La Mort chez les Animistes
Dans l’animisme, la mort est perçue comme une continuité, au point que l’on puisse dire qu’il n’y a pas vraiment de mort dans le langage animiste et que le dialogue des « morts » et des vivants se poursuit sans interruption.
Un célèbre poème de Birago Diop intitulé Souffles résume cette perception :
« Ceux qui sont morts ne sont jamais partis/ Ils sont dans l’Ombre (…) / Les morts ne sont pas sous la Terre:/ Ils sont dans le Bois (…) / dans l’Eau (…) / dans la Foule (…) / Les Morts ne sont pas morts. »
Qu’est-ce que l’Animisme ?
Les croyances animistes sont profondément ancrées dans la mentalité des Sénégalais. D’abord, ce sont les croyances les plus anciennes, puis l’Islam sénégalais n’a pas rejeté toutes les traditions liées à l’Animisme, permettant ainsi à certains rites de survivre aujourd’hui encore.
L’Animisme explique à sa façon les mystères de la vie et de la mort. Les animistes attribuent à toutes les choses de la nature (plante, objet, animal) une âme. Quatre éléments fondamentaux composent la nature : l’eau, la terre, l’air et le feu. Ces éléments sont sous le contrôle d’un être suprême, mais il existe également des dieux intermédiaires, ayant des fonctions plus spécifiques et souvent associés à un des éléments. L’Animisme peut ainsi être vu comme une relation triangulaire entre la nature, les êtres humains et le sacré. Le sacré n’est accessible qu’à certaines personnes, des intermédiaires, qui se chargent de faire le lien avec les êtres humains. Les ancêtres du village, de la famille sont des intermédiaires privilégiés. Pour correspondre avec ces morts, les animistes font appel à leurs marabouts ou à des griots.
La théorie de Tylor
La religion se définit, selon Tylor, par la croyance en des êtres spirituels. Dans le deuxième tome de Primitive Culture , il s’efforce d’identifier l’origine de cette croyance et d’en reconstituer le développement. Le « primitif » arriverait à l’idée d’un principe différent de son corps, c’est-à-dire à l’idée de l’âme, à la suite de deux expériences psychophysiologiques : d’une part, les phénomènes du sommeil, de la maladie, de l’extase (la transe) et de la mort ; d’autre part, l’expérience personnelle des rêves et des visions. Quand ce principe abandonne provisoirement le corps, l’homme s’endort, l’âme vagabonde et a ses propres expériences, les rêves. Lorsque l’âme se sépare du corps, c’est la mort. L’extase et la maladie s’expliquent également par un abandon temporaire du corps par l’âme. Et, puisqu’on rêve de personnes décédées depuis longtemps, on conclut à la survivance de l’âme après la mort.
Tylor analyse la conception de l’âme ou de l’« esprit personnel » chez les primitifs, qu’il appelait « races inférieures » : « C’est une image humaine immatérielle, de par sa nature, une sorte de vapeur, de pellicule ou d’ombre ; cause de la vie et de la pensée dans l’individu qu’elle anime ; possédant indépendamment la conscience personnelle et la volonté de son propriétaire corporel, ancien ou actuel ; capable d’abandonner le corps et de se déplacer très rapidement d’un endroit à un autre ; le plus souvent insaisissable et invisible, et pourtant déployant une force physique, et surtout apparaissant aux hommes à l’état de veille ou de sommeil comme un fantôme séparé du corps, qui lui ressemble ; continuant à exister et apparaissant aux hommes …….
Vous pouvez laisser une réponse.
Laisser un commentaire
Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.