canot, un hunier, les instruments de navigation, des vivres et une certaine quantité d’eau. Tout laisse à penser que le bateau avait été abandonné dans la panique pour une raison inconnue. L’équipage, embarqué dans le canot, avait ensuite probablement disparu en mer.

En 1884, Arthur Conan Doyle fit de cette découverte un récit romancé, en y ajoutant de nombreux détails imaginaires. Ces derniers furent repris comme des éléments réels dans des relations ultérieures et contribuèrent à alimenter les hypothèses les plus diverses.

Le J. C. Cousins (1883)

La goélette J. C. Cousins était un luxueux yacht de 49 tonnes, long de 20 mètres, construit à San-Francisco en 1863. Après divers emplois, le navire avait été acheté pour être utilisé comme bateau-pilote à Astoria (Oregon), à l’embouchure de la Columbia. Le soir du 6 octobre 1883, la goélette avait appareillé vers l’est d’Astoria pour aller prendre son poste en mer, afin de pouvoir guider les navires devant éviter les bancs de sable à l’embouchure du fleuve. Son équipage de quatre marins fraîchement recrutés, sans fauteur de troubles connu, était sous le commandement du capitaine Joshua Zeiber. Une fois parvenu au milieu de la rivière, le capitaine avait noté dans le livre de bord, outre sa position et l’heure, que « tout allait bien à bord ».

220px-Bluffs-_Block_Island%2C_RILe lendemain matin, 7 octobre 1883, il faisait un temps clair et un vent léger. Très tôt le navire avait été observé virant à trois miles au large, en direction deClatstop Spit, près d’Ilwaco, dans l’État de Washington. Brusquement, vers 13 heures, suite à un changement de vent, le navire a brusquement pivoté sur lui-même et s’est dirigé, toutes voiles dehors, droit sur la côte, pour finalement s’échouer brutalement sur un banc de sable. Les témoins se sont immédiatement précipité à son secours et ont découvert, une fois montés à bord, une situation incompréhensible : le navire avait été manifestement abandonné avec précipitation. Il y restait un repas intact servi sur la table du carré et, dans la cuisine, des pommes de terres cuisaient dans un casserole, sur une cuisinière encore chaude. Dans le poste d’équipage, tous les effets des marins étaient proprement pendus. Il n’y avait pas la moindre trace de lutte ou de désordre. Dans la cabine du capitaine un révolver Colt était rangé avec ses six balles de calibre .45 dans le barillet. Le canot du bord était arrimé à son poste et, sur le pont près du grand mât, une caisse contenant une pile de bouées de sauvetage en liège était intacte. Aucun corps n’a été repêché et, à terre ou en mer, il n’y avait la moindre trace de l’équipage. Une commission d’enquête a exploré en vain toutes les hypothèses possibles mais le mystère n’a jamais été éclairci. Le navire a finalement été remorqué, puis vendu aux enchères…

Les moyens de transport fantômes

Il existe de nombreux récits relatant des phénomènes de hantise, réels ou légendaires, survenus à bord de bateaux, de trains, d’avions et même de sous-marins. Mais il arrive aussi parfois que ce soit les véhicules eux-mêmes qui se comportent comme des fantômes.

Les moyens de transport fantômes dans POLTERGEISTS et LEGENDES 220px-Ghost_Ship_20La découverte de certaines épaves réelles, dans des circonstances particulièrement lugubres, peut avoir marqué durablement les esprits et contribué à la légende de bateaux conduits par des équipages de fantômes et de squelettes. Une telle sinistre rencontre s’est déroulée en 1913. Le Marlborough, un trois-mâts à coque en fer, long de 70 m, avait été lancé à Glasgow en 1876 et était devenu la propriété de la Shaw, Saville & Albion Company. Il était armé par un équipage de 29 hommes commandé jusqu’en 1883 par le capitaine Anderson, puis par le capitaine Herd. Entre 1876 à 1890, le Marborough avait assuré avec succès quatorze traversées d’immigrés entre Londres et la Nouvelle-Zélande. Chargé d’une cargaison de viande congelée et de laine, il partit de Lyttelton en Nouvelle-Zélande le 11 janvier 1890, et a été vu pour la dernière fois le 13 janvier, avant de disparaitre sans laisser de traces. Il a été retrouvé 23 ans plus tard, en 1913, intégralement recouvert de moisissure verte, dans des circonstances particulièrement tragiques :

« Un navire anglais se rendant à Lyttleton a fait, à Punta Arenas (près du cap Horn) une découverte macabre. Il a aperçu un navire qui semblait désemparé. Aucune réponse n’étant fait à ses signaux il s’est approché ; des matelots ont pénétré à bord de ce navire. Ils y ont trouvé vingt squelettes humains. Le bateau portait le nom de Marlborough, du port de Glasgow. Or, en 1890, un voilier de ce nom qui se rendait au Chili fut aperçu, pour la dernière fois auprès du détroit de Magellan, puis on demeura sans aucune nouvelle de lui et il fut classé comme perdu. »

Les épaves dérivantes

220px-Ghost_Ship_133 dans POLTERGEISTS et LEGENDESÀ partir du xviiie siècle, de nombreux navires furent abandonnés en haute mer par leur équipage pour diverses raisons :

« Ou bien le navire coulait bas envahi par l’eau et, après abandon, il a continué à flotter entre deux eaux : ou bien, il a été incendié, son équipage s’est enfui épouvanté, et le feu s’est arrêté lorsque l’eau est arrivée au niveau du pont. Parfois, à n’en pas douter, et le cas est heureusement rare, le choléra, la peste ou toute autre maladie ont fait périr tout le monde à bord : voila donc le navire qui continue sa route, encore gréé, au hasard, dangereux à aborder à tous points de vue. »

Bien que redoutablement réels, se crée une habitude de les qualifier de « vaisseaux fantômes » en référence aux diverses légendes. À la fin du xixe siècle, le bureau hydrographique de Washington, aux États-Unis, a créé un service spécial chargé de recenser ces épaves errantes. Selon cet organisme, il y avait à cette époque une vingtaine d’épaves à flot en permanence sur les grandes routes maritimes de l’Atlantique nord, occasionnant environ 230 rencontres à hauts risques chaque année. La situation empira ensuite à tel point qu’en 1913 l’administration américaine construisit un navire spécifiquement destiné à les couler à l’aide d’explosifs :

« Scientific American nous dit que les États-Unis viennent de mettre en service, pour la protection de leur côte atlantique contre les épaves flottantes, le navire spécial destructeur d’épaves Seneca. Le Seneca a son champ d’opérations limité en latitude par les parallèles de l’île des Sables et des Bermudes. Muni de la télégraphie sans fil, il est immédiatement prévenu soit d’un naufrage en tel ou tel point, soit de la rencontre par un navire d’une de ces dangereuses épaves, navire abandonné par son équipage, mature coupée avec son gréement, ou navire flottant entre deux eaux, qui ont si souvent joué le terrible rôle de « vaisseau-fantôme. »

Baychimo (1931)

220px-BaychimoLe Baychimo, surnommé le bateau-fantôme de l’Arctique entre dans la catégorie des vaisseaux fantômes par la durée exceptionnelle de sa survie, bien que les circonstances de son abandon soient parfaitement connues. C’était un cargo à vapeur en acier, construit en Suède en 1914, long de 70 mètres et pesant 1 300 tonnes. Il appartenait à la Compagnie de la Baie d’Hudson et était affecté au transport des fourrures le long de l’île Victoria et de la côte nord-ouest du Canada, au-delà du cercle Arctique. Le 1er octobre 1931, il fut pris une première fois dans les glaces de la banquise puis, après quelques péripéties, définitivement abandonné le 24 novembre 1931. L’opinion générale était qu’il allait rapidement couler et disparaitre, mais il n’en fut rien. Quelques mois plus tard, il fut aperçu à 300 milles à l’est de sa dernière position connue. Il a ensuite été revu à de nombreuses reprises et, pour la dernière fois, par un groupe d’Inuits en 1969, soit 38 ans après son abandon. Il était alors prisonnier de la banquise de la mer de Beaufort. Il n’existe plus d’informations à son sujet depuis cette date et il est présumé avoir finalement coulé. En 2006, le gouvernement de l’Alaska a lancé un projet pour retrouver le Baychimo, qu’il soit à flot ou au fond des mers.

Les disparitions d’équipages

320px-Saturday_night_at_seaDans la plupart des cas de bateaux abandonnés, tout ou une partie de l’équipage a heureusement réussi à échapper au sinistre ayant provoqué cet abandon. Leurs récits permettent d’en connaître les motifs. Mais, pour quelques navires, les causes et les modalités de cet abandon restent une énigme, laissant la porte ouverte à de multiples hypothèses, y compris les plus excentriques.

Publié dans:POLTERGEISTS et LEGENDES |on 27 mars, 2012 |Pas de commentaires »

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