Magie et Sorcellerie

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Fille de l’Imaginaire et de la Magie, la Sorcellerie personnifie la nuit, les forces obscures, les pulsions mauvaises, les miasmes de notre inconscient. La Sorcellerie aime l’obscurité, la brume, elle est lunaire. Ni science, ni religion, elle est à la fois mythe, rite et pratique opératoire. La Sorcellerie est une force illusoire mais qui agit. Par la prière la religion donne l’espérance ; par l’invocation et le pacte la Sorcellerie espère forcer la chance. 

La sorcellerie est un phénomène universel. Sous des formes très diverses, on la retrouve partout, depuis les sociétés africaines les plus primitives aux nations les plus avancées. Pourtant le concept même de «sorcellerie» est très mal connu, peu étudié, et plein de contresens. 

La confusion commence avec l’usage des mots : les termes de mage, magicien, magiste, magie, et de sorcellerie, sorcier, sorcière sont souvent mal employés. 

Essayons d’y voir clair.  

La magie est une quête spirituelle, une initiation aux grands mystères de la création, une recherche de l’explication du monde. Elle étudie les forces inconnues, cosmiques, surnaturelles. La magie est pratiquée par des hommes savants qui prétendent disposer de certains pouvoirs. La magie n’implique rien de diabolique, bien au contraire, elle serait d’essence divine. 

Si le mage est un maître initié aux grands mystères, le sorcier par contre est «un petit apprenti ne maîtrisant que de petits mystères». L’un connaît les lois et les formules, l’autre est un simple vulgarisateur qui risque, par sa méconnaissance, de déchaîner des forces qu’il ne maîtrise pas. 

Enfin, si le véritable mage prend appui sur Dieu, le sorcier est lié au Diable. Au XVIe siècle, le célèbre démonologue Jean Bodin donnait la définition la plus claire et le plus simple : «Sorcier est celui qui, par moyens diaboliques, sciemment s’efforce de parvenir à quelque chose.» 

Guy Bechtel remarque que le mot «sciemment» est essentiel car il permet de distinguer les cas de sorcellerie des cas de possession. La sorcière fait librement allégeance au Diable. En échange de pouvoirs sur-naturels elle lègue son âme à Satan par un pacte. «Son acte de subordination relève de son libre arbitre ; il est fait «sciemment». 

Précisons enfin qu’un magicien n’est ni un mage ni un sorcier, c’est un illusionniste, un prestidigitateur, un artiste qui épate, éblouit par des trucs, des « tours de magie » , et que le terme de « magiste » beaucoup utilisé aujourd’hui, définit le praticien moderne de la magie cérémonielle ou opératoire qui prétend, selon le cas faire appel à des entités soit divines, soit diaboliques ou à l’esprit des défunts 

La Magie est le royaume de l’imaginaire, le royaume du verbe, des mots, par opposition à la réalité matérielle qui demeure le royaume des faits. Sa langue est universelle et me semble aussi éternelle que la crédulité des foules. Fille de l’Imaginaire et de la Magie, la Sorcellerie personnifie la nuit, les forces obscures, les pulsions mauvaises, les miasmes de notre inconscient. La Sorcellerie aime l’obscurité, la brume, elle est lunaire. Ni vraiment sciences, ni tout à fait religions, la Magie et la Sorcellerie apparaissent comme des dérives de l’ésotérisme. 

La Magie est à la fois mythe, rite, savoir et pratique opératoire. La Magie blanche ou théurgie, prétend agir pour le Bien en faisant appel à des forces surnaturelles. La Sorcellerie ou magie noire (goétie) fait appel aux puissances malfaisantes. Pour un être raisonnable, ces forces invoquées semblent totalement illusoires, pourtant elles agissent. 

Par la prière la religion donne l’espérance ; par l’invocation et le pacte avec les esprits, les entités démoniaques ou le Diable, la sorcellerie veut « forcer » le destin, imposer le succès. 

«On serait presque tenté d’écrire que la Magie est une forme secrète et brutale de la religion.» Ce qui pourtant la différencie, c’est qu’elle prétend contraindre les forces spirituelles auxquelles elle s’adresse, tandis que les religions espèrent seulement les convaincre. A la prière persuasive, la Magie substitue la contrainte mécanique. A ce titre elle constitue un rite d’exorcisme; rite qui forme partie intégrante des pratiques religieuses. Le Mage est un initié, il « reçoit » son pouvoir. 

© Marc Schweizer 1990 

Publié dans : MEDIUM |le 13 mai, 2011 |Pas de Commentaires »

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