Le Lys du désert

ORIENT ET AFRIQUE

 Les bédouins de la péninsule arabique et les guerriers touareg du Sahara connaissent depuis la plus haute antiquité les vertus de l’aloès qu’ils appellent «lys du désert». 

Pour protéger leurs demeures, les habitants de Mésopotamie ornaient leurs portes de feuilles d’aloès. En cas d’épidémie ou de disette, les Parthes et les Scythes avaient coutume de se nourrir de feuilles d’aloès débarrassées de leurs épines. Les commerçants du Moyen-Orient exportaient les extraits de cette plante jusqu’en Chine, en passant par l’Inde, la Malaisie, le Tibet. 

Ainsi, l’aloès est-il mentionné parmi les denrées précieuses dans le Jin Ping Mei, célèbre roman chinois, le Livre des Merveilles de Marco Polo ou les écrits de Maïmonide. 

Le Lys du désert  dans PLANTES bv000029

L’initiation aux vertus médicinales et aux pouvoirs du chanvre et de l’aloès faisait partie de l’enseignement des Ismaéliens, dont l’un des plus illustres représentant fut le médecin et philosophe Avicenne. 

La légende prétend qu’Hasan ibn al-Sabbâh, le «Vieux de la Montagne», chef de la confrérie des «Assassins», s’en inspira. Cette doctrine comprenait l’apprentissage par degrés des arcanes des «sept sebayah» ou «connaissance du droit chemin» par laquelle les Ismaéliens conféraient à leurs adeptes des pouvoirs magiques. L’aloès, qui figure avec le chanvre parmi les plantes cultivées autour de la forteresse d’Alamût (nord de la Perse), était considéré par les Ismaéliens à la fois comme vulnéraire, antidote et élixir de longue vie. On dit que l’un des secrets de la longévité des Templiers résidait dans le fameux élixir de Jérusalem, composé de haschisch, d’aloès et de vin de palme. 

Huit siècles plus tard, Dominique Larrey, chirurgien en chef des armées de Napoléon, initié par un marabout qu’il voyait guérir miraculeusement les plus terribles blessures infligées à ses mamelouks, apprit à soigner lui aussi les grognards de la Grande Armée avec la pulpe des feuilles d’aloès ouvertes à coups de sabre. De là l’expression militaire: sabrer l’aloès. (Archives du Val-de-Grâce).

 La médecine ayurvédique de l’Inde tint également l’aloès en haute estime, en tant que plante majeure de sa pharmacopée. Considéré comme plante sacrée, il participait aux rituels des sacrifices, et, certaines de ses espèces étaient rigoureusement protégées. Sur les bûchers funéraires, on place aujourd’hui encore des feuilles d’aloès, symbole de renaissance et d’éternité.
  

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(© Marc Schweizer & APB) 

Publié dans : PLANTES |le 19 avril, 2011 |Pas de Commentaires »

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