Réincarnation

Certaines personnes repoussent l’idée de la réincarnation par ce seul moteur qu’elle ne leur convient pas, disant qu’elles ont bien assez d’une existence et qu’elles n’en voudraient pas recommencer une pareille ; nous en connaissons que la seule pensée de reparaître sur la terre fait bondir de fureur. Nous n’avons qu’une chose à leur demander, c’est si elles pensent que Dieu ait pris leur avis et consulté leur goût pour régler l’univers. 

Or, de deux choses l’une, ou la réincarnation existe, ou elle n’existe pas ; si elle existe, elle a beau les contrarier, il leur faudra la subir. Dieu ne leur en demandera pas la permission. Il nous semble entendre un malade dire : « J’ai assez souffert aujourd’hui, je ne veux plus souffrir demain« . Quelle que soit sa mauvaise humeur, il ne lui faudra pas moins souffrir le lendemain et les jours suivants, jusqu’à ce qu’il soit guéri ; donc, s’ils doivent revivre corporellement, ils revivront, ils se réincarneront ; ils auront beau se mutiner, comme un enfant qui ne veut pas aller à l’école, ou un condamné en prison, il faudra qu’ils en passent par là. De pareilles objectifs sont trop puériles pour mériter un pus sérieux examen. Nous leur dirons cependant, pour les rassurer, que la doctrine spirite sur la réincarnation n’est pas aussi terrible qu’ils le croient, et s’ils l’avaient étudiée à fond ils n’en seraient pas si effrayés ; ils sauraient que la condition de cette nouvelle existence dépend d’eux ; elle sera heureuse ou malheureuse selon ce qu’ils auront fait ici-bas, et ils peuvent dès cette vie s’élever si haut, qu’ils n’auront plus à craindre de retomber dans le bourbier. 

Admettons donc une succession d’existences antérieures progressives, et tout est expliqué. Les hommes apportent en naissant l’intuition de ce qu’ils ont acquis ; ils sont plus ou moins avancés, selon le nombre d’existences qu’ils ont parcourues, selon qu’ils sont plus ou moins éloignés du point de départ ; absolument comme dans une réunion d’individus de tous âges, chacun aura un développement proportionné au nombre d’années qu’il aura vécu ; les existences successives seront, pour la vie de l’âme, ce que les années sont pour la vie du corps. Rassemblez un jour mille individus, depuis un an jusqu’à quatre-vingt ; supposez qu’un voile soit jeté sur tous les jours qui ont précédés, et que, dans votre ignorance vous les croyiez ainsi tous nés le même jour ; vous vous demanderez naturellement comment il se fait que les uns soient grands et les autres petits, les uns vieux et les autres jeunes, les uns instruits et les autres encore ignorants : mais si le nuage qui vous cache le passé vient à se lever, si vous apprenez qu’ils ont tous vécu plus ou moins longtemps, tout vous sera expliqué. 

Dieu, dans sa justice, n’a pas créé des âmes plus ou moins parfaites ; mais, « avec la pluralité des existences, l’inégalité que nous voyons n’a lus rien de contraire à l’équité la plus rigoureuse : c’est que nous ne voyons que le présente et non le passé. 

Nous avons raisonné, abstraction faite de tout enseignement spirite qui, pour certaines personnes, n’est pas une autorité. Si nous, et tant d’autres, avons adopté l’opinion de la pluralité des existences, ce n’est pas seulement parce qu’elle nous vient des Esprits, c’est parce qu’elle nous a paru la plus logique, et qu’elle seule résout des questions jusqu’alors insolubles. 

Elle nous serait venue d’un simple mortel que nous l’aurions adoptée de même, et que nous n’aurions pas hésité davantage à renoncer à nos propres idées ; du moment qu’une erreur est démontrée, l’amour-propre a plus à perdre qu’à gagner à s’entêter dans une idée fausse. De même, nous l’eussions repoussée, quoique venant des Esprits, si elle nous eût semblé contraire à la raison, comme nous en avons repoussé bien d’autres ; car nous savons par expérience qu’il ne faut pas accepter en aveugle tout ce qui vient de leur part, pas plus que ce qui vient de la part des hommes. Son premier titre à nos yeux est donc avant tout d’être logique : elle en a un autre, c’est d’être confirmée par les faits : faits positifs et pour ainsi dire matériels, qu’une étude attentive et raisonnée peut révéler à quiconque se donne la peine d’observer avec patience et persévérance, et en présence desquels le doute n’est plus permis. 

Quand ces faits seront popularisés comme ceux de la formation et du mouvement de la terre, il faudra bien se rendre à l’évidence, et les opposants en auront été pour leurs frais de contradiction. 

Reconnaissons donc, en résumé, que la doctrine de la pluralité des existences explique seule ce qui, sans elle, est inexplicable ; qu’elle est éminemment consolante et conforme à la justice la plus rigoureuse, et qu’elle est pour l’homme l’ancre de salut que Dieu lui a donnée dans sa miséricorde. 

Les paroles mêmes de Jésus ne peuvent laisser de doute sous ce rapport. Voici ce qu’on dit dans l’Evangile selon saint Jean, chapitre III

Jésus répondant à Nicodème, dit : « En vérité, en vérité, je te le dis, que si un homme ne nait de nouveau, il ne peut avoir le royaume de Dieu« . 

Nicodème lui dit : « Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ? Peut-il rentrer dans le ventre de sa mère, et naître une seconde fois ? » 

Jésus répondit : « En vérité, en vérité, je te dis que si un homme ne naît d’eau et d’esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair, et ce qui est né de l’esprit est esprit. Ne t’étonne point de ce que je t’ai dit : Il faut que vous naissiez de nouveau« . 

 

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Publié dans : VIES ANTERIEURES |le 22 août, 2010 |Pas de Commentaires »

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